03 janvier 2010
DÉPARTS
Cela a appelé ceci...
Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. - Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l’affection et le bruit neufs !
Arthur Rimbaud, Illuminations
12:52 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 janvier 2010
NINETTE ET PÉPETTE
Je me demandais encore ce que j'allais bien pouvoir rajouter à une telle carte. Ninette appelait inévitablement Pépette. Une blague de mon grand-père revenue soudain de loin: "Tu connais l'histoire des amours de Pépette dans les champs?". Je pensais même ne rien dire, juste la carte, elle toute seule. Et puis ce mail de l'Ours... je ne résiste au plaisir de vous le glisser tout en vous souhaitant une année sans sérieux aucun.
"Lorsque j’avais proposé “les contes du poulailler “ au “centre du monde” on m’avait laissé entendre en me les rendant que ce n’était pas très sérieux! Depuis, les contes du poulailler continuent de caler le pied de l’établi à miquets. Il y a trois contes avec de somptueuses illustrations réalisées entièrement à la main, à l’encre de Chine fabriquée par des enfants dans un pénitencier et aux crayons de couleurs!"

11:02 Publié dans Album, pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice pommier
21 décembre 2009
DÉBÂCLE

Matin du premier jour -
dans le poêle
quelques braises de l'an passé
Hino Sôjô
es-tu la même
cette année?
Matsuo Bashô
11:17 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : solstice d'hiver
19 décembre 2009
EMBÂCLE

Sur le coteau-
de la feuille ou de la neige
qui l'emportera?
Là-haut spectateurs nocturnes
mes pas n'osent plus bouger.

19:16 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 novembre 2009
MUR MUR (2)

Montage de Ma2thieu à partir de photos trouvées ici, ici et là.
En ce 9 novembre, je suis à son pied, il faut se le faire, tâcher néanmoins de ne pas foncer dedans, éviter trois de ses confrères, lorsqu'ils sont quatre, l'horizon disparaît.
9 novembre 1989: Berlin, burins contre le mur déjà transpercé de graffitis et l'archet de Slava, Check Point Charlie.
Reste un espace traumatisé. Ailleurs d'autres murs, parfois inachevés et toujours ces mêmes pans de béton et déjà ces images en faux-semblant.
9 novembre 2009: je relis Quand les murs tombent d'Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, comme une entamure.
"La tentation du mur n'est pas nouvelle. Chaque fois qu'une culture ou qu'une civilisation n'a pas réussi à penser l'autre, à se penser avec l'autre, à penser l'autre en soi, ces raides préservations de pierres, de barbelés, de grillages électrifiés ou d'idéologies closes se sont élevées, effondrées et nous reviennent avec de nouvelles stridences. Ces refus apeurés de l'autre, ces tentatives de neutraliser son existence, même de la nier, peuvent prendre la forme d'un corset de textes législatifs, l'allure d'un indéfinissable ministère. (...) Ainsi le mur peut-il être subreptice ou officialisé, discret ou spectaculaire.
La notion même d'identité a longtemps servi de muraille: faire le compte de ce qui est à soi, le distinguer de ce qui tient de l'autre qu'on érige alors en menace illisible, empreinte de barbarie.(...)
Le monde a quand même fait Tout-Monde. Les langues et les cultures, les civilisations, les peuples se sont quand même recontrés, fracassés, mutuellement embellis et fécondés, souvent sans le savoir ou le manifester."
Post-scriptum
A écouter sur France Culture
Vivre sa ville: Des murs à abattre
Les pieds sur terre: La vie quotidienne à Berlin
A écouter sur France Inter
La nuit comme si: Le mur de Berlin
Interception: Allemagne, 20 ans après la chute du mur: le prix à payer
00:00 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin
07 novembre 2009
MUR MUR

Photo de moucheron
On dit que quand un mur s'élève, les murmures grondent, mûrement. Et quand un mur, d'une brêche s'effondre, la rumeur l'a-t-elle longuement ruminé?
08:19 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin
29 octobre 2009
BON OU PAS BON

11h24, terrasse d'un café, gare de Lyon.
La moitié d'une heure avant de monter dans un TGV. Dans mon sac, Hôtel Hilton. Ce matin, je l'ai pris sans conviction. Comment l'accorder avec le fracas du paysage propulsé contre la vitre tout à l'heure? A l'intérieur du café, un homme est là, depuis longtemps à en juger par le nombre de feuillets répandus sur sa table. Son regard semble chercher par intermittence l'inspiration autour de lui. Nos regards se croisent, je connais ce visage, cheveu ras, carrure carré (sic) d'un homme entre deux âges. Connection google-images sur mon portable, recherche photos François Bon. Au cheveu frisé et aux lunettes rondes près, on y est presque. Pourquoi n'est-il pas encore possible de prendre quelqu'un en photo, de la balancer sur le net en une recherche google-nom? Je règle ma consommation, résignée à ne pas percer le mystère. L'amie qui m'accompagne ne se décide pas si facilement à abandonner la partie. Elle veut nettoyer son coeur, elle part le lui demander.
Résultat: s'il griffonne autant de pages, c'est qu'il a des démêlés avec la justice. Rendez-vous est donné à cette même terrasse dès qu'il aura écrit son premier roman.
Joli scénario pour un François Bon qui aurait voulu passer incognito...
22:30 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : françois bon, hôtel hilton
28 octobre 2009
DE VITA
L'elixir de longue vie se dissimulerait-il dans la contemplation quotidienne de natures mortes?
Fleurs sur une cheminée aux Clayes, Vuillard, 1932
15:53 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : vuillard, natures mortes
21 octobre 2009
BOUVARD ET PECUCHET

Après une journée passée sur les ponts -de pierre ou d'Europe et je passe sous silence les averses soudaines et à répétition- l'envie me prend de vous parler de la lecture à haute voix entendue hier soir. J'aime bien dire "haute voix" et non "voix haute". Au-delà de toute idée reçue, on pressent le livre tourneboulé, mastiqué et fait sien.
Bouvard et Pécuchet, donc, lu par Patrick Pineau et Hervé Briaux. Ces deux-là étaient comme larrons en foire sur scène. Flaubert, ils s'en étaient déjà approchés l'année dernière avec la correspondance mais là il y avait de la jubilation dans leurs mains qui se frottaient avant de repartir le long des pages.
Je n'avais pas ouvert ce livre depuis les années fac, j'en avais oublié combien il était drôle. L'avais-je seulement perçu? Bouvard et Pécuchet ou comment épuiser deux vies en des chantiers toujours recommencés. Et puis le roman qui s'achève, inachevé et nos rires frustrés de devoir en rester là. Le mot de la fin, Pineau l'a placé dans la dernière phrase d'un roman lu le matin même, écrit à la hâte sur une feuille devenue moite depuis, peut-être comme un viaduc à ce qui précédait:
"On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l'ensemble de tes joies, et l'ensemble de tes mérites, jusqu'à ta dernière chemise -il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué."
L'attentat, Yasmina Khadra
23:21 Publié dans pensées itinérantes, Roman | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bouvard et pécuchet, flaubert, pineau, briaux
18 octobre 2009
BA-BOUCHE

Comment est-ce possible, vous ne le savez pas encore? La boîte à images -haut lieu de môôôsieur KA- ouvre sa saison 2!!!!!!!!!! Et pour son premier épisode, on s'y adonne à un sensuel bouche à bouche qui nous ferait presqu'oublier qu'il existe d'autres contraintes dans une journée que celle de regarder des tableaux pour trouver les dix énigmatiques morceaux de puzzle.
Déposez juste vos babouches à l'entrée...

Je le connais ce visage simiesque, ça m'énerve...
19:12 Publié dans pensées itinérantes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : la boîte à images




