dimanche, 05 mai 2013
Les mauvaises gens

Hier après-midi, j'ai sorti le hamac, ai enfilé deux pulls et une grosse paire de chaussettes; sous un ciel gris, je m'y suis installée: l'espace était parfait pour lire un Davodeau en noir et blanc.
Ca se passe dans les Mauges, région traditionnaliste coinçée entre église et usine -certains historiens mal intentionnés prétendent que ce nom serait la contraction de "mauvaises gens".
Ca s'ouvre avec une scène de liesse au moment de la libération et se referme sur la joie de mai 81: entre les deux, Davodeau retrace le parcours d'un homme et une femme, syndicalistes et militants ouvriers, ses parents; il n'hésite pas à se mettre en scène, les mains et le crayon dans cette matière familiale qu'il fait remonter à la surface.
Je suis de la même génération que Davodeau. J'ai grandi, non loin de Paris, dans une ville royaliste coincée entre église et église. J'y ai poussé comme une mauvaise herbe qui cherche la tangente au milieu d'allées rectilignes. Je me souviens de la consternation paternelle quand Mitterand est devenu président.
Autant dire qu'en refermant Les mauvaises gens, je me suis sentie plus proche de cette enfance-là que de la mienne.
Parcours davaudien sur les îles indigo
12:01 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : davodeau, les mauvaises gens |
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samedi, 04 mai 2013
Transformons nos territoires en immense potager!

Ce jour-là, la cinémathèque de Paris et son expo Jacques Demy n'ouvraient qu'à midi. Du temps à improviser qui m'a conduit tout droit dans un espace improbable et renversant: le parc de Bercy et sa maison du jardinage. Y glaner une heure et laisser là-bas la file d'attente s'allonger.
Aujourd'hui, les Colibris appellent à multiplier ces espaces improbables dans les rues de nos villes.
09:15 Publié dans DOCUMENTAIRE | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : parc de bercy, les colibris |
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mardi, 30 avril 2013
Petite poucette

Ce dernier essai de Michel Serres, Francesco m'en avait conseillé la lecture alors que je lui avouais mon désarroi face à une éducation nationale qui ne perçoit pas l'enjeu de ce qui est en train de se jouer. Alors que tout est en accès libre sur la toile, il devient urgent de revoir notre position face au savoir. Nous rendre compte qu'il serait bien plus vital d'apprendre à apprendre à ces jeunes qui nous sont confiés. Les aider à exercer un regard critique. Michel Serres les appelle Petite Poucette, baptisés ainsi pour leur capacité à envoyer des SMS avec leur pouce. Il les évoque avec confiance, persuadé qu'ils réinventeront une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître.
Il faut lire de toute urgence ces quelques pages, ne serait-ce que pour suspendre nos jugements hâtifs sur petit poucet et petite poucette.
Boni:l'article de Libé "Petite poucette, génération mutante" et l'émission 3D journal consacré à l'université du XXIème siècle.
18:57 Publié dans ESPACES DES CRIS | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : petite poucette de michel serres |
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