29 mars 2008

BILLET HOMÉOPATHIQUE (2)

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 Le parapluie vert
Yun Dong-jae, Kim Jae-hong
Texte français de Michèle Moreau
Didier Jeunesse

Des volatiles de mauvais augures prétendent que l'accalmie ne saurait dépasser ce jour. C'est ce que nous allons voir... Ceux-là ignorent que je continue ma danse des bâtons de pluie, ceux-là ne connaissent pas la force de mon nouvel album homéopathique Le parapluie vert, amené par la mousson coréenne. La première fois que je l'ai regardé, j'ai su que je ne possédais pas les mots pour le dire sans l'écorcher, un accroc sera donc là dans la toile.

"Yeong est en route pour l'école. Il pleut très fort ce matin-là. Juste avant d'arriver, Yeong voit un vieux mendiant assis par terre, adossé contre un mur."

Le scénario est simple: Yeong profitera de la récréation pour confier son parapluie au vieil homme qui toujours garde sa face tournée vers le sol. Peut-être dort-il, peut-être tâche-t-il d'ignorer les moqueries des gamins et les insultes de la dame qui vend les crayons et les gommes -ah que ne peut-elle gommer le vieux fou de son mur rien qu'à elle-

La mise en scène est toute en retenue. Au milieu de la grisaille d'un jour de pluie, seules Yeong de jaune vêtue et la vieille boite en fer du mendiant savent encore faire couleur. Et lorsque la petite fille vient déposer le parapluie aux pieds du vieil homme, le point de vue change. Seul le sol qui regorge de flaques d'eau est donné à voir. Dans l'une d'entre elles, un reflet vert et jaune s'approche...

Tout était dit dès la première illustration: sur le rebord d'une fenêtre, un bouquet de fleurs jaunes dans une boîte de conserve cerclée de vert.

26 mars 2008

BILLET HOMÉOPATHIQUE

Que faire quand rien n'y fait? J'ai d'abord joué l'indifférente. Ne pas en parler, faire comme si je n'avais pas remarqué les volets battus, les carreaux larmoyants. Cela finira bien par cesser. Ne surtout rien dire. Puis j'ai changé de stratégie. Juste quelques mots à ce sujet. Oh trois fois rien. Un haïku, qu'est-ce donc?  Mais, non! Rien n'y fait. Il pleut, il pleut, il pleut. Les grenouIlles, de contentement d'être depuis si longtemps à la fête, ont depuis belle lurette explosé.  Les boeufs les regardent, la paupière abattue. Tout semble indiquer que si rien n'est fait, nous allons bientôt atteindre les quarante jours fatidiques. Que ce que nous vivions avant méritait bien le nom de période antédiluvienne. Alors j'ai décidé de prendre le problème à bras le corps, pas si simple, me direz-vous, dans le cas d'un fluide qui n'en fait qu'à sa tête. 

Je mets donc en place une stratégie homéopathique, le mal par le mal, je vais combattre. Depuis ce matin, à chaque nouvelle averse, entre le poirier en fleurs et le compost, juste au-dessus des jeunes pousses de fèves et de roquette, je tourne et retourne deux bâtons de pluie, un dans chaque main.

A partir d'aujourd'hui, je ne vous parlerai plus que d'albums pluvieux. Le réseau est vaste et les trombes d'eau sècheront avant moi!

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"Madame HÔ ne sortait jamais sans son parapluie.
Il lui servait de canne pour soutenir son dos fatigué, l’abritait du soleil, ou la protégeait de la pluie.
Parfois même, depuis la mort de son mari, il était son confident. Mais ça, Madame HÔ n’aimait pas beaucoup qu’on en parle. »

Album qui se décline sur le mode de la pudeur. Si peu est dit, si peu est montré. Tout indique qu'on est bien au Japon mais Madame HÔ se dissimule dans le hors-cadre, seuls apparaissent son bras, son chignon. Une bourrasque emporte le parapluie et le pousse haut dans le ciel. La page se fait légère, légère et devient calque. La pluie tombe soudain, de plus en plus lourde. Madame HÔ, de porte en porte, cherche le confident envolé. Elle le retrouve chez un vieil homme au doux sourire qui lui rappelle quelqu'un. Un thé chaud l'attend. Par un jeu de pages découpées -original origami en deux dimensions- leurs bols se retrouveront côte à côte et cessera la pluie.

 

 

 

24 janvier 2008

LA FILLE DES BATAILLES

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La fille des batailles, François Place, Casterman
 
 La fille des batailles : acheté à Montreuil, dédicacé, vite, trop vite puis déposé sur une étagère. Je le gardais pour un jour vide de tout le reste, un jour silencieux.

Le vent m’a soufflé des rumeurs à son sujet. On la dit muette, abandonnée « par une de ces épouvantables tempêtes que l’automne envoie pour annoncer l’hiver ». J’ai coupé court aux bruits, ne pas en savoir plus.

Repousser le moment de sa lecture de quelques heures encore, regarder Andréi Roublev de Tarkovski. Y rencontrer une fille muette, éphémère reine tatare, un vieux fou de dessin et son vœu de silence et un tout jeune fondeur de cloche peut-être  muette elle-aussi.

Puis tourner la première page, se laisser saisir, déserter le maintenant pour le siècle du roi Soleil et l’ici pour là-bas. Mais, en matière de repères spatiaux , texte et images malmènent le lecteur, lui demandent de lâcher prise: de Vaudaran dans le Midi –et ce nom-là, l’unique nom propre de l’album, sonne trop vrai pour l’être- jusqu’au Nord, l’errance repassera toujours par l’auberge Le soleil d’or, « en un grand déménagement immobile».

Le soleil d’or, c’est là que la fille muette rejetée par la mer a trouvé tendresse et identité. Garance, c’est ainsi que se nommera la Sarrasine à la peau sombre, un nom aussi rouge que son turban. Cette couleur sera un des fils de l’album : rouge l’écharpe du Seigneur qui a jeté un dévolu obsessionnel sur elle, rouge le tambour de son fiancé Bastien, rouge sa tenue de bagnard.

Mais ce qui frappe le plus à la lecture de La fille des batailles, c’est le silence. De page en page, de tableau en tableau, des fragments de vie entrecoupés d’ellipses - la rencontre de Bastien et Garance, le lien indéfectible qui les unira au-delà de la guerre et du bagne, la perpétuelle menace du Seigneur- se déroulent. De page en page, tous les personnages sont privés  de parole, pour la simple et bonne raison que le narrateur se garde bien de la leur confier. À  trois reprises, le texte disparaît pour laisser place à trois illustrations en double-page : se dessinent alors les batailles de Bastien, la guerre, l'arrestation mouvementée, l'embuscade de la délivrance, en un grand tohu-bohu silencieux. Au cœur de ces morceaux de silences, les seuls bruits du texte que j’ai entendus sont les battements des cœurs du jeune tambour et de Garance.

En somme, qui est-elle, la fille des batailles ? Séraphine, qui a été conçue au beau milieu des batailles, ou sa mère qui sa vie durant a mené des batailles pour rejoindre Bastien ? Qu’importe du moment que l’album se ferme enfin sur un naufrage en carton pâte et que Séraphine, grimpée sur les planches, puisse porter la parole des sans-voix.

05 décembre 2007

QUESTION EXISTENTIELLE

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Tant de choses à vous dire,

Trois jours durant 

Montre oeil à Montreuil

Ai vu de mes yeux vu

Un cortège de plumes et de pinceaux

Desplechin et sa Pome

Sera-t-elle Verte celle-là

Place et sa Fille des batailles 

Au milieux de géants et gens de la haute

Bottero, Thouard et Isayama

Même que c'est Moucheron qui me les a montrés

Sara métamorphosée par ses lectures d'Ovide

Cuvellier et Jean-Débile MOnchon et moi

Enfin, quand je dis moi ce n'est pas moi,

C'est juste que c'est dans le titre 

Parce que moi

Après trois jours à ne plus voir le jour

Et Après la lune

Seule persistait cette question

Pourquoi les chauves-souris préfèrent sortir la nuit

05 novembre 2007

DE L'INVENTION DE LA DIFFÉRENCE

 

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La tour de Babel, Francine Vidal, illustrations Elodie Nouhen
Didier jeunesse


Il est des textes qui ont sillonné toutes les routes, arpenté tous les chemins. Ils vous ont croisés un jour ou l’autre, inévitablement.
Celui qui a rencontré Francine Vidal et Elodie Nouhen s’était même figé en une expression : Tour de Babel !

Qu’allaient-elles bien pouvoir en faire ?

Briser la statue de sel, donner vie à ces hommes lancés dans une folle entreprise par le roi Nemrod, pièce montée entre une coiffe démesurée et un trône babélien à l’équilibre précaire .
Se jouer aussi du récit et du texte qui se décline en plusieurs langues alors même qu’il raconte qu’au tout début du monde, nous parlions tous la même langue.

Au fil des pages -la palette vert-bleu s’obscurcit irrémédiablement- les hommes sont réduits à quelques traits et placés dans les cases de la tour. Pourtant, on sent bien que tout cela n’est pas forcément tragique, que la chicane n'est qu'étape, on sourit lorsque ceux de là-haut n’ont plus une assez grande bouche pour se faire comprendre et qu’à la place du plâtre demandé, on leur envoie des pâtes.

Echec mais pas mat ! Tel est le verdict de l’Eternel, assis sur son nuage, le visage dissimulé dans le hors champ.

La verticale fourmilière humaine et polyglotte ne peut plus ainsi perdurer et l’on souffle presque lorsque le patatras de la tour enfin effondrée s’inscrit, libérateur, sur la page sombre. Il préfigure l’autre côté : dans l’horizon blanc et vide enfin dessiné, des trappes s’ouvrent qui n’ont pas attrapé les hommes fous aux alphabets désormais multiples, les hommes qui se mettent à inventer des comptines pour ne pas oublier mais aussi pour dire Amédée aux pieds ailés qui là-haut, dans le ciel, danse.

Et l’on se surprend même à penser, au moment de refermer l’album, qu’il aurait été dommage que l’humanité n’en passe pas par là…

19 octobre 2007

LIRE EN FÊTE

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A L'Oiseau Lire, les albums -les alba?- se sont passés le mot: ce sont des jours de fêtes qui se préparent. Du coup, certains se mettent à faire de l'oeil au voisin. Ils se trouvent soudain des airs d'appartenances-nul besoin de test ADN pour s'en assurer.

Le hasard les a mis sur le même présentoir: le dernier livre de Van Allsburg, Probouditi l'hypnotisante onomatopée...

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 ...et le dernier d'Alex Godard Le jour où la mer a disparu.

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 Celui-ci a perdu la tête parce que son illustrateur sera présent ce ouiquende sur les ailes de l'oiseau. Celui-là la lui a rendue!

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04 septembre 2007

FABRIQUE À COPEAUX ET MIQUETS

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 Cela faisait hier la une des journaux, d'aucuns y allaient de leurs commentaires socio-politico-vido-inutilo, il y eut même des dérapages "de rigueur" dans ce qui fut dit, à peine dérapé déjà rattrapé, mais voilà, malgré tout, c'était la rentrée, sans faux-pas possibles.

"La rentrée": c'est donc que nous étions sortis mais de quel lieu? Et si nous appelions hier "la sortie" et que nous parlions d'entrée en vacances? Cela ferait débandade, là où nous sommes attendus en petits tailleurs d'heures sup'. 

Toute à ces réflexions, peut-être bien vido-inutilo, j'ai pensé à deux compères, écrivains et illustrateurs qui eux ne rentraient pas car pas sortis. Chaque jour, ils remettent sur l'établi vaillamment leurs mots et images.

Alors en sortant de cette rentrée, je suis allée dans la tanière de l’un d’entre eux. Je l’ai trouvé dans sa fabrique à copeaux, nous avons parlé de Moby Dick, il m’a montré son dessin d'Ishmaël et Queequeg au chaud, sous la même couette, en train de fumer le même calumet, il m'a relu hilare le sacro-saint chapitre La chasuble.

En sortant de là, deux éditions différentes de Moby Dick sous le bras, j'ai eu envie de vous faire entrer dans le dernier album de l'ours de la tanière...

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Zig et zag...

Avant de déambuler Dans l’atelier de Pépère, il est une planche-départ en guise de petit préambule : un canif y est transmis de main de grand-père à  main de petit-fils. A force de passages, lame et manche ont été renouvelés. Et cette question : Est-ce toujours le même canif ?

 

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SSkric et sskrac…

Et lorsque une histoire passe de génération en génération, est-ce toujours la même histoire ? Seuls les lutins présents de toute éternité pourraient répondre.

 
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Crouic-crouic…

Toujours est-il que Pépère, au fond de son atelier, sous l’égide de Jean-le-vert, est un passeur d’histoires sans la grande hache, de celles inscrites dans l’aubier de ses outils de menuisier, venues de l’aube des temps, des siècles derniers ou d’outre-tombe.

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Pim-Pam…

Face à Pépère, le faiseur de sciure, les fesses dans les copeaux de bois fraîchement raboté, Sylvain, le petit-fils, est tout ouïe : John Twilbil, le chercheur d’or, Salomon le tueur de Dragomir, Robin la gueule cassée, Charles le fratricide et Etienne aux ailes trop tôt brisées.

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Alors, lorsque des histoires passent de génération en génération, sont-ce toujours les mêmes histoires ?
Peu m’importe ce qu’elles étaient avant et ce qu’elles deviendront, pourvu qu’elles passent. Mais je n’échangerai ma place contre aucune autre car quelle chance de les lire, l'ours, sous ta plume au verbe tantôt déchaîné tantôt pudique et tes pinceaux, mythiques faiseurs de somptueux dessins minutieux ou d’ombres chinoises!

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Ours gris a fait sa rentrée sur France Culture dimanche dernier. Vous pouvez télécharger l'émission Jusqu'à la lune et retour par là.

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05 juillet 2007

PAS PIED, PAS NIAIS

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 Les Doigts Niais

Olivier Douzou Natali Fortier

Editions du Rouergue




Dans ma subversothèque, j’ai rencontré un ver aux idées fixes.
Il veut passer la frontière, le ver lancé dans sa course, il veut oublier sur la page de gauche un pays désespérément marron-ocre, caillasseux.
Le ver sait ce qu'il veut, il est prêt à tout: aller à découvert, ramper, avancer sur la pointe des pieds pour passer sur la page de droite, pays où le miel ne coule peut-être pas en abondance, mais où du moins on  trouve oranger, oiseau rouge et graines de tournesol ici et là.
Il est obstiné le ver, il le tourne et le contourne dans tous les sens le sol, même pas peur des Doigts Niais qui gardent la frontière.
Ceux-là, s’ils sont Niais –essaye donc de faire la ronde d’un carré de terre et des demi-tours complets- sont surtout acharnés : ils le renvoient, le ver.
Tu crois qu'il va se décourager?  Il ne peut passer en dessous, il passera au-dessus, propulsé par une cuillère. Quel ver veinard! La quatrième de couverture s’en retrouve transpercée.
Le ver était peut-être sans papiers mais certainement pas pied.

29 juin 2007

PAS DE PAPIERS, AU PANIER!

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Au panier!

Henri Meunier et Nathalie Choux

Editions du Rouergue 

 

 

 

 

 Un parc, avec des enfants qui jouent et des bancs où casser la croûte ou tricoter. Surgit un panier à salade et du panier trois représentants de l'ordre -autant dire de la bonne couleur- et de la bouche de l'un des représentants, un cri expectoré, un hurlement vociféré "pas de papiers, au panier" à l'encontre de tout individu coloré: une femme noire, un chat vert, un oiseau rose et même le soleil jaune, émigré d'Orient. Au final? Un parc plongé dans le noir avec peut-être des enfants et des bancs mais on ne les voit plus.

Si en en-tête d'un tel album, on lisait "Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite", on sait bien qu'on rirait jaune. Alors on y trouve un extrait de la Déclaration universelle des droits de l'homme sur la libre ciculation entre les Etats.

Par contre, sur le blog de RESF on découvre de quoi broyer du noir:

"Le jeudi 7 juin matin, je suis allée rendre visite à Sephora et ses parents.
De Toulouse, ils avaient été transférés au centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry, un centre spécialisé pour les familles et les enfants en bas âge.
La maman ne va pas fort. J'ai apporté des jouets, des habits pour les parents, des gâteaux et du chocolat pour le moral.

Avant d'entrer dans la cellule de visite, j'ai laissé sur le comptoir un livre d'enfant qui s'appelle Au panier  de Henri Meunier et Nathalie Choux aux éditions du Rouergue en disant avec un grand sourire «ça vous fera de la lecture». (C'est une histoire d'hommes en uniforme qui mettent au panier tout ce qui est différent.)

En sortant de la visite, ils n'ont pas voulu me laisser partir, ils m'ont gardée. J'ai eu la visite du lieutenant Sèvre qui m'a dit qu'il me confisquait l'ouvrage pour subversion (comme au bon vieux temps !).
Toujours avec un grand sourire, je lui ai répondu que je lui donnais bien volontiers…
Ils m'ont gardé un petite heure, pour noter mon identité en long et en travers, ainsi que les références du bouquin (que je vous recommande, il ne va pas rester longtemps sur le marché).

Je suis interdite de visite au centre !

Martine Vuaillat "

 

Ceci dit, je retourne dans ma subversothèque pour y dénicher un nouvel album.

A suivre... 

 

27 juin 2007

SPLATSCHH OU SPLAOUTSCH?

 

Un jour, pas plus tard qu'hier, je cassais la croûte, dans un parc, sur un banc avec un ami.


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Georges Lebanc

Claude Ponti

Ecole des loisirs 

 

  

 

 

Entre deux bouchées de galettes de froment au garum, nous déclamions, tirés d'une anthologie d'inscriptions pariétales -du latin paries, le mur- des graffiti romains (un ex. par là).

D'autres exemples par ici:

 

Quiconque m'invite à dîner, qu'il se porte bien!

Les marchands d'ail demandent d'élire édile Cnaeus Heluius Sabinus. 

Salut à vous! Nous sommes de vraies outres!

 

Très rapidement poussés par le regard lapidaire des passants, nous avons remballés les miettes de la croûte cassée, le mulsum et le recueil. C'est alors que gravée sur le bois de notre siège est apparue cette inscription bancale -du français banc (!):

 

Lorsque je vois ce que les pigeons ont fait sur ce banc,

Je remercie l'Eternel de ne pas avoir donné des ailes aux vaches.

 

 Vous me direz, ça ne vole pas haut ce matin. Je vous répondrai, connaissez-vous l'histoire de la petite taupe?

 

72222a66b8ea9cc507789dc384af521d.jpgDe la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête

Werner Holzwarth et Volf Erlbrukh

milan jeunesse 

 

 

 

Un album randonnée dans lequel une taupe qui n'est pas spécialiste es crottes avance d'un pas décidé pour retrouver le propriétaire de celle qui a atterri sur sa tête. De splatschh en pouf pouf pouf, de ratatata en clang-di-clang, de ssplaoutsch en vlouf, elle rencontre un pigeon, un cheval, une chèvre, une vache et un cochon qui tous mettent beaucoup de bonne volonté à prouver leur innocence. Les dessins réalistes se chargent de convaincre les plus incrédules. Deux mouches à merdre lui donneront enfin le nom du coupable.

(Sa vengeance sera terrible!)

Ca, c'est la quasi-ultime-réplique  d'un narrateur qui, en contre-point du récit, commente le tout, incognito derrière une police de  caractère plus petite, encadrée de parenthèses. La vengeance de l'experte es galeries souterraines sera donc terrible et onomatopéisée par un mémorable pling!

Mais là n'est pas le plus important... Cet album est surtout l'occasion pour le lecteur de se rendre compte qu'entre un splatschh ou un ssplaoutsch sur un banc, le premier est de loin le plus souhaitable!

 

Que les douces effluves de ce billet atteignent la tanière d'un certain Ours Gris...

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