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vendredi, 15 mars 2019

Biffure 60

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Le Havre, août 2018

Sème
sous les pensées
du matin
une langue ardente

Biffures de la page 19 de La guerre des pauvres d'Eric Vuillard

14:04 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le havre |  Facebook |

jeudi, 14 mars 2019

biffure 59

DSCN8897.jpg

Les Coquets, février 2019

dans ma mémoire patibulaire
la beauté tranquille
de son regard clair

Biffures de la page 49 de Rendez-vous à Parme de Michèle Lesbre

12:34 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lune |  Facebook |

vendredi, 08 mars 2019

biffure 58

croix lanion.jpg

Noyant, février 2019

Déplier la tête vers l'extérieur
Regarder la silhouette d'une bise
au-delà de la terre
de sa propre histoire
attacher de l'importance
à un empilement de pierres
à une incroyable immensité
t'y attendre
debout dans le silence

Biffures de la page 298 de Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamase

dimanche, 03 mars 2019

biffure 57

pariou.jpg

Le Pariou, février 2019
© Pili Vazquez

La force de l'arbre
se répercutait
dans les battements de mon coeur
bouillonne d'une rive à l'autre
me disait-il

Biffures de la page 209 de Sauvages de Nathalie Bernard

mercredi, 20 février 2019

biffure 56

léonor de recondo

Le Pariou, février 2019

On entend aujourd'hui
le fond qui ondule
en caresser la veine vibrante
un parfum de peau
nous enveloppe
le sculpter dans
mon imagination

Biffures de la page 114 de Manifesto de Leonor De Recondo

vendredi, 04 janvier 2019

L'art de perdre

artdeperdre.jpg

Père et fille
Le Havre, décembre 2018

"Lorsqu'elle ouvre les yeux après une soirée trop arrosée (elle a dû les espacer davantage, elle ne pouvait supporter qu'il s'agisse d'une misère hebdomadaire, encore moins bihebdomadaire), la première phrase qui lui vient à l'esprit est :
je ne vais pas y arriver."

L'art de perdre d'Alice Zeniter


Je pensais que ce serait le dernier roman lu en 2018 et quel roman! Mais je ne suis pas arrivée à le finir avant de refermer l'année. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Des débuts d'après-midis avec le café qui s'allongent jusqu'à la tombée du jour, des nuits sans sommeil et des petits matins encore blafards sous la couette à lire à perdre haleine, coupée de tout le reste ou presque : parce qu'il y a eu ma machine à laver qui a rendu l'âme et qu'il a fallu partir en quête d'une nouvelle, parce qu'il y a eu des m3 d'eau qui se sont évaporés dans le jardin et qu'il a fallu comprendre comment colmater la fuite, parce qu'il y a eu le projet de ma fille de passer le 31 à la biquetterie et qu'il a fallu mettre un peu d'ordre avant de prendre la route pour la côte normande. J'ai glissé L'art de perdre dans mon sac, je me voyais lire face à la mer. Mais face à la mer, nous avons couru le matin, randonné l'après-midi sans perdre pied. Quant aux soirées, elles étaient éperdument compères.
Je pensais que ce serait le dernier roman lu en 2018 mais c'est finalement le premier roman fini en 2019 et quel roman !

"Elle n'est arrivée nulle part au moment où je décide d'arrêter ce texte, elle est en mouvement, elle va encore."

17:47 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : fabien mérelle |  Facebook |

dimanche, 23 septembre 2018

Biffure 50

roquebrun.jpg

Roquebrun, juillet 2018

trouver les gestes pour saisir
le jour indigo lisière
entre
la pluie délavée et le soleil blanchi
entre
les parcours troués du cosmos
et la carcasse malingre des passerelles

Biffures de la page 197 d'Un monde à portée de main de Maylis de Kérangal

samedi, 01 septembre 2018

Biffure 49

oscar wilde.jpg

Gr 21, Juin 2018


La voix de mes pensées
souffle sur ses yeux-sourire
passe au-dessus de ses cheveux si bien tournés
et se met à rire en un clin de seconde

Biffures de la page 1(2) et 234 de 4321 de Paul Auster

17:41 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paul auster |  Facebook |

mardi, 07 août 2018

Biffure 46

nuits de rêve.jpg

Blanhac, juillet 2018
© Antoine Farizon

Nous nous souvenons de jours clairs
épinglés au milieu des roses obliques
petits cailloux amassés
réserves
pour les années suivantes
pour passer la vie en marche
derrière un océan

Biffures de la page 44 de Les jours clairs de Zsuzsa Bank. Merci à la libraire des Petits papiers d'Auch pour ce conseil de lecture, récit porté par une écriture lumineuse.

mardi, 10 juillet 2018

Mise en abyme abyssale

petit éloge du running.jpg

Par une journée très chaude, trop chaude pour aller courir, se réfugier sous l'ombre du cerisier, dans le transat, pour se poser un peu, en attendant que le soleil soit à nouveau fréquentable, en profiter pour lire Petit éloge du running de Cécile Coulon. Mais par littérature interposée, se retrouver à enfiler ses baskets, grimper le long du sentier qui mène au panorama, transpirer suer cracher se moucher avec les doigts, réveiller d'anciennes douleurs et être à nouveau au pied du mur !
A la dernière page, je croyais être arrivée au bout de mes joies. C'était sans compter sur le portail qui soudain s'ouvre sur l'auteur en tenue de running -ou était-ce de jogging ou encore de footing?- en os et en chair rouge mais à peine essoufflée par la côte et qui lance : c'est ici le ravitaillement thé à la menthe ?
Aujourd'hui, le soleil est moins chaud mais j'ai bien envie d'essayer quand même : se réfugier dans le transat sous l'ombre du cerisier, en profiter pour relire Autoportrait de l'auteur en coureur de fond d'Haruki Murakami et attendre le grincement du portail de fer forgé.

 

dimanche, 18 février 2018

Prix du Meilleur Roman Points Poche (2)

une bouche sans personne.jpg

2ème chronique pour le Prix Points Poche

Souvent quand je commence la lecture d'un nouveau roman, je file un cocon-silence, au coin de la cheminée, dans un recoin de mon jardin, au pied de ton poirier, dans les replis de mon hamac ou dans les plis de ton canapé. C'est selon, en fonction des saisons. Absente au monde, à ma propre vie pour mieux y revenir. Parfois au contraire, je choisis la vitre d'un TGV, exposée à l'espace qui défile, je trace ma route de ligne en ligne.
Mais dès les premières pages d'Une bouche sans personne, j'ai su que ces espèces d'espaces n'allaient pas convenir. J'ai quitté mon village perché sur les coteaux - ce jour-là, les poubelles s'entassaient sur le trottoir, les rippers, le matin, n'avaient pas bravé la tempête de neige- ai passé le pont et suis entrée au bistrot. Me suis installée à une table, contre une vitre, sous un rayon de soleil, ai commandé un premier café. Je pouvais enfin passer l'après-midi à lire Une bouche sans personne, en une mise en abyme parfaite.
J'ai écouté son narrateur se raconter soir après soir dans le bistrot de Lisa, après ses journées de comptable, faire le conte de ses souvenirs, les siens et celui de son grand-père. Tout d'abord pour ses amis puis pour une assemblée trop imposante pour le bistrot trop étroit. Garçon, un 2ème café s'il vous plaît. Il n'y a pas grand monde cet après-midi là, un jeune qui boit une bière, le regard perdu dans son verre et deux femmes qui se chuchotent au-dessus de leur chocolat. Je l'ai écouté descendre le long de sa blessure, celle qu'il dissimule derrière une écharpe. Avec pudeur, repoussant toujours plus loin le moment où il faudra dire jusqu'à l'indicible. Garçon, un verre de rouge, s'il vous plaît. Quand j'ai tourné la dernière page, il faisait nuit depuis longtemps.
J'ai pris la route du retour, ai franchi le pont, ai remonté les coteaux, ai longé l'alignement des poubelles. Penser à commander à mon libraire Une rose et un balai de Michel Simonet. Chemin faisant, je ne savais pas encore que le lendemain, je commencerais, au coin du feu, la lecture de Six degrés de liberté de Nicolas Dickner, que je le trouverais drôle puis perdant de son humour, que je me laisserais la liberté de l'abandonner pour commencer Eroïca de Pierre Ducrozet, que je me dirais, tiens j'ai changé de roman mais le personnage principal s'appelle toujours Jay.

19:19 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

samedi, 20 janvier 2018

Branche éplore

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Acte 1 : En 1957, Italo Calvino écrit Il barone rampante, où le jeune Côme décide de monter dans l'yeuse de son jardin et de ne plus en descendre. Le monde vu d'en haut.
Acte 2 : Trois ans plus tard, ce texte est traduit en français : Le baron perché.
Acte 3 : Soixante ans plus tard, Claire Diterzi n'ayant pu obtenir les droits sur ce texte intitule son spectacle L'arbre en poche.
Acte 4 : Mardi soir, nous allons voir ce spectacle à l'Arsenal et découvrons que l'un est l'anagramme de l'autre, y compris l'accent devenu apostrophe.
Tu dis, oui, et alors ? Comment ça, oui et alors ? C'est génialissimement oulipien, cette histoire !!! Tu imagines, peut-être qu'Italo lui même ne savait pas que Le baron perché contenait L'arbre en poche.

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dimanche, 14 janvier 2018

L'invention des corps, Pierre Ducrozet

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Dimanche dernier, je me projetais tranquillement sur ma rentrée et envisageais de souhaiter à mes élèves de connaître la morsure d'un livre...
Je ne savais pas encore que le soir-même, c'est moi qui allais me retrouver mordue, soufflée comme une fenêtre par la tempête, estomaquée comme après un uppercut. Mes résolutions de refermer la journée tôt ont disparu dès le premier chapitre. J'ai lu loin dans la nuit. Le lendemain à la pause-clope, je n'avais que L'invention des corps à la bouche. Le mardi soir, pour la réunion Terres Parallèles, j'ai tout mis en oeuvre pour que mon enthousiasme soit contagieux. Toute la semaine, j'ai voulu l'accélération des jours pour reprendre de retour chez moi, oublieuse du tas de copies à corriger, la lecture de cet incroyable récit en rhizome qui se joue de la chronologie dans un monde en réseau, d'Iguala à la Silicone Valley, qui invente des univers sous la peau ou dans les câbles, qui place Bonnie and Clyde face à Frankenstein, qui fait renaître le désir dans le corps massacré puis augmenté d'Alvaro.
Jeudi matin, j'ai tourné la dernière page avec le premier café. Le ciel était gris et les contours de mon jardin estompés par une brume tenace. J'ai décidé de refaire les joints de ma salle de bain. En arrachant le silicone jauni, c'est encore à L'invention des corps que je pensais. Sur ma baignoire, j'ai posé mon ordi et ai écouté Pierre Ducrozet se demander : où en est-on dans nos corps en 2017 ?

vendredi, 12 janvier 2018

Prix du Meilleur Roman Points Poche (1)

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En octobre, deux excellentes nouvelles tombaient : j'étais sélectionnée pour faire partie du jury du Prix du Meilleur Roman Points Poche dont la Présidente cette année est Lydie Salvayre ! Voici mes premières chroniques...

Histoire du lion Personne, Stéphane Audeguy

J'ai commencé ce roman par la dernière phrase: "Alors nul ne se souvint plus de Personne". J'ai souri. Ce lion de papier allait-il rentrer dans ma galerie de personnages inoubliables ou bien donnerai-je raison au narrateur? 
Je vous le dis sans détour, le lion Personne flanqué de son fidèle compagnon Hercule passant de mains en mains, de pays en pays, de St Louis jusqu'à Paris, des ports négriers jusqu'à la révolution française ne passera pas aux oubliettes. Je lui ai donné une place de choix dans ma galerie, aux côté d'Ulysse, même si ce Personne-là ne retrouvera jamais sa terre natale.
Cette histoire n'est pas une fable -silence des bêtes ; peut-être bien un conte philosophique comme une invitation à reconsidérer notre propre humanité.

Eclipses japonaises, Eric Faye

Ces derniers matins, quand la Corée du Nord a fait la une des journaux radiophoniques, Eclipses japonaises est réapparu dans mes pensées. Partant d'un fait réel -la volatilisation de Japonais à la fin des années 70, enlevés par des Coréens désireux d'infiltrer le pays du soleil levant- Eric Faye entrelace les destins de l’Américain Selkirk, des Japonais Naoko Tanabe, Setsuko Okada, Shigeru Hayashi en un roman choral. Se tisse alors une toile entre désespoir et résilience.
Même si j'ai trouvé que le roman s'essoufflait sur la fin, je garderai dans ma galerie Naoko qui contrainte et forcée de donner des cours à des Japonais, a la "sensation de se vider de sa langue maternelle comme de son enfance". Parfois l'envie de se rebeller l'effleure : "larder ses cours d'erreur, inculquer une incongruité, comme une bombe à retardement qui, un jour, ferait voler en éclats la vie de ces types. Elle se l'interdisait pourtant, en vertu de l'espoir inextinguible d'être renvoyée chez elle. Rendue à l'enfance."

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

Ce roman m'a semblé tellement mièvre -style et récit- que pour me consoler je suis allée relire quelques belles pages de Georges Bernanos.

Quant à Derniers feux sur Sunset de Stewart O'Nan, je l'ai laissé tomber après avoir lu les premiers chapitres et ai oublié de le ramasser.

 

 

20:15 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lydie salvayre |  Facebook |

mercredi, 10 janvier 2018

Biffure 37

nuits de rêve.jpg

© Pili Vazquez

Marcher chaque nuit
dans le lit des géants
valait mieux
que de vieillir en disant
"ça fera l'affaire"

Mots rescapés des biffures de la page 15 de Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

samedi, 06 janvier 2018

Biffure 36

cairn.jpg

Iles Chausey
©
Pili Vazquez

Avec les puzzles
de la vie
t'as l'impression que
la ligne brumeuse de la photo de la boîte
oublie
le souvenir posé sur la table

Mots rescapés des biffures de la page 87 de Bariloche d'Andrès Neuman

18:32 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cairn |  Facebook |

mercredi, 27 décembre 2017

Biffure 35

brise lame.jpg

Brise lame de fond
St Malo

Ton journal
a paru se craqueler
sous sa carapace martelée
zakhor souviens-toi
un murmure que le temps tisse

d'une voie hésitante

Mots rescapés des biffures de la page 162 de Sobibor de Jean Molla

jeudi, 21 décembre 2017

Biffure 34

tenir la route.jpg

© Pili Vazquez
Tenir la route,
Aurillac août 2017

Entreprendre les kilomètres
sur le qui-vive ou sur une île
quand parlent les histoires
myriade du récit
prenons la nuit en marche

Mots rescapés des biffures de la page 11 d'Eclipses japonaises d'Eric Faye

 

mardi, 19 décembre 2017

Biffure 33

DSCN4958.jpg

A mi-chemin
étape de confort
parler à des êtres
bienveillants
et dormir
juste avant l'aube
qui attend
au coin de la route
pour croître

Mots rescapés des biffures de la page 113 d'Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy

mardi, 21 novembre 2017

Extravagance

souvenirs de marée haute.jpg

Iles Chausey, septembre 2017

 

"Quelque chose me dit que le vagabondage, la disponibilité ne vont pas de soi, qu'ils exigent pour se maintenir une vigilance et impliquent une discipline."


Souvenirs de la marée basse, Chantal Thomas

 

 

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lundi, 13 novembre 2017

La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

jean-michel fauquet.jpg

Jean-Michel Fauquet
Musée de la photographie
Nice, octobre 2017

Il est des livres pour lesquels on sait bien que ce ne sera pas possible. Choisir une page, la biffer, en garder quelques mots et être satisfaite -plus ou moins- du palimpseste obtenu. Il est des livres pour lesquels ce geste de rature semble indécent.
La disparition de Josef Mengele fait partie de ces livres-là. Le médecin tortionnaire d'Auschwitz est dans toutes les phrases, tous les silences entre les lignes. Il y a quelque chose d'effroyable de se retrouver ainsi dans son intimité, dans ses pensées au fil de sa fuite en Amérique du Sud. Et autour de lui, le cercle de ses complicités.
On préfèrerait presque rayer les nuits qui suivent cette lecture, entrecoupées de réveils en sursaut, de ces nuits où le sommeil vous surprend les lunettes encore sur le nez, la lumière allumée et vous ballottent encore et toujours dans le roman. 
Au petit matin, on décide alors de laisser en guise de trace les deux dernières phrases.
"Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
Puissent-ils rester loin de nous, les songes et les chimères de la nuit ."

 

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dimanche, 05 novembre 2017

Biffure 32

une odyssée.jpg

Nice, octobre 2017

Attendre l'inattendu
de ma chaise

je contemplais
le présent volubile
et obstiné à
dénouer les mots
et tisser
l'Odyssée
de nos pas

Mots rescapés des biffures de la page 68 d'Une Odyssée de Daniel Mendelsohn.

 

19:30 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : odyssée, nice |  Facebook |

jeudi, 19 octobre 2017

Biffure 31

tout homme est une nuit.jpg

Granville, Octobre 2017

corriger la trajectoire
d'angoisse
venir à bout
de je ne sais

quel fond noir
longtemps contenu
toutes les lampes
en vous
sur la gueule

acharnée
des mouches

qui volaient au-dessus
me disais-je
de la mécanique

des anciennes rancoeurs.

Mots rescapés des biffures des pages 230 et 231 de Tout homme est une nuit de Lydie Salvayre.
En écho à ce roman, cette pièce de théâtre vue la semaine dernière, où il est aussi question d'exil, de frontières, de l'Autre : Frères de La compagnie les Maladroits

jeudi, 12 octobre 2017

Biffure 30

 

chaumont-sur-loire.jpg

Chaumont-sur-Loire, juin 2017

première impression.
après-midi d'herbes hautes
coin oublié du vent
profusion inattendue
elle éclaire
l'obscurité sous ses pas
pose son dos dans
la prairie
les bras en étoiles
le visage vers
la caresse du sol

Mots rescapés des biffures de la page 191 de Point cardinal de Léonor de Recondo.

mardi, 03 octobre 2017

Biffure 29

cirque théâtre.jpg

La Spire
Elbeuf, septembre 2017

car elle disait
le bonheur de
venir tous les jours
à ses côtés
un baiser
des grouillades
à cor et à cri
comme un fil
de rêve

Mots rescapés des biffures de la page 257 d'Avant que les ombres s'effacent de Louis-Philippe Dalembert

jeudi, 21 septembre 2017

Biffure 28

DSCN6194.jpg

Aurillac, août 2017

C'était insolite
devant le crache-thune
désinvolte
la tête calée sur
le lendemain
le regard rivé
sur le temps passé
un page
lisait son chemin

Mots rescapés des biffures de la page 345 de Vernon Subutex (Tome 1) de Despentes

17:04 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : despentes |  Facebook |

samedi, 09 septembre 2017

Biffure 27

les tondues 1.jpg

Les Tondues, Cie Les Arts Oseurs
Aurillac, août 2017

au milieu de
cette allégresse
un noir enthousiasme
jubilation du monde
en apnée. Dessous
errant à la surface
des images d'archives
crachote
une montée d'horreur

Mots rescapés des biffures de la page 138 de L'ordre du jour d'Eric Vuillard qui font remonter à la surface les mots bouleversés et bouleversants de Les Tondues de la Cie Les Arts Oseurs.

les tondues 2.jpg

samedi, 02 septembre 2017

Biffure 26

l'aube sera grandiose.jpg

Juste avant la brèche de Rolland
Monts du Cantal, août 2017

blêmir
sur sa selle
en haut de la côte
35 degrés
il a grimacé
sans moufter
vélo à la main
côte à côte
ligne imaginaire
le temps passe
quelque part

Mots rescapés des biffures de la page 129 de L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux (sortie le 21 septembre)
Merci au tenancier du Quai des mômes qui sait mon impatience quand un nouveau Bondoux est annoncé...

08:29 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bondoux, aurillac |  Facebook |

jeudi, 17 août 2017

Biffure 25

tu me vertiges.jpg

Ségrie Fontaine, août 2017

le bonheur
de nos mains qui ne se quittent plus
raconter
il y a des mots
j'ai envie de les dire
dans des carnets
à tisser

Mots rescapés des biffures de la page 154 de Les inséparables de Marie Nimier

06:26 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie nimier |  Facebook |

mercredi, 16 août 2017

Biffure 24

moulin de ségrie.jpg

Danse ortique
Moulin de Ségrie, août 2017

dans la vallée
maintenant
les terres
faisaient tourner
des sculpture de prés
ça devenaient des gens

Mots rescapés des biffures de la page 15 de Joseph de Marie-Hélène Lafon