mardi, 15 avril 2014

Que du blanc!

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Mes Biobios se préparent à rencontrer Xavier-Laurent Petit pour son dernier roman Itawapa. Ils ont d'abord embarqué dans un aéroplane pour voir à quoi ressemblait le livre vu d'en haut. Quatre îlots distincts -Les mangeurs d'arbres, India, Itawapa, La part indienne- et trente-six ans entre les deux premiers, d'avril 1974 à mars 2010: un espace silencieux qu'au fil de la lecture je leur demande d'interpréter. Je les encourage à être des voyants plus voyants que le Vieux qui annonce l'avenir dans sa cahute, de lire entre les lignes. A. a levé la main et dans ses yeux, une terra incognita: "Mais, Madame, entre les lignes, il n'y a que du blanc!"
L'heure qui a suivi, nous nous sommes baladés dans ce "que du blanc". Nous sommes entrés en dialogue avec lui. Sous leurs yeux médusés, il s'est mis à murmurer ce que les mots ne disaient pas: le lien d'Ultimo à L'India et Talia.
Après la sonnerie, je me suis attardée dans ma salle vide pour ne pas rompre trop vite le charme du chemin parcouru. J'ai repensé à la phrase d'A., à la part du lecteur appelé à déchiffrer. Dans le silence de ma salle, j'ai savouré ce moment.