Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 13 novembre 2017

La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

jean-michel fauquet.jpg

Jean-Michel Fauquet
Musée de la photographie
Nice, octobre 2017

Il est des livres pour lesquels on sait bien que ce ne sera pas possible. Choisir une page, la biffer, en garder quelques mots et être satisfaite -plus ou moins- du palimpseste obtenu. Il est des livres pour lesquels ce geste de rature semble indécent.
La disparition de Josef Mengele fait partie de ces livres-là. Le médecin tortionnaire d'Auschwitz est dans toutes les phrases, tous les silences entre les lignes. Il y a quelque chose d'effroyable de se retrouver ainsi dans son intimité, dans ses pensées au fil de sa fuite en Amérique du Sud. Et autour de lui, le cercle de ses complicités.
On préfèrerait presque rayer les nuits qui suivent cette lecture, entrecoupées de réveils en sursaut, de ces nuits où le sommeil vous surprend les lunettes encore sur le nez, la lumière allumée et vous ballottent encore et toujours dans le roman. 
Au petit matin, on décide alors de laisser en guise de trace les deux dernières phrases.
"Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
Puissent-ils rester loin de nous, les songes et les chimères de la nuit ."

 

11:21 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

dimanche, 05 novembre 2017

Biffure 32

une odyssée.jpg

Nice, octobre 2017

Attendre l'inattendu
de ma chaise

je contemplais
le présent volubile
et obstiné à
dénouer les mots
et tisser
l'Odyssée
de nos pas

Mots rescapés des biffures de la page 68 d'Une Odyssée de Daniel Mendelsohn.

 

19:30 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : odyssée, nice |  Facebook |

mercredi, 01 novembre 2017

Trotteuse

les 3 diables.jpg

Nice, octobre 2017

quand je suis arrivée à Nice vendredi
les aiguilles de l'horloge du cours Saleya
indiquaient midi
pourtant il était dix-sept heures
quand je suis partie de Nice lundi
les aiguilles de l'horloge sur le quai de la gare
indiquaient midi
pourtant il était onze heures
entre ces deux pendules suspendues
au milieu du jour
qui se fichaient éperdument
du passage à l'heure d'hiver
quatre-vingt-dix-huit ans
l'anniversaire de ma grand-mère
née à l'autre bout du vingtième siècle
à Bône anciennement Hippone aujourd'hui Annaba
elle porte sur ses épaules
sa peau comme un châle de soie fine
a le verbe fleuri sans fioriture
mélange de français et judéo-arabe
peut soudain s'absenter de table
pour aller sur l'autre rive
de la Méditerranée
de sa mémoire

attraper une image indélébile
de sa mère morte à trente-quatre ans
et à son retour dire
entre deux rides
entre deux rires
vivons chaque seconde intensément
les heures se chargeront du reste

gare nice.jpg

jeudi, 19 octobre 2017

Biffure 31

tout homme est une nuit.jpg

Granville, Octobre 2017

corriger la trajectoire
d'angoisse
venir à bout
de je ne sais

quel fond noir
longtemps contenu
toutes les lampes
en vous
sur la gueule

acharnée
des mouches

qui volaient au-dessus
me disais-je
de la mécanique

des anciennes rancoeurs.

Mots rescapés des biffures des pages 230 et 231 de Tout homme est une nuit de Lydie Salvayre.
En écho à ce roman, cette pièce de théâtre vue la semaine dernière, où il est aussi question d'exil, de frontières, de l'Autre : Frères de La compagnie les Maladroits

jeudi, 12 octobre 2017

Biffure 30

 

chaumont-sur-loire.jpg

Chaumont-sur-Loire, juin 2017

première impression.
après-midi d'herbes hautes
coin oublié du vent
profusion inattendue
elle éclaire
l'obscurité sous ses pas
pose son dos dans
la prairie
les bras en étoiles
le visage vers
la caresse du sol

Mots rescapés des biffures de la page 191 de Point cardinal de Léonor de Recondo.

mardi, 03 octobre 2017

Biffure 29

cirque théâtre.jpg

La Spire
Elbeuf, septembre 2017

car elle disait
le bonheur de
venir tous les jours
à ses côtés
un baiser
des grouillades
à cor et à cri
comme un fil
de rêve

Mots rescapés des biffures de la page 257 d'Avant que les ombres s'effacent de Louis-Philippe Dalembert

mercredi, 27 septembre 2017

Illusion

claude ponti.jpg

Nantes, octobre 2016

Une goutte de rosée
posée sous le réverbère
luciole d'automne

14:38 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ponti |  Facebook |

jeudi, 21 septembre 2017

Biffure 28

DSCN6194.jpg

Aurillac, août 2017

C'était insolite
devant le crache-thune
désinvolte
la tête calée sur
le lendemain
le regard rivé
sur le temps passé
un page
lisait son chemin

Mots rescapés des biffures de la page 345 de Vernon Subutex (Tome 1) de Despentes

17:04 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : despentes |  Facebook |

samedi, 09 septembre 2017

Biffure 27

les tondues 1.jpg

Les Tondues, Cie Les Arts Oseurs
Aurillac, août 2017

au milieu de
cette allégresse
un noir enthousiasme
jubilation du monde
en apnée. Dessous
errant à la surface
des images d'archives
crachote
une montée d'horreur

Mots rescapés des biffures de la page 138 de L'ordre du jour d'Eric Vuillard qui font remonter à la surface les mots bouleversés et bouleversants de Les Tondues de la Cie Les Arts Oseurs.

les tondues 2.jpg

dimanche, 03 septembre 2017

Dans l'entre deux

CAIRN.jpg

Qui tu sais
Puy Mary, août 2017

Fenêtre ouverte sur le jardin les premières taches de rousseur
écran affichant mon cahier de texte
des cases qui se rempliront

plus tard au long des quarante quatre semaines à venir
pour l'heure je rembobine mes pensées
et les lacets des sentiers foulés cet été
GR 40 36 223 400
mis bout à bout on dirait un numéro de téléphone
à appeler en cas d'urgence les jours d'hiver sans lumière
un été à marcher
le regard qui porte loin devant
dans mon dos des fils s'entrelacent sur mon sac
comme autant de souvenirs du chemin parcouru
ensemble
un été à rencontrer des gens
qui n'ont pas laissé la vie les lasser
qui portent en eux des rêves si immenses
qu'ils ne risquent pas de les perdre de vue
un été à faire grandir les cairns
une pierre pour toi une pierre pour moi
un été que je garderai aimanté sur la porte de ma mémoire
quand demain je retrouverai
les murs fissurés de ma salle sous plafond amianté
pour essayer de faire naître dans le regard des gamins
qui chemineront avec moi cette année
des rêves si immenses
qu'ils ne risqueront pas de les perdre de vue


samedi, 02 septembre 2017

Biffure 26

l'aube sera grandiose.jpg

Juste avant la brèche de Rolland
Monts du Cantal, août 2017

blêmir
sur sa selle
en haut de la côte
35 degrés
il a grimacé
sans moufter
vélo à la main
côte à côte
ligne imaginaire
le temps passe
quelque part

Mots rescapés des biffures de la page 129 de L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux (sortie le 21 septembre)
Merci au tenancier du Quai des mômes qui sait mon impatience quand un nouveau Bondoux est annoncé...

08:29 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bondoux, aurillac |  Facebook |

mardi, 29 août 2017

La Toulousaine de Cirque et de Rue

aurillac 2.jpg

© Pili Vazquez
Aurillac, août 2017

Avant-veille du lancement du Festival des Arts de la Rue à Aurillac. Nous montons à l'espace Peyrolles. Le collectif La Toulousaine de Cirque est en train d'investir le lieu.  Ça s'agite calmement aux quatre coins, ça encolle des affiches, ça métamorphose des sacs poubelles rose en fleurs. Des palettes et des cagettes sortent d'un camion et s'amoncellent un peu plus loin. Le chapiteau, en cours de montage, impose ses rondeurs et ses diagonales à un mur à l'esprit rectangulaire. Tu le vois et ton œil pétille aussitôt derrière  l'objectif. Ça palabre, ça s'affaire en attendant la suite.
La suite, nous ne la connaissons pas encore. Nous ne savons pas qu'à La Toulousaine, on peut déranger un bout de pelouse - le faire sortir du rang -  pour l'ouvrir à un espace circassien pensé et dépensé dans les moindres recoins. Nous ne savons pas que ce qui nous attend trois jours plus tard sera si singulier, nous filera tellement le sourire qu'on repassera l'arche d'entrée en cagettes, le soir venu, en mode happyface.
Pour l'heure, ce qui nous attend est encore tout en vrac dans un caddie : SoliloqueS, Encore plus, Passe par la fenêtre et cours...

aurillac 3.jpg

dimanche, 27 août 2017

à corps

aurillac.jpg

Aurillac, août 2017


sous l'ombrelle
raccord des corps
l'ombre d'elles

 

 

08:19 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : aurillac |  Facebook |

jeudi, 17 août 2017

Biffure 25

tu me vertiges.jpg

Ségrie Fontaine, août 2017

le bonheur
de nos mains qui ne se quittent plus
raconter
il y a des mots
j'ai envie de les dire
dans des carnets
à tisser

Mots rescapés des biffures de la page 154 de Les inséparables de Marie Nimier

06:26 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie nimier |  Facebook |

mercredi, 16 août 2017

Biffure 24

moulin de ségrie.jpg

Danse ortique
Moulin de Ségrie, août 2017

dans la vallée
maintenant
les terres
faisaient tourner
des sculpture de prés
ça devenaient des gens

Mots rescapés des biffures de la page 15 de Joseph de Marie-Hélène Lafon

mardi, 15 août 2017

Biffure 23

anse st martin.jpg

Anse St-Martin, août 2017

Qui sait
son chemin ?
On perd
l'égarement

bleu nuit
regarder longtemps
la diagonale
des migrations
à l'intérieur
comme si...

Mots rescapés des biffures de la page 11 de La plage de Marie Nimier

lundi, 14 août 2017

Biffure 22

mochila.jpg

GR 223, août 2017

idées
sur mes peurs à dos
mochila
compagnon de chaque instant

au petit matin repartir
l'ajuster
avec sérieux

Mots rescapés des biffures de la page 235 d'Immortelle randonnée de Jean-Christophe Ruffin

11:37 Publié dans BAL(L)ADE, BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gr 223 |  Facebook |

mardi, 08 août 2017

La saveur du monde

cairn orne.jpg

Sentier des granits, août 2017

Demain je reprends la route. Une nuit trois trains et un bus m'en séparent encore. A l'autre bout, ce sera le GR 223 de Les Pieux jusqu'à Cherbourg.  Ce soir, mon sac n'est pas fait. Tout au long de la journée, j'ai étalé dans mon bureau ce que j'ai prévu d'emporter : mon bol en bois, ta gourde, mon pantalon de rando, ton blouson de pluie, mon laguiole, ta lampe frontale, du pain noir, la tome entamée hier, des noix de cajou et des figues, ton duvet, un carnet et Marcher, éloge des chemins et de la lenteur.
J'aime l'impatience qui précède une longue marche. Je sais qu'elle me réveillera tôt demain matin. Qu'il fera peut-être même encore nuit. J'aurai bien le temps alors de remplir mon sac. C'est drôle que notre langue ne connaisse pas l'expression "remplir son sac" alors qu'elle a inventé "vider son sac".
Demain, quand mon sac sera plein, je trouverai encore un peu d'espace pour glisser  quelques instants partagés avec toi sur le GR 36, la semaine dernière. Il y aura celui-ci : nous venions d'arriver au gîte, tu te serais bien posée un peu mais déjà je t'entraînais sur le sentier des granits. L'une derrière l'autre, nous avons progressé dans les gorges de l'Orne. Le soleil était en train de retirer les derniers rayons du jour. Il m'arrivait d'avancer tout autant sur le chemin que dans mes pensées. Tu as vu que j'étais passée trop vite, que je n'avais pas remarqué. Tu as dis, tu as vu ? Quand tu marches, ton regard est aux aguets. Toujours. Sur la rive, des cairns. Veilleurs sur leur pierre plate, gardiens de la rivière. Equilibre improbable. Si tu n'avais pas été là, je ne me serais pas arrêtée, je n'aurais pas regroupé quelques galets sur une pierre laissée libre, je n'aurais pas élevé à mon tour un cairn. Un peu rectiligne, diras-tu. Plutôt élancé, rectifierai-je.

Demain, sur le GR 223, j'ouvrirai grand les yeux et les oreilles et laisserai la saveur du sentier se déposer sur mes lèvres.

 

samedi, 05 août 2017

Biffure 21

prologue pour une chimère.jpg

Prologue pour une chimère
Chaumont-sur-Loire, juin 2017

Les pas
sur les pierres
tu entends
le dedans fragile
la route en creux
parfois palpite
oser s'ébouler
si loin

Mots rescapés des biffures de la page 56 de L'enfant qui de Jeanne Benameur

mardi, 01 août 2017

Biffure 20

royal de luxe.jpg

Les géants de Royal de Luxe
Le Havre, juillet 2017

Sur le trottoir
les talons au pas de course
je suis en retard
machine à espresso
et en porcelaine
dire
ça fait vraiment mal
et vivre
pour rire

*Mots rescapés des biffures de la page 399 de Les visages de Jesse Kellerman

dimanche, 30 juillet 2017

Les vaches noires

falaise des vaches noires

Falaise des vaches noires, juillet 2017

Aux vaches noires, il est deux heures. La mer se retire et laisse sur le sable ce qu'elle a soutiré à la falaise. Des fossiles, parsemés entre les coquillages et les crabes. Au dedans, c'est le reflux de souvenirs de gamine : moi et mon seau face à l'océan cherchant chapeaux chinois et étoiles de mer. Au-dehors, je ne porte en bandoulière que mon sac. Qu'à cela ne tienne, j'ouvre une poche extérieure, cela fera office de seau. Au début, je ramasse le moindre petit fragment porté des millénaires durant par les entrailles argileuses. Traces de vie entêtée. Après, c'est comme pour la cueillette des chanterelles à l'automne, je deviens de plus en plus exigeante magnanime. Je recherche l'ammonite et ces coques qui à force de sédimentation ont acquis la légèreté de la feuille dans l'herbier.
Le retour se fait le long du rivage, pieds-nus dans l'eau. Je ne sais plus si c'est la mer ou mon sac qui sent les embruns. Mes pensées oscillent.  Que ferai-je de ces fragments qui ont su résister aussi bien aux tempêtes qu'aux jours étals ? Les alignerai-je à tous vents sur le rebord de ma fenêtre ou sous l'ombre calme du cerisier ?

vendredi, 28 juillet 2017

Biffure 19

parasol.jpg

Trouville, juillet 2017

silence
sous le parasol des
heures chaudes
jour à pied
centre de gravité
ailleurs
avec elle
vertige

*Mots rescapés des biffures de la page 51 de Le soir du chien de Marie-Hélène Lafon

jeudi, 27 juillet 2017

Biffure 18

comment construire.jpg

Mur mur, Le Havre, Juillet 2017

 

au milieu de l'été,
nu-tête
à la périphérie
de la chaussée
délaissée
Elle
jette un œil
à l'extérieur
arpente un temps
semble réfléchir à
dans le bleu du ciel
une femme
là-bas

*Mots rescapés des biffures de la page 49 de Comment construire une cathédrale de Mark Greene

09:14 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mur, mark greene |  Facebook |

samedi, 22 juillet 2017

Biffure 17

éduardo berti

Le nid des murmures
Chaumont-sur-Loire, juin 2017

élégance de la
solitude
former les yeux
entre un soupir et
le manque
retarder la visite
de son désir

*Mots rescapés des biffures de la page 137 de Le pays imaginé d'Eduardo Berti
Vous trouverez ici une interview de E.B. et une lecture à haute voix de quelques pages par E.B.

19:26 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : éduardo berti |  Facebook |

mercredi, 19 juillet 2017

Biffure 16

jardin préservé.jpg

Le jardin préservé, Chaumont-sur-Loire
Juin 2017

aimer
notre bonheur
surprise
par ta beauté
obscure
un coup d’œil
de quelques minutes
je peux imaginer
des vagues
de temps nouveaux
et sur tes épaules
la liberté
de vivre sa vie

*Mots rescapés des biffures de la page 237 de Être à distance de Carla Guelfenbein

13:12 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 17 juillet 2017

Rendez-vous avec un arbre (2)

ravin de corboeuf.jpg

Ravin de Corbeuf, juillet 2017

Sur la route de Blanhac, cet espace étonnamment horizontal, stries bleutées sur arêtes saillantes. Après la yourte toute en rondeur, la table sous l'ombre du tilleul, les chemins qui s'enlacent, les entrelacs de nos murmures. Et avant des Nuits de rêve sous la voie lactée et bouton de rose.
Espace horizontal. Sillons désertiques. Les géologues l'appellent "badlands", mauvaises terres. Pourtant un arbre pousse, agile dans l'argile. J'ai l'impression de le connaître, de l'avoir déjà côtoyé ailleurs. Je descends quelques strates plus bas dans ma mémoire. Au dedans, un arbre toscan. Au dehors, le vent qui nous porte et mon regard qui reprend la route.

 

mardi, 11 juillet 2017

Main tenant

géant.jpg

Les géants de Royal de luxe
Le Havre, juillet 2017

Jour grisé et chape de nuages
main tenant
c'est le soir qui tombe mais n'éteint rien
boîte crânienne dans un scaphandre
semelles de plomb
je me voudrais petite géante
des lilliputiens actionneraient
les fils de mes jambes
de mes paupières lourdes
démêleraient l'embrouillamini
de mes pensées

rembobineraient mes paroles
jusqu'au silence

tout tiendrait à des fils

 

vendredi, 30 juin 2017

Une femme debout

DSCN4986.jpg

Sam Szafran, Arborescence,
juin 2017, Chaumont-sur-Loire


Vous portiez le n° 78651
mais je veux me souvenir de vous avec votre nom
j'ai l'impression de l'avoir toujours connu
pourtant en 1975 je n'avais que six ans
lundi j'ai pensé à vous
en montrant à mes élèves Les Héritiers
vous y faites une brève apparition
sur l'écran d'un ordinateur
et je me suis demandé
ce que vous deveniez

lundi, 26 juin 2017

Champ de lin

lin.jpg

juin 2017, Bosc-en-Roumois

dans les battements du printemps
je te cherche
je guette ton ondulation viride
au virage d'une nationale
du haut d'une colline
j'espère ta vague éphémère
sous les  étoiles tremblantes
j'écoute les murmures de tes tiges
demain déjà, disent-elles
tu seras chevelure épousant
le soupir de la terre

vendredi, 23 juin 2017

Post-capilotade

potager 2.jpg

La fraicheur est enfin de retour. Après quatre jours de canicule. Quatre jours lors desquels monter deux étages pour gagner ma salle m'a semblé un défi plus surhumain que gravir l'Everest. Quatre jours à voir tomber les élèves avant les mouches. Quatre jours à espérer qu'une main bienveillante se décide à débrancher le souffle chaud en continu. Quatre jours à presque regretter de ne pas avoir choisi l'option "clim" pour ma voiture.

potager 1.jpg

Quatre jours où je me suis évaporée, corps et pensées. Seule la venue du soir me faisait battre à nouveau, coeur et mots. Heures nocturnes dans mon potager à laisser l'énergie des cucurbitacées, poivrons et haricots grimper en moi.

potager 3.jpg