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mercredi, 17 avril 2019

Deux bouts

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Mercredi dernier, nouvelle journée "les filles à la plage" avec D. puis R., deux amies syriennes...

Face à la nonchalance des paquebots
l
e bord de mer sort de sa torpeur
château de cartes écroulé
les cabines se relèvent
une à une
malgré un vent entêtant

les passants sont rares
sur la promenade désertée
nous allons jusqu'Au-Bout-du-Monde
pas à pas D. raconte
elle a maintenant les mots pour le dire
les mois qui se sont écoulés
sa reconstruction malgré tout

chemin faisant
j'ai un autre bout du monde en tête
à une dizaine de milliers de kilomètres
et un peu moins d'un an de là
Valparaiso et la terre des grands pieds
ta paume contre ma paume

pour apprendre l'espagnol d'ici là
- je n'en connais que quelques mots
hasta la luna y vuelta-
j'ai trouvé des bottes de sept lieues
un cahier-journal
tu y remplis le vide qui est le mien
et Espaces, instants

Le es más fácil
a la clematis
enrollarse al nuevo arco
que a mi
encontrar camino en el nuevo idioma

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© Pili Vazquez

15:25 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : le havre, chili |  Facebook |

jeudi, 11 avril 2019

Les gratitudes de Delphine de Vigan

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© Nicole Farizon

J'étais dans cet entre-deux inconfortable. J'avais fini la veille Les confidences. Je ne savais à quel nouveau livre me confier. Une pile attendait au bord de mon lit. Je n'osais y toucher. Il y a quelque chose d'intransigeant en moi dans ces moments-là. Il faut que le suivant soit à la hauteur du précédent. Et souvent le suivant en pâtit.
J'en étais là de mon indétermination quand j'ai vu que C. avait oublié Les gratitudes sur la table dans le salon. Je n'ai jamais rien lu de Delphine de Vigan jusqu'au bout. Sur France Inter, dans la semaine, les premières lignes en boucle m'avaient fait grimacer : "Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? "
Tant qu'un livre en pâtisse, autant que ce soit celui-là ! Commencé en début de soirée, il s'est opposé à la nuit jusqu'à la dernière page.
Bien sûr, les pleins et les déliés de Michka, l'ancienne journaliste qui est parvenue à la presque fin de sa vie et perd inexorablement ses phrases. Grand-mère des mots tordus. Bien sûr, Marie, sa fille de coeur. Mais surtout Jérôme, l'orthophoniste de l'EHPAD ; ses exercices pour faire barrage aux mots qui fichent le camp ; les murs qu'il a dressés entre lui et son père, son silence depuis si longtemps.
Bien sûr, les failles, les fêlures, les fractures de ces trois-là. Mais surtout l'interstice qui s'ouvre là.

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09:13 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : delphine de vigan |  Facebook |

dimanche, 07 avril 2019

Les confidences de Marie Nimier

marie nimier

 C'est un peu comme si vous alliez à une séance chez votre psy, à ceci près que jamais vous ne voyez son regard et elle le vôtre. C'est un peu comme si vous alliez à confesse, à ceci près que vous ne vous confessez pas mais vous confiez, que vous n'avez pas dix Ave Maria à réciter à la sortie mais sans doute l'envie étonnée de dire Ave Marie !  De toute façon, le titre Les confessions n'était plus libre.
Et Les confidences est un mot tellement plus doux pour dire cette écrivaine qui, dans un appartement meublé a minima -deux chaises, une table, un philodendron sur parquet flottant et une patère- reçoit, les yeux bandés, des anonymes venus là pour raconter remords et regrets à vif que le temps n'a su apaiser, rêves et fantasmes.
Matière vive récoltée jour après jour. Puis ruminée.
"Faut-il vraiment que j'avale toutes ces choses qu'on me raconte ? Et non seulement que je les avale, mais que je les rumine pendant la nuit ? (...) L'écrivain tient de la vache. Combien d'heures lui faut-il pour métamorphoser un carré de prairie en un litre de lait ? Passer du solide au liquide, du vert au blanc... Dans sa grande lenteur, la vache tourne et retourne sa langue. Écrire est une histoire de temps. "
J'ai lu Les confidences, l'une après l'autre. Avec lenteur. M'obligeant à n'en découvrir qu'une par soir, à laisser la gorgée de lait se transformer en moi pendant la nuit. Et au réveil, toujours cette interrogation : si j'étais allée dans l'appartement meublé a minima, qu'aurais-je raconté ? Hier, j'ai tourné la dernière page. Ce matin, je me suis dit que, oui, c'est sans doute cela que j'aurais tenté de dire : l'émotion abrupte et à vif, l'été dernier au Bout du Monde, devant un colosse blanc, la tendresse contenue dans ses mains enveloppant celles de sa fille et leurs regards à tous deux portant loin. Le tremblement de mes mains, ce jour-là.

 

11:29 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie nimier |  Facebook |

mardi, 26 mars 2019

Biffure 61

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Pompéi, mars 2019

Soudain
un arbre gigantesque
caresse
d'une feuille alanguie
le drap de la nuit
il pressent l'aube

Biffures de la page 126 de Vie et mort en quatre rimes d'Amos Oz

vendredi, 15 mars 2019

Biffure 60

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Le Havre, août 2018

Sème
sous les pensées
du matin
une langue ardente

Biffures de la page 19 de La guerre des pauvres d'Eric Vuillard

14:04 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le havre |  Facebook |

jeudi, 14 mars 2019

biffure 59

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Les Coquets, février 2019

dans ma mémoire patibulaire
la beauté tranquille
de son regard clair

Biffures de la page 49 de Rendez-vous à Parme de Michèle Lesbre

12:34 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lune |  Facebook |

lundi, 11 mars 2019

D'un nerf poétique

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Les Coquets, février 2019

Le week-end a été mécanique : remplir des bulletins, débiter des copies, remplir des bulletins, débiter des copies, des heures durant. En arriver à préférer le sort d'une des Danaïdes, voire même d'un Sisyphe. Oui prête à échanger ma table de labeur contre un seau percé à remplir ou un rocher à faire tenir en équilibre en haut d'une montagne pourvu que le grand air me fût rendu.
Pourtant quand tout au bout d'une ligne, j'ai lu ça : "Les minutes s'écroulèrent. Elle marchait dans ses pensées d'un nerf triste ", la ligne d'horizon est réapparue.
Presque aussi beau que de la ficelle de paille qui s'entortille comme une crosse de fougère.

vendredi, 08 mars 2019

biffure 58

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Noyant, février 2019

Déplier la tête vers l'extérieur
Regarder la silhouette d'une bise
au-delà de la terre
de sa propre histoire
attacher de l'importance
à un empilement de pierres
à une incroyable immensité
t'y attendre
debout dans le silence

Biffures de la page 298 de Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamase

dimanche, 03 mars 2019

biffure 57

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Le Pariou, février 2019
© Pili Vazquez

La force de l'arbre
se répercutait
dans les battements de mon coeur
bouillonne d'une rive à l'autre
me disait-il

Biffures de la page 209 de Sauvages de Nathalie Bernard

mercredi, 20 février 2019

biffure 56

léonor de recondo

Le Pariou, février 2019

On entend aujourd'hui
le fond qui ondule
en caresser la veine vibrante
un parfum de peau
nous enveloppe
le sculpter dans
mon imagination

Biffures de la page 114 de Manifesto de Leonor De Recondo

mercredi, 30 janvier 2019

in/off

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Asnelle, décembre 2018

Les jours s’empilent in
Je turbine
J’agglutine
je me débobine
je rustine
je ne lambine pas
Je ne lésine pas
Je caféine
je pleuvine
je narine
j’amphétamine
je turbomachine
je borderline

déposer une strophe en offset pour l’offrande de journées off sous l’étoffe des plis

lundi, 21 janvier 2019

Feu de tout bois

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Comme des loupiotes
le soleil et la lune
dans un photophore

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vendredi, 04 janvier 2019

L'art de perdre

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Père et fille
Le Havre, décembre 2018

"Lorsqu'elle ouvre les yeux après une soirée trop arrosée (elle a dû les espacer davantage, elle ne pouvait supporter qu'il s'agisse d'une misère hebdomadaire, encore moins bihebdomadaire), la première phrase qui lui vient à l'esprit est :
je ne vais pas y arriver."

L'art de perdre d'Alice Zeniter


Je pensais que ce serait le dernier roman lu en 2018 et quel roman! Mais je ne suis pas arrivée à le finir avant de refermer l'année. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Des débuts d'après-midis avec le café qui s'allongent jusqu'à la tombée du jour, des nuits sans sommeil et des petits matins encore blafards sous la couette à lire à perdre haleine, coupée de tout le reste ou presque : parce qu'il y a eu ma machine à laver qui a rendu l'âme et qu'il a fallu partir en quête d'une nouvelle, parce qu'il y a eu des m3 d'eau qui se sont évaporés dans le jardin et qu'il a fallu comprendre comment colmater la fuite, parce qu'il y a eu le projet de ma fille de passer le 31 à la biquetterie et qu'il a fallu mettre un peu d'ordre avant de prendre la route pour la côte normande. J'ai glissé L'art de perdre dans mon sac, je me voyais lire face à la mer. Mais face à la mer, nous avons couru le matin, randonné l'après-midi sans perdre pied. Quant aux soirées, elles étaient éperdument compères.
Je pensais que ce serait le dernier roman lu en 2018 mais c'est finalement le premier roman fini en 2019 et quel roman !

"Elle n'est arrivée nulle part au moment où je décide d'arrêter ce texte, elle est en mouvement, elle va encore."

17:47 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : fabien mérelle |  Facebook |

samedi, 29 décembre 2018

biffure 55

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Ria d'étel, octobre 2018


elle vocalisait des pas de danse
quelque part en son coeur
les yeux dans les fenêtres
de la maison vide
qui plongeait dans les ténèbres

Biffures de la page 26 de Les amours d'un fantôme en temps de guerre de Nicolas de Crécy

16:17 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

dimanche, 16 décembre 2018

Fil des jours

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Mur de Berlin, mai 2018

Demain est lent à venir
hier veille
à ce qu'aujourd'hui ne l'ajourne pas

mercredi, 12 décembre 2018

Brève de comptoir

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Lectoure, août 2018

Entendu ce matin à la radio : Troyes se réveille avec -2°.
Si mes comptes sont bons, ça fait Ain.

dimanche, 09 décembre 2018

Ecumage

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Le Havre
© Rana Mograbieh

Quand le soleil enfin s'est frayé un chemin
dans la tempête
on ne savait plus
qui du nuage ou de l'écume
imitait l'autre

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mardi, 27 novembre 2018

Un vent-terre

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Ile d'Houat, octobre 2018

désarroi des arrhes rois
dessalage des sales âges
démon des monts
descente des sentes

descendant des sans-dent
désir des ires
désastre des astres
décor des corps

mais
décibel des si belles décences des sens

dimanche, 25 novembre 2018

Biffure 54

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Ile d'Houat, octobre 2018
© Pili Vazquez

Plongée dans des espoirs
qui s'avancent sans faire de bruit
elle ose rester en vie
et repartir d'un pas rapide

Biffures de la page 134 de Mala Vida de Marc Fernandez

18:59 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 19 novembre 2018

Dame - assez !

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Castanet-le-Haut, juillet 2018

La semaine dernière, au détour d'une journée "Les poètes n'hibernent pas" , j'ai découvert que les mots tissu et texte avaient une étymologie commune : lat. texere, participe passé textus "tisser, tramer entrelacer"...

File sur la trame
mode portrait
flane elle
texte il ou soi.e
c'est coton car d'âge retors

alors file sur la chaîne
mode paysage
visse causes
des nids d'abeille
et veux lourd pied de poule

mardi, 13 novembre 2018

Mi-rage

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elles étaient nombreuses
encore la semaine dernière

serrées les unes contre les autres
houppelande contre les frimas de la nuit
houppe balayée par le vent d'est
hop hop hop
ce matin elle est la dernière
réceptacle solaire

tenant à un fil à la branche
je dirais bien qu'elle est courageuse
mais tu me répondrais
que les feuilles n'ont pas de courage
pourtant je t'assure
qu'à tendre ainsi son cou
elle est un mirage doré

dimanche, 11 novembre 2018

Les uns contre les autres

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Berlin, mai 2018

Dimanche 11 novembre 2018, 11h, au son des cloches

Depuis tôt ce matin, je me suis posée dans l'interstice d'une matinée pluvieuse, au-dessus d'une soixantaine de copies : compte-rendu de lecture de La traversée.
Dans la cuisine, j'ai laissé France Inter en sourdine et ses programmes chamboulés : tout le gratin mondial s'est donné rendez-vous à Paris pour commémorer le centenaire de la fin d'une grande boucherie dont la seule utilité a été de préparer les suivantes.
How long is now...
Et demain ? Chaque dirigeant, derrière ses frontières de fer et de barbelés, reprendra les commandes de ses certitudes nationales. Qui y aura-t-il alors pour leur sonner les cloches ?

 

dimanche, 04 novembre 2018

Biffure 53

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Ria d'Etel, octobre 2018
© Pili Vazquez

Essayons la route nocturne
dans nos corps
fluidité
et confiance

au creux des bras
l'aube et l'épine*
des aboiements du clocher
ne nous arrêteront pas

Biffures de la page 387 de Valentine ou la belle saison d'Anne-Laure Bondoux
* me suis autorisée à transformer "l'aubépine" en "l'aube et l'épine", parce que Huit Nuits...


19:59 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bondoux |  Facebook |

samedi, 03 novembre 2018

Mordicus.a

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Quiberon, octobre 2018

Nous sommes rentrées la veille du Morbihan. Ce matin-là, il ne me reste plus qu'à rejoindre la biquetterie. Après une semaine estivale, un froid de gueux fige la campagne mordorée. Pare-brise embué, soufflerie à son maximum, je file sur la route en compagnie du 6/9 de France Inter, histoire de reprendre contact avec le monde après ces jours suspendus, de côte sauvage d'Arz en côte sauvage d'Houat.
Le monde continue de se perdre un peu plus : Bolsonaro s'apprête à remporter les élections au Brésil, Trump en appelle à la peine de mort et Blanquer envisage de placer des flics dans les écoles et de rouvrir - appelons un clébard, un clébard- les maisons de correction. Quelle morgue chez tous ces dirigeants et l'Histoire qui n'en finit pas de se mordre la queue.
Alors, ce matin-là, l'invité de Patricia Martin - l'avocat Thierry Illouz et son Même les monstres - est un coup de vent vivifiant, une pensée sauvage pour nous sauver de la déroute : "la seule division, le seul scandale, c'est la pauvreté. D'elle découlent toutes les autres dérives. Défendre ces gens-là, se coller à leur souffrance, c’est aussi et surtout défendre l’humanité en chacun. Et guérir ses propres failles."

lundi, 29 octobre 2018

Biffure 52

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Quiberon, octobre 2018

pour la troisième fois
elle sut supporter
un cycle en orbite
autour d'un centre
de gravité intermittent

Biffures de la page 129 de A son image de Jérôme Ferrari

07:09 Publié dans BIFFURES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 24 octobre 2018

Huit reflets

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 Arradon, octobre 2018

Le reflet laiteux
de la lune s'allonge
sur le parc à huitres

 

samedi, 06 octobre 2018

Racines barbares

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Aujourd'hui je me suis affairée sous le soleil. C'était, dans l'air chaud, un étonnant mélange de bruits de printemps - les enfants attroupés dans la rue comme en ces jours de juin où la lumière s'allonge et avec elle le temps - et de couleurs d'automne - les feuilles du figuier chargé de fruits, qui jaunissent.

Aujourd'hui je me suis affairée sous le soleil, ai récolté des figues pour le chutney, des olives pour l'apéro dans dix semaines, de la rhubarbe et des poires pour une compote ce soir.

En fin d'après-midi, quand tout a été mis en pot ou en bol, oubliant les cours à préparer pour lundi - je pouvais bien moi aussi me sentir comme en juin malgré la lumière qui rétrécissait déjà avec assurance- je me suis installée sur ma terrasse avec deux livres arrivés récemment à la biquetterie : La pharmacie des moines - C. me l'a apporté lors de son dernier passage en précisant hilare "c'est un truc pour toi, ça !" - et L'encyclopédie du jardin conseillée par A. cet été et récupérée il y a quelques jours seulement parce qu'en réimpression.

Je les ai feuilletés, avec nonchalance, au hasard des plantes et épices rencontrées dans la journée : coriandre, poivre, rhubarbe, gingembre ... Mais en quelques pages, j'ai eu l'impression d'être une olive qu'on aurait plongée dans de l'eau pour quinze jours avant de l'enfermer dans un bocal de saumure pour huit semaines : hermétiquement lisse avec quelques bulles d'air accrochées à la surface. Soudain étrangère à ma propre langue - limbe folique, siccatif au 3ème degré, emménagogue, orthopnée, fomentation, scrotule, ascaride - en apnée étymologique, ne retrouvant la terre ferme et civilisée qu'avec le mot rhubarbe, de rheu "racine" et barbarum " qui vient du pays des Barbares".

Aujourd'hui j'ai eu à faire à une langue étonnante comme un attroupement d'enfants dans la rue en plein automne.

mercredi, 26 septembre 2018

Biffure 51

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Blanhac, juillet 2018

Le glacier si fin
la peau presqu'à nu
il faudrait le reconstruire.
sans hésitation.
aujourd'hui.

Biffures de la page 33 de La vraie vie d'Adeline Dieudonné

dimanche, 23 septembre 2018

Biffure 50

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Roquebrun, juillet 2018

trouver les gestes pour saisir
le jour indigo lisière
entre
la pluie délavée et le soleil blanchi
entre
les parcours troués du cosmos
et la carcasse malingre des passerelles

Biffures de la page 197 d'Un monde à portée de main de Maylis de Kérangal

samedi, 01 septembre 2018

Biffure 49

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Gr 21, Juin 2018


La voix de mes pensées
souffle sur ses yeux-sourire
passe au-dessus de ses cheveux si bien tournés
et se met à rire en un clin de seconde

Biffures de la page 1(2) et 234 de 4321 de Paul Auster

17:41 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paul auster |  Facebook |