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samedi, 01 août 2015

Passe-passe le temps

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Retour de Sainte Marguerite-sur-Mer. La dernière ligne droite se fait en train. J'ai loupé le 19h12, j'attends le 20h12. Au-dessus des panneaux d'affichage, ça gambille à l'allure d'un TGV. L'aiguille des minutes a décidé de marquer les secondes, une heure en douze secondes - le temps nécessaire pour effeuiller la marguerite - une journée en moins de cinq minutes. Elle tourne à toute allure, plus le temps de se dire à tout à l'heure. Mon train part dans douze secondes.

lundi, 27 juillet 2015

Mölkkyport

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Vendredi dernier, direction Yport avec D. et S. D'aucunes raconteront peut-être que j'avais choisi cette destination parce que j'avais lu N'oublier jamais de Bussi. Elles avanceront même pour preuve que, deux jours auparavant, je n'avais pas hésité à embarquer N. dans une nouvelle expédition à vélo direction Vernon et Giverny parce que j'avais lu Nymphéas noirs du même.La réalité est toute autre : j'ai choisi Yport parce que c'est la seule plage normande contenant les deux mêmes voyelles que le jeu auquel D. voulait m'initier, le Mölkky !

dimanche, 26 juillet 2015

Ver à vers

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" L’écriture vient des provocations auxquelles la vie nous soumet, mais parfois, plus simplement, il s’agit de répondre à des contraintes plus amicalement posées." Claude Vercey

Sur l'avers d'une tige de noyer un ver sait
qu'il va tracer sans tergiverser un verset :
quelque rêverie sans balises, veine inversée
vertige des seaux de rouille en une rue déversés ;
il se sent prêt à désarchiver des versets
qui glaçaient sous la laine pour en faire des vers, eh !

lundi, 20 juillet 2015

Fil à fil

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les fils de mes pensées
cousus de rouge de blanc
s'entremêlent

ç
a se tord et retord
retorses torsions
ne tenir qu'au fil de l'eau


 

11:22 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fil, dw. |  Facebook |

mercredi, 15 juillet 2015

Lendemain de 14 juillet

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Athènes, mai 2015

Que fêtions-nous hier à coup d'artificiels feux de joie ? La prise de la Bastille ? La Chose Publique française ou du moins ce qu'il en reste ? Le pays des droits de l'homme ? ou bien l'élévation d'une citadelle qui nous coupe des bruits et des hurlements du monde ?
Exceptionnellement nous aurions pu décréter une nuit de silence. En mémoire de cette autre nuit où l'Europe a mis à genoux Tsipras. Et de tous les feux qui ne se seraient pas envoyés en l'air avec insouciance, nous aurions pu tendre la main à ceux chez qui la force du peuple -c'est le sens de démocratie- est né il y a vingt-six siècles.

07:19 Publié dans ESPACES DES CRIS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : grèce |  Facebook |

mercredi, 08 juillet 2015

Un petit vélo dans la tête

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Athènes, mai 2015

Retour sur un enchaînement de jours.
Mardi 30 juin, direction le fin fond de l'Eure pour aller corriger une quarantaine de copies de brevet. Louviers-Gisors : une cinquantaine de bornes sous la canicule, pas de clim' dans la voiture. J'éprouve néanmoins de la tendresse pour les trente premières bornes. Trois mois plus tôt, D. avait choisi cette même route, plutôt que l'autoroute, pour nous emmener mon morveux et moi à Roissy. Nous nous envolions pour Athènes.
Les vingt dernières bornes, je passe en terre inconnue. Sur le siège passager, la carte vole au vent, pas de GPS dans la voiture. En revanche, j'ai la radio : Alexis Tsipras convoque un referendum pour le 5 juillet. L'air est soudain plus léger dans l'habitacle. Tsipras, c'est Prométhée qui refuserait de se laisser dévorer le foie jusqu'à la fin des temps.

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Athènes, mai 2015

Dimanche 5 juillet, les Grecs ont dit "oxi" au plan d'austérité des vautours européens. Ça nous avait étonnés mon morveux et moi. Que les Grecs disent "oxi" pour dire "non" et  pour dire "oui" disent "nai". On s'emmêlait un peu les pédales quand on voulait répondre en grec.
Cet "oxi" fait dérailler un système que les créanciers pensaient bien huilé. Cet "oxi" est un premier domino qui va en entraîner bien d'autres. Cet "oxi" est la fin d'un système.

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Athènes, mai 2015

Lundi 6 juillet, premier jour des vacances. Je troque voiture sans options contre VTC. Entendez par là Voiture de Transport avec Chauffeur Vélo Tout Chemin. Direction la côte normande avec A. et N., deux fous du guidon, pour le plaisir de dérouler nos roues sur les routes.
Louviers - Dieppe, via Forges-les-Eaux : 110 bornes, sous la canicule, loin des bruits du monde. A., la carte sur sa sacoche avant, est notre GPS. 
J'éprouve de la tendresse pour chacun des kilomètres qui successivement reçoit nos coups de savate ou de pompe, nos discussions à bâton rompu ou nos pensées silencieuses. Je laisse mon esprit divaguer sur les dernières semaines : le jardin des possibles qui est redevenu lieu de partage, le spectacle vu à Vivacité, Marée Basse - deux comparses, hantés par le passé qui jouent avec le danger pour se persuader qu’ils sont bien vivants - de la compagnie Sacekripa. Ca s'écrit pas, ça s'écrie dans ma tête, tour de roue après tour de roue.
Nous finissons tard dans la nuit et la ligne d'horizon est notre ligne d'arrivée. Nous trouvons bien mieux que les galets de la plage comme matelas : une dizaine de planches de chêne devant le poste de secours reçoit nos corps fourbus, nous improvisons des oreillers avec nos sacoches et une couverture avec la voute étoilée.

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Nous nous laissons bercer par la marée montante sans demander notre reste.

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Le lendemain, au tout petit matin, le ciel est flamboyances exacerbées et mouvances sur palette de rouge, orange et violet.
Plus tard dans la matinée, le front de mer était à nouveau tiré au cordeau : de la ligne d'horizon à la ligne de notre matelas en passant par la ligne de galets.

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 Nous avons pris la route du retour en passant par le cimetière marin de Varengeville.

 

dimanche, 28 juin 2015

L'avoir dans l'os

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Athènes, mai 2015

Nos cédilles et nos censures
nos cénures et nos cérambyx
nos certainement et nos cependant
nos cessez-le-feu et nos c'est-à-dire
innocemment
nous croyons partir en noces
ostensiblement
nous partons en os

dimanche, 14 juin 2015

Pentsiki Vasiliki, 1922-1943

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Athènes, mai 2015

Que restera-t-il de vous après le dernier grand saut ? Le béton d'une tombe, la poussière des os claquemurée entre les planches, une épitaphe inspirée peut-être et deux dates assurément puisque toute vie inéluctablement se retrouve coincée entre deux dates. Et puis l'oubli, quand le dernier à se souvenir de vous se laissera happer à son tour par le grand saut.
Il y a ceux aussi qui n'ont même pas connu les deux dates imprimées sur la pierre; accélération de la transformation en poussière et en cendre dans un camp d'extermination. Le seul numéro d'un matricule pour contrer le néant.
Enfin il y a ceux qui, morts dans un camp ou sur le champ de bataille, croisent longtemps après un écrivain. La Dora Bruder de Patrick Modiano, Le voyant de Jérôme Garcin ou le Jacob Jacob de Valérie Zenatti.

Au musée juif d'Athènes, je pensais à tout cela devant la carte d'identité d'une jeune femme, Pentsiki Vasiliki, fille de Ioannes et Sophia.

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Dans ce regard encadré de deux tresses se dresse quelque chose d'effronté qui, du haut de ses vingt-et-un an, semble faire la nique à l'année 43. Elle vivait au 11 rue Spefsipou, dans le quartier Kolonaki, au pied de la colline de Lycabette.

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11 rue Spefsipou, mai 2015

Au siècle dernier, le quartier de Kolonaki, avec ses rues à forte pente et éloigné du centre ville, ne devait pas avoir l'aspect huppé qu'il a aujourd'hui. J'aime à penser que les parents de Pentsiki y tenaient un modeste atelier de couture. Que le soir venu, après le passage du dernier client, ils ressortaient quelques coupons soyeux qu'ils n'avaient pas voulu vendre parce qu'un jour prochain ils les transformeraient en robe de mariée pour leur fille. J'aime à penser que Pentsiki était bien trop vagabonde en son corps pour accepter de s'établir avec un des partis que ses parents s'obstinaient à inviter pour shabbat.
J'aime à penser que le jour où ils sont venus arrêter Pentsiki, elle s'était levée tôt le matin et avait eu le temps de natter ses cheveux. Qu'elle avait ainsi fait la nique jusqu'au dernier moment aux molosses qui aboyaient leurs ordres, au wagon à bestiaux, aux ciseaux qui avaient fait leur sale ouvrage pour faciliter celui de la tondeuse.
J'aime à penser qu'un jour un écrivain réinventera l'existence de Pentsiki Vasiliki, fille de Ioannes et Sophia, née en 1922.

dimanche, 31 mai 2015

Res Publica

Res publica.jpgDessin de Plantu, Le Monde du 29 mai

C'est justement parce que rares sont ceux qui sont encore capables de dire que le mot "république" vient du latin Res Publica , "la chose publique", qu'un parti peut décider de s'autoproclamer Les Républicains sans que personne ne réagisse. S'ils sont les Républicains, les autres sont quoi alors?
On aurait aimé lire quelque post-scriptum du P.S. qui est actuellement bien trop occupé à virer le latin des programmes de collège.

samedi, 25 avril 2015

Mare nostrum

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De retour d'une semaine en Italie avec mes latinistes, je m'apprête à partir à Athènes avec mon morveux. De la Méditerranée à la Méditerranée, en passant par la côte normande.
Mare nostrum disaient les Romains, notre mer.
Bientôt, les collégiens ne comprendront plus cette expression puisque le Latin et le Grec vont être envoyés ad Patres. Ainsi en a décidé Najat Vallaud-Belkacem. Ainsi en ont décidé de pseudo-pédagogues qui n'ont de souvenirs du cours de latin que ce qu'ils ont eux-mêmes vécu, il y a au moins quatre décennies. Qu'ils sachent que ma salle de cours leur est grande ouverte s'ils désirent dépoussiérer leur mémoire.
Mare nostrum disaient les Romains, notre mer.
"Mare nostro che non sei nei cieli", dit Erri de Luca.
Aujourd'hui elle est un cimetière marin. Y meurent ceux qui ont quitté les côtes de la Lybie pour échapper à une mort certaine. Ont-ils dit, avant de monter sur une embarcation de mauvaise fortune, "Alea jacta est" ?

samedi, 21 mars 2015

Arracher la joie aux jours qui filent

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Jeudi, nous étions en plein coeur du Printemps des poètes. La journée s'ouvrait avec mes biobios et un cours consacré à la création du monde, version biblique. Entre le 5ème et le 6ème jour, la porte s'est ouverte. Un couple est entré, costume noir et foulard orange. Tout s'est soudain figé dans la salle. La Femme s'est avancée au milieu de ce silence et a offert un premier poème. Mes biobios ont souri : ils étaient soudain spectateurs d'un BIP - Brigade d'Intervention Poétique - eux qui avaient, à deux reprises depuis le début de l'année, pratiqué cet exercice, les mains tremblantes - M'dame, on n'y arrivera pas! - le coeur battant et le regard lumineux - Quand est-ce qu'on recommence?

Puis ce fut au tour de l'Homme de s'avancer, fixant mes élèves un à un avec les vers d'un poème de Francis Combes qui leur correspondait si bien. 

Vous les tomates qui n’avez jamais vu la terre
Vous les poissons qui n’avez jamais vu la mer
Vous les salades qui poussez dans l’eau et la fibre de verre
Vous les saumons qui n’avez jamais remonté de rivière
Et n’avez pas connu la joie d’étinceler dans l’écume
     et la lumière
Vous les poulets élevés en batterie qui n’avez jamais connu
     l’air libre
Jamais vu le soleil, jamais couru dans l’herbe
Vous les bananes, vous les avocats, vous les melons
Prématurés arrachés à votre famille et mis à mûrir
     loin de chez vous
Dans des hangars sous des rayons
Vous les crevettes qui n’avez jamais fréquenté les grands
     fonds
Et ne connaissez que l’eau du robinet
Vous tous, produits conditionnés de la grande distribution,

Révoltez-vous !
Rompez les rangs !
Formez un syndicat et faites valoir vos revendications !
Refusez d’être enfermés, déportés, calibrés !
Refusez le dopage, refusez de vous faire piquer
     et regonfler
À coups d’hormones, d’OGM et d’anabolisants !
Dénoncez les cadences infernales !
Réclamez ce qui vous est dû, exigez d’avoir le temps
Et les moyens d’une vraie formation initiale !
À bas l’esclavage moderne !
Luttez pour votre dignité !
Pour des conditions de vie et de travail normales !
Faites la grève pour vous offrir
Des vacances à la mer
Un voyage auprès des vôtres en Espagne
Une randonnée sportive dans un torrent écossais
Un séjour, tous frais payés, dans une mer profonde
Au large d’une plage du Sénégal.
Exigez le temps de vivre, de grandir et de mûrir.
Et soyez certains que nous autres les humains
Nous serons solidaires de votre combat. 

Parvenu au dernier vers, l'Homme leur a demandé : et vous, vous connaissez des poèmes?
Ca a fusé de tous les coins, chacun prenant le relai du précédent, le torse bombé : Oui, M'sieur, nous aussi, on a fait des BIP ! La première fois avec des Fables ! La deuxième avec La terre qui ne voulait plus tourner de Françoise du Chaxel !
La Femme : vous nous en récitez un ?
Toutes les têtes, sauf une, sont rentrées dans les épaules comme autant de tortues apeurées : euh, non, on s'en souvient plus. C'est dommage, on ne peut même pas vous les lire ! Ils sont tous dans le premier cahier de français, là on vient de commencer le second. Vous auriez dû venir la semaine dernière !
Dans cette joyeuse débandade, S. qui a toujours le regard pétillant malgré tous les sales coups que la vie lui a réservés, S. a dit : moi, je me souviens des premiers vers. Et elle s'est lancée, seule, avec audace :

 

Elle tournait, tournait, tournait,

Depuis des siècles la Terre

Tournait sur elle-même
Comme une danseuse

Tournait autour du soleil

Comme une amoureuse

 

Soudain un, puis deux puis trois l'ont rejointe dans un murmure surgi des tréfonds de leur mémoire


Sans bruit, sans histoire

Si paisible, si polie

Si fière, si forte
Si douce, Si docile
Si rassurante

 

Le choeur s'est peu à peu agrandi. La rumeur jaillie de la terre a pris de l'ampleur. Ce n'était plus quatre mais vingt-deux voix qui se dressaient en un même rythme 

 
Pendant ce temps
Les hommes

Défrichent
Creusent
Gaspillent
Incendient
Mutilent
Se font la guerre
Puis la négligent

 

De les voir tous emportés par un même élan poétique, je vous promets que chacun des poils de mon corps s'est dressé. Appelons cela la chair de poule mais ça ne dira pas l'émotion qui fut la mienne. La Femme et l'Homme les regardaient abasourdis.

 

S’intéressent à la Lune

La trouvent
Trop grise
Trop laide

Trop froide
Reviennent sur Terre
Se font la guerre

Dévastent les forêts

Bouleversent les marées

Détournent les rivières

Epuisent le sol
Souillent les fleuves

Enfument le ciel
Se font la guerre
Font n’importe quoi

En font tant

Que la Terre se fâche

S’agite
Gronde
Menace
Hurle par ses tempêtes

Crache par ses volcans

Déchaîne ses océans

Puis un jour
S’arrête
Silencieuse
Immobile

Nous les avons applaudis, ils se sont applaudis, tout étonnés de ce qu'ils venaient de faire. Nous venions d'assister à une insurrection poétique...

mercredi, 04 mars 2015

Effréné

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Photo de Moucheron
Entre Vauville et Goury

Entre terre et mer
Le vent échevelé
sénestre et dextre
persévère
vers et revers
s'empresse
véhément svelte
et pêle-mêle
redresse mes pensées .

 

samedi, 31 janvier 2015

Fragments hétéroclites

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Contrainte de passer ce début de semaine sous la couette, agrippée par la grippe, j'ai vécu par intermittence. Quand je réussissais à m'extraire d'un état d'abattement, j'ai regardé, épisode après épisode, le documentaire de William Karel et Blanche Finger, Jusqu'au dernier, la destruction des juifs en Europe. Se remémorer cette terrifiante machine qui fait que l'impensable est un jour pensé, élaboré et exécuté froidement, découvrir aussi certains rouages effroyablement huilés par le silence de ceux qui n'ont pas voulu voir.

Jeudi, j'ai retrouvé l'énergie d'aller vivre à temps plein. C'est toujours une période mouvementée que la fin du mois de janvier dans les collèges et lycées. La DHG tombe et dans le collège lambda où je bosse - entendez par là qu'il n'est pas REP ou REP+ - l'équipe des profs tombe souvent des nues, même si notre surprise d'année en année a tendance à s'émousser. Une fois encore, la Dotation Horaire Globalisée est peau de chagrin : elle va nous contraindre à lâcher des projets, faute d'heures pour les mettre en place. Pourtant j'avais cru comprendre qu'après le chaos que nous venions de traverser, l'Education Nationale était devenue une priorité pour de vrai. J'y avais presque cru : depuis quelques semaines, les journaux télévisés, les matinales des radios, tous cherchaient avidement le prof à interviewer. Une fois le spécimen attrapé, ils le sommaient de répondre à cette question : avez-vous conscience de l'importance de votre mission?

Hier, après un dernier cours, j'ai traîné sur les réseaux. J'y ai glané deux hashtags  #Ahmed8ans et #PayeTonEcoleRaciste et le site du gouvernement Stop-Djihadisme : le numéro vert sur la page d'accueil, qui le composera? Des parents d'enfants embrigadés, en détresse, sans doute. Des hommes et des femmes qui soupçonnent leurs voisins musulmans d'être des djihadistes, peut-être.

Parvenue à cette dernière ligne, je devrais peut-être songer à changer le titre de mon billet.

 

dimanche, 18 janvier 2015

Par coeur

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Il faut bien un jour se décider à ouvrir un nouveau billet, mettre fin aux trois points de suspension. Tant a été dit, dessiné, écrit depuis le 7 janvier que je ne sais plus où trouver mes mots. Quand on n'a plus de voix, on dit aphone, et quand on n'a plus de mots, comment dit-on?
Peut-être les ai-je épuisés le 8 janvier quand toute la journée, heure après heure, ont défilé dans ma salle des élèves. Tous à coeur ouvert. Les accueillir avec douceur. On sait très bien que les mots prononcés à ce moment-là ont du poids. Faire basculer la balance du côté du dialogue et du respect. Faire barrage à la peur et à la haine. Inévitablement, il y a eu des amalgames. Au lieu de les faire remonter au ministère pour qu'ils deviennent pourcentages inquiétants, je les ai détricotés entre mes murs, patiemment. Quand le soir est venu, face à ma salle redevenue silencieuse, moi et mon coeur ouvert nous avons frissonné devant l'immensité de la tâche, engager inlassablement des mômes à s'inscrire dans le monde, dans le respect de soi et des autres.

jeudi, 08 janvier 2015

...

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mercredi, 07 janvier 2015

Morts d'avoir ri

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Douze hommes sont morts ce matin. D'avoir ri. Nous sommes tous choqués, indignés, en colère.
Face à une telle barbarie, il va falloir que nous puisions en nous une sacrée force pour ne pas laisser la peur ou la haine nous envahir. Surtout par les temps qui courent où les discours de haine s'attisent les uns, les autres...

lundi, 05 janvier 2015

Un homme est mort

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Un homme est mort hier...

samedi, 03 janvier 2015

Dragon dénué

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Hokusai, Dragon dans les nuées,
Musée Guimet, Photo Thierry Ollivier

Griffes effarouchées,
Corps rétracté dans la nuit,
Dragon, qu’as-tu vu ?

jeudi, 01 janvier 2015

Un rayon de miel

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J'ai laissé passer sous silence le solstice d'hiver mais je ne peux pas déroger à toutes les coutumes de ce blog. Voici donc en partage les voeux de l'Ours pour cette nouvelle année. Les fidèles de ce blog seront désolés de ne pas trouver une nouvelle péripétie des poules et du renard ou un découpage zoologique et chinois. Il se justifie ainsi : "Cette année les poules sont parties en vacances avec le renard , histoire de voir ce qu'était la réalité de  la maxime" le libéralisme c'est le renard dans le poulailler" affaire à suivre… Pour palier à cette absence un petit découpage pour l'an neuf,  fait par un mécréant: Caleb et Josué expédiés par Moïse en exploration du pays de Canaan, reviennent avec la grappe géante de ce pays fabuleux où coule le lait et le miel(attention où vous allez marcher!…)"
Que l'année soit douce comme le miel à ceux qui passent sur le rivage des îles indigo!

mercredi, 31 décembre 2014

Décalage

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Quasiment deux mois sans poser le pied sur mes îles. Deux mois aussi sans excursions sur vos blogs. Chose encore plus exceptionnelle: même le jour du solstice d'hiver n'a pas été fêté par son traditionnel billet, de ceux qui se moquent avec impertinence des festivités de fin d'année. Un automne tempétueux a fait place à l'hiver, dans le silence. Après le fracas des vagues qui ont malmené mon rivage, je reste toute étonnée. Me revient en mémoire cette phrase d'un sage japonais : "Jamais, depuis les temps anciens, personne n’a vu ni entendu dire que l’hiver s’était transformé en automne. Toujours il se transforme en printemps".

samedi, 08 novembre 2014

Modianesque

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La semaine dernière, quand je suis passée chez mes parents, rue Saint Séverin, un livre ouvert sur la tranche -position hautement sacrilège qui résumait à elle seule le chaos qui venait d'avoir lieu-  reposait sur la tablette de la bibliothèque. Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano. Etait-ce mon père qui l'avait abandonné là avant de s'absenter pour un nombre de jours incertains? Etait-ce ma mère qui l'avait posé là dans l'attente du retour de son lecteur? 
Modiano: justement j'en avais parlé avec G. quelques jours auparavant. Prix Nobel oblige. Il pensait que j'en étais une lectrice assidue. De lui, je ne savais que son apparition à Apostrophes en 1985. Les points de suspension placés entre chaque mot, les phrases non achevées. L'ado que j'étais à l'époque avait émis un jugement sans retour -du moins le croyait-elle- et à l'emporte-pièce : à quoi bon aller lire ses romans?
Avant de quitter Paris, j'ai acheté dans un kiosque de la gare Saint Lazare le hors-série que le magazine littéraire lui consacrait. Pour fixer mes pensées sur quelque chose qui leur serait extérieur, le temps du voyage, pour ne pas m'endormir après trois jours sans repos. Au fil des pages et des rails, j'ai découvert un auteur qui me renvoyait inévitablement à mon père.
Lundi, de la sacoche de G. dépassaient trois romans: Dora Bruder, Accident nocturne et De si braves garçons. Jeudi après-midi, dans un espace enfin libéré, j'ai ouvert Dora Bruder. Il y avait dans ces pages quelque chose de Georges Perec et Ernest Pignon-Ernest, tout à la fois. Arpenter des lieux -boulevard Ornano, rue Picpus- les interroger, eux qui ont englouti leur propre mémoire, les fixer au moment de l'écriture faute d'avoir pu les contraindre à révéler le secret de Dora Bruder. "On se dit qu'au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités. Empreinte: marque en creux ou en relief". Insérer dans l'entre deux ses propres années de jeunesse dans ces mêmes rues et boulevards. Superposition de plusieurs strates. 
Cet après-midi, je passerai à Quai des mômes commander le Quarto. J'en profiterai pour faire un saut à la poste pour envoyer à Colo le Pas pleurer de Lydie Salvayre.

09:41 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : modiano, dora bruder |  Facebook |

lundi, 27 octobre 2014

Rue des brumes

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Matinée de brumes
le houblon devient cimaise
d'une toile orbiculaire.

vendredi, 24 octobre 2014

S'acclimater à l'amnésie ?

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Mercredi, journée parisienne avec mon fils. Au programme, l'exposition "Tatoueurs, tatoués" au musée du Quai Branly. Cela faisait quelques semaines qu'il voulait m'y conduire. Faut dire qu'il attend avec patience sa majorité pour s'offrir quelque dessin indélébile sur la peau. 
L'exposition se veut une réflexion sur un phénomène mondialisé. On y a appris que dans les mondes orientaux, africains et océaniens -je me refuse à dire "sociétés primitives"- les tatouages ont un rôle social, religieux et mystique. Ils furent frappés d'infamie par les grands colonisateurs, porteurs de "civilisation". Au Quai Branly, on a vu des bras momifiés, des morceaux de peaux tendus aux quatre coins, tous tatoués. Exposition ou exhibition? Je me suis souvenue de ce jour où dans une allée du musée, j'avais croisé un descendant de Queequeg.
En sortant, nous avons longé les berges de la Seine puis sommes passés sur la rive droite. Le Grand Palais était en émoi: il allait ouvrir ses portes à la FIAC. J'explique à mon morveux en quoi consiste cette foire. Il me parle de la Fondation Vuitton qui doit ouvrir la semaine prochaine au bois de Boulogne. Il m'étonnera toujours, mon morveux, à mettre un point d'honneur à se tenir informé sur l'actualité politique, économique et culturelle. Dire que je ne savais même pas qu'une des premières fortunes de France s'était éprise de mécénat.
De retour à la Biquetterie, je suis allée voir cette histoire de plus près. Effectivement, sur l'ancien jardin d'acclimatation s'élève désormais un navire de verre. Qui se souviendra qu'en ce même lieu au XIXème siècle et jusqu'en 1931, on n'y acclimatait pas seulement des plantes exotiques, on y exposait surtout des zoos humains? Je convierais bien Ernest Pignon-Ernest à coller sur chacune des voiles de verres des géants de papier pour que notre mémoire collective ne s'acclimate pas à l'amnésie.

Profiter des vacances pour relire Cannibale de Didier Daeninckx.

samedi, 04 octobre 2014

Le 6ème jour

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Le 6ème jour, Compagnie L'Entreprise

Ce matin, je me suis levée en même temps que le lustre du jour. C'est le 6ème jour de la semaine, rien ne presse. Assise dehors, dos au mur, j'écoute cet instant d'automne qui porte en lui un curieux printemps. Mes pensées se faufilent vers le spectacle d'hier, le premier de la saison au Cirque Théâtre d'Elbeuf.
Décider d'en laisser une trace ici et avoir peur de tirer un faux fil. Bannir les adjectifs "superbe, magnifique, grandiose, émouvant" et douter de pouvoir trouver le mot juste pour autant.

Sur scène, une table massive aux pieds démesurés. Un clown-ange, ni homme ni femme, mais à coup sûr poème, y déballe sa sacoche: des pochettes et des pochettes pleines d'une conférence à venir. Mais au commencement, la parole n'est pas. Seul est le geste. Malhabile et maniaque tout à la fois. Aussitôt, des flots de rires surgissent que plus rien ne peut endiguer, si ce n'est la nécessité de reprendre son souffle.
Puis la voix du clown-ange s'élève, venue de loin, rauque et étonnée. Elle s'élance dans une lecture hésitante et jubilatoire du premier chapitre de la Genèse, jour après jour. Toute surprise de l'audace du gars -comprenez l'Eternel- qui s'est lancé dans une entreprise si démesurée. Jusqu'au 5ème jour, la voix achoppe inévitablement sur le verbe "constater". C'est donc en d'irrésistibles bégaiements et éructations que Dieu "constate" l'état d'avancement de sa création. Et on se dit que cela était bon.
Quand vient enfin le tour du 6ème jour, on sent bien que la machine pourrait s'emballer. Or ce n'est pas à un emballement qu'on assiste mais bien plus à un retour au tohu-bohu originel. Les papiers de la conférence prennent le feu et l'eau. L'homme ne sera jamais constaté...
Dans le public, le rire a cédé la place à l'émotion. Les uns et les autres, renvoyé à notre propre aventure humaine. Au moment de franchir le seuil de la salle, je me suis dit que c'était sans doute là que tout se jouait: avoir l'audace de "constater" jour après jour sa propre vie.

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dimanche, 28 septembre 2014

Ma parole

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Les coupeurs de tête s'imaginent-ils vraiment qu'ils réussiront à couper la parole?

vendredi, 29 août 2014

Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux

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Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ?

Hier, je suis passée voir le tenancier de Quai des Mômes. Je pensais que ce serait juste en coup de vent pour récupérer Oeuvres vives de Linda Lê que j'avais commandé quelques jours auparavant.
Je te mets ton livre dans un sac en plastique maïs bio qui pue? Est-ce que tu prends ta remise tout de suite? Il connaît la réponse aux deux questions. Jamais de sac en plastique même bio qui pue et je ne touche à ma remise qu'une fois qu'elle correspond au prix d'un livre. D'autres placent leur argent en bourse, moi je le place -modestement, soit- dans cette librairie.
Au fait -de faussement interrogatif, le ton du tenancier était devenu satisfait tout comme un pêcheur qui sait pertinemment qu'il va être d'une grande facilité d'attraper le poisson en lançant son hameçon à cet endroit-là de la rivière- j'ai reçu le dernier Bondoux! Je venais de franchir le seuil de la boutique, demi-tour instantané. Anne-Laure Bondoux, c'est Les larmes de l'assassin, c'est Pépites, c'est Le temps des miracles, c'est l'un des quatre romanciers de littérature jeunesse, avec Cécile Roumiguière, Jean-Claude Mourlevat et Xavier-Laurent Petit que je suis sans failles. Et le bougre, sans decorum aucun, m'annonce ça comme ça: j'ai reçu le dernier Bondoux, Tant que nous sommes vivants. Mais pour l'instant je ne peux pas te le vendre, précise-t-il, il ne sort qu'à la fin du mois. Vivant, il ne va pas le rester longtemps s'il continue à jouer ainsi avec mes nerfs. Mon ombre pourrait bien prendre l'apparence d'une louve aux babines retroussées. Lui, nullement impressionné, a plongé sa main sous son comptoir, avec nonchalance, comme pour accomplir quelque geste sans importance et en a sorti son specimen de Tant que nous sommes vivants: tiens je te le prête! Si j'avais eu l'agilité d'une gymnaste russe, j'aurais pris appui sur son comptoir comme sur une poutre et lui aurait flanqué deux bises, une sur chaque joue.
Des vingt-quatre heures qui ont suivi, je ne sais qu'une chose: j'ai lu. J'ai lu jusque tard dans la nuit, m'y suis remise bien avant le lever du jour. Je me suis interrompue toute la matinée -accueil des stagiaires à l'ESPE oblige- j'avais même mis mon livre dans mon sac au cas où. A peine rentrée, je m'y suis replongée. J'ai lu jusqu'à la dernière page l'histoire de Bo et Hama, celle de Vigg et Tsell, leur longue errance qui devient quête, l'aller des uns, le retour des autres, entre visible et invisible, en ce monde où les contraires sont indissociables.
Quel roman!, ai-je écrit au tenancier du Quai des Mômes.

 

mercredi, 27 août 2014

Question de principe

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L'été dernier, nous avions fait crépiter la moitié de la façade de la Biquetterie. Nous promettant de nous y remettre avant que les jours froids ne reviennent. Promesse de cigales. L'automne, l'hiver et même le printemps sont passés sans que nous ne nous en soucions. En août, entre un retour des Cévennes et un départ vers les Cévennes, trois jours se sont imposés. Disons que j'ai tellement tanné M. que nous avons fini par ressortir l'échafaudage, les marteaux, les maillets, des gants, la chaux et le sable.
Le décrépitage d'une façade nécessite d'avoir à portée de remorque une déchèterie. En période estivale, ces lieux, en proportion de leur surface, sont tout aussi fréquentés que les plages. C'est là un va-et-vient incessant, longue procession sur la rampe d'accès aux bennes. Pour tromper le temps d'attente, on regarde. Les coffres s'ouvrir, les bâches virevolter. Que jettent donc les quidams dans des déchèteries? La logique étymologique répondrait de toute évidence: des déchets, à savoir « la quantité qui est perdue dans l'emploi d'un produit ». Détrompez-vous, d'à peine héritiers y balancent le contenu de la maison de la grand-mère qu'il faut bien vider -table, chaises, canapé, napperons, ustensiles de cuisine, boîte à couture, cadres de photos avec leurs photos, linge de maison- un apprenti jardinier qui ne possède pas de cheminée -ce qui n'est pas le cas de son voisin- y enfourne le chêne débité dans l'après-midi. En un week-end, il y aurait de quoi aménager et chauffer plusieurs logements, ne serait-ce qu'en venant se servir. Vol condamné par la loi.
Lors de notre dernier accès aux bennes, une femme a ouvert son coffre et en a sorti trois superbes grosses bonbonnes en verre -bonbonnes que je suis en mesure de nommer "dame-jeanne" après le passage d'Yves dans les commentaires. On les récupère, a lancé M. Avant qu'elles n'atterrissent dans les encombrants, avant que nous ne tombions sous le coup de la loi.
Faut préciser qu'en juillet, au festival Rêves de nuit, j'avais été subjuguée par le théâtre performance de Nico, Au coeur de la nuit: perché sur un vélo, il pédalait. Pour éclairer les loupiotes dans des dame-jeanne qui traçaient un chemin dans l'obscurité, jusqu'en contrebas, à flanc de colline. Pour éclairer l'arbre sur lequel il avait juché son vélo. A chaque tour de pédale, la chaîne grinçait et lui, remontait le long de sa mémoire, loin au-dessus de nous. Au coeur de la nuit, les souvenirs s'imposent de façon désordonnée ou bien avec une logique qu'eux-seuls connaissent. Quand son visage se crispait, on ne savait plus si c'était parce que les images qu'il réveillait étaient encore trop à fleur de peau ou parce que l'effort physique l'épuisait.
Depuis ce soir-là, je me suis mise à rêver d'un chemin de verre lumineux dans le jardin de la Biquetterie, jusqu'au cerisier de Montmorency. Pour l'instant, l'arbre est trop jeune pour supporter le poids d'un vélo et pas assez haut. Mais plus tard, j'aimerais bien y remonter le fil de mes souvenirs, au creux d'une nuit.
On les récupère, a lancé M. La femme, une dame-jeanne dans chaque main, s'apprêtait à commettre l'irréparable. Elle a suspendu son geste, nous a fixées, hautaine dans son bermuda bleu, son polo rose et ses chaussures de sport qui n'avaient pas été conçues pour s'adonner à la moindre activité sportive. Certainement pas, s'est-elle offusquée, question de principe! Joignant le geste à la parole, elle les a jetées avec assez de rage dans la benne pour qu'elles explosassent en mille éclats. J'en suis restée bouche bée. De quel principe s'agissait-il donc là?
Le gardien, après son départ, a rattrapée la dernière dame-jeanne qu'il avait placée délicatement en équilibre pour qu'elle ne s'ébréchât pas. Il nous l'a tendue, l'air malicieux. Dessus était écrit, au feutre noir, Pépère.
Depuis, elle trône, dans le jardin, entre capucines et misères. Elle attend le coeur d'une nuit.

 

mardi, 26 août 2014

De là à en rire...

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Tri dans les photos de l'année, cet aprèm'. N'ai pas beaucoup écrit cet été. N'ai pas du tout écrit. Presque.
Je cherche celle qui ferait pétiller à nouveau mon clavier. Préambule avec cette photo de Cartier Bresson, photographiée lors de la rétrospective à Beaubourg en février.
La pancarte inévitablement fait écho à la crise politique en France, aujourd'hui. A ceci près, que les botteurs de culs -Montebourg, Hamon et Filipetti- viennent de prendre la porte. Ils vont devoir jouer de la fronde, désormais.
Envisager de relire Les Mémoires du Cardinal de Retz. Pour l'heure, poursuivre la lecture de Pas pleurer de Lydie Salvayre.

mercredi, 09 juillet 2014

Littoral littéraire (4)

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C'est l'ombre de la palissade des Roches Noires.
C'est du noir entre deux avancées de lumière. Et le sable en-dessous.

samedi, 05 juillet 2014

Florilège

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L'année est sur le point de se refermer. Les cours sont terminés, les bilans des projets rédigés, mon casier vidé; les murs de ma salle, après avoir été dénudés pour le Brevet, sont à nouveau recouverts d'affiches. Reste le projet Littoral Littéraire. J'attends que M. ait fini de corriger ses copies de Bac pour que nous puissions y consacrer un peu de temps. Au moins finaliser le travail autour de Trouville. Pour me faire patienter, elle m'envoie des perles de copies qui ont planché sur Crépuscule de Victor Hugo:

Version hommage aux grands hommes

En ce qui concerne Victor Hugo né en 1802 et malheureusement mort en 1885 on peut dire qu’il est à l’âme de la littérature française avec tous le respect que j’ai pour les autres grands poètes/écrivains.

Version Raubin des bois  

Victor Hugo est un auteur du XIXe siècle très connut pour ces oeuvres tel que « Les Misérables » ou « Aubin dès l’Aube »…. 

Version passé compliqué et accent circonflexe

Il perdît beaucoup de proche dont sa fille, ce qui l’affectât énormément, mais il gardit la tête haute et devînt un grand hômme politique. Il remportât plusieurs prix et écrit plusieurs textes ayant beaucoup de succès comme « Les misérables » ou bien encore « Quasimodo ».

Version vitaminée

« C’est le mois où les fraises sont mûres » rend une image positif car les fraises rends de bonne humeur grâce à sa couleur…

Version travaux pratiques

De plus l’utilisation de l’expression « Lèvre, cherche la bouche » l’auteur veux nous montrer, nous explique comment faire. 

Version vie mode d'emploi
« Lèvre, cherche la bouche » fait référence au bisous sur la bouche que font deux personnes en couples, puis « Aimez-vous ! La nuit tombe ! » fait référence a ce que font deux personnes en couple le soir dans le lit. Victor Hugo fait aussi référence a la grossesse de la femme : « aimez-vous ! C’est le mois où les fraises sont mûres » car lorsque des femmes sont enceintes elles ont une envie particulière de manger des fraises.

Version perverse (ou altruiste ?)

La tombe, elle, n’est plus apte d’aimer, elle jette son dévolu sur la petite herbe pour qu’elle profite de sa vie.

Sont-ce ces mêmes lycéens qui ont posté à l'issue de l'épreuve -ô combien douloureuse- des twits rageurs, conseillant à Victor Hugo de fumer son brin d'herbe ou de se le carrer dans le séant?
Penser à faire découvrir à mes collégiens l'année prochaines Les Misérables...