Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 14 juin 2013

Evidence étiologique

P1060899.jpg

A une semaine de l'été, vous vous demandez encore où est passé le printemps. Explication.
Hier matin, 9h30, je me poste dans le couloir qui longe ma salle pour accueillir mes biobios de 6ème. J'aime ce rituel, les saluer l'un après l'autre -le pas encore réveillé, l'enthousiaste, le qui traîne ses baskets pas lacées, la sérieuse, le qui déborde déjà d'énergie, la souriante, le grincheux- avant d'embarquer pour deux heures de cours. Y. s'est placé le dernier de cet hétéroclite défilé. Le cheveu est en bataille ou plus exactement en débandade, le regard d'habitude malicieux derriere les lunettes prendrait bien la poudre d'escampette. Madame, hier mes parents ne se sont pas mis d'accord pour savoir chez qui j'allais dormir. J'ai passé la nuit chez ma grand-mère et je n'ai pas mes affaires. Je ne sais pas à quel supplice- celui de Tantale ou de Sisyphe- il pensait que j'allais le condamner. Je l'invite à entrer et à s'organiser avec son binôme.

300px-Persephone_Hades_BM_Vase_E82-1.jpg

Au programme du jour, nous poursuivons notre découverte des Métamorphoses d'Ovide avec le mythe de Déméter qui hurle son désespoir depuis que sa fille Perséphone a disparu, enlevée par le dieu infernal, Hadès. Elle affame la Terre comme dernier recours devant l'insupportable. Zeus est contraint d'arbitrer pour retrouver le calme. L'arbitrage est frileux: il ne peut remonter l'enfant à la surface; elle a mangé sept grains de grenade sur les rives du Styx. Elle passera donc six mois dans les entrailles de la Terre -l'automne et l'hiver- et six mois auprès de sa mère -le printemps et l'été.
Dehors, une pluie incessante frappe les carreaux et l'horizon est imperturbablement gris. Le mythe fait réagir: que fabrique donc Perséphone cette année? Aurait-elle oublié de remonter? Il n'en faut pas plus à Y. pour retrouver toute sa malice et s'exclamer: votre Perséphone, elle a décidé de rester aux Enfers; elle en a ras-le-peplos de la garde alternée.

dimanche, 02 juin 2013

Le monde qui vient

P1080760.jpg

Petit matin enfin printanier. Rondeurs du jour. Café pris sous le premier rayon de soleil tombé non loin du cerisier de Montmorency. Je parcours mon carnet Etonnants Voyageurs. Série de notes éparses depuis quatre ans. Cette interrogation toujours recommencée autour des pouvoirs de la littérature à dire et à changer le monde.

P1080761.jpg

Penser à dire à l'Ours que la dernière page est noircie d'une pensée d'Atiq Rahimi. "En changeant du monde nous finirons bien par changer le monde. La littérature est le pouvoir des mots contre les mots du pouvoir, aujourd’hui plus que jamais on a besoin de la littérature parce que toutes les idéologies n’ont su défendre ou changer le monde."
Lui suggérer de me préparer un nouveau carnet pour 2014...

mercredi, 29 mai 2013

Vapotage et pierre de patience ou comment conclure sur Etonnants Voyageurs

1057535-affiche-du-film-620x0-1.jpg

Etonnants voyageurs, Lundi 20 mai, après-midi, cinéma Le Vauban, "Dire la guerre"
Après deux jours de festival, nous savions que si nous voulions avoir l'assurance d'assister à cette rencontre autour de Syngué Sabour en présence d'Atik Rahimi, il fallait renoncer à toute tentation de fin de matinée, entamer le pique-nique et la file d'attente dans un même élan joyeux, dès midi. Pour poursuivre la rencontre du matin "Croire en l'histoire", j'ai lu, assise à même le sol, La chambre de veille de François Hartog. Rapidement le hall d'attente s'est révélé trop étroit.
Dans la salle de cinéma, l'éclairage intimiste empêchait toute tentative de lecture. Pour veiller une deuxième heure, j'ai observé mes voisins, les qui parlent fort, les qui trouvent l'attente longue, les qui se plaignent des bourrasques de vent, les qui supportent les précédents en silence et surtout les qui mériteraient qu'on leur ponde une loi rien que pour eux: deux gougnafiers, père et fils -l'un fumeur repenti et l'autre trop jeune pour avoir besoin de se sevrer ou alors de sa tétine ou du sein maternel- ont sorti leur cigarette électronique et se sont mis à tirer là-dessus -j'ai appris ce matin que cela s'appelait "vapoter"- tout en cherchant à imprimer à leur visage la sagesse du vieux marin aguerri qui enfin s'octroie quelque indicible plaisir en fumant sa pipe. J'ai bien failli combattre les volutes au caramel ou à la fraise par quelque fleur de pays, parole de fumeuse.
Tout cela me ferait presque perdre le fil de mon billet. Syngué Sabour, donc. Le roman m'avait profondément marquée et je me méfie toujours de ces adaptations pour le grand écran: elles touchent à mon cinéma intérieur, pire encore, elles l'effacent irrémédiablement. Celle-là fera exception. Peut-être parce que, dans ce cas-là, le réalisateur est aussi l'écrivain, et qu'il avait conscience que le second devait trahir le premier pour pouvoir relever le défi. 
 

dimanche, 26 mai 2013

Etonnants Voyageurs (4)

P1050769.jpg

Etonnants voyageurs, Lundi 20 mai, salle Mauperthuis, "L'avenir du roman"

"Si tout n'est pas signe et système de signes, il y a de l'indicible. Et c'est même parce qu'il y a de l'indicible qu'il y a littérature. C'est parce qu'il y a indicible qu'il y a humanité, qu'il y a accueil de l'Autre. Si tout était dicible, transparent, échangeable, tout serait dit depuis longtemps et nous n'en ferions pas tant d'histoires. Mais justement, les histoires, nous n'arrêtons pas, en tout lieu, dans toutes les cultures, depuis le commencement des temps d'en raconter, d'en écrire avec une telle obstination qu'il faut bien supposer à cette manie quelque impérieuse nécessité. Pour approcher l'indicible, le faire affleurer, nous reconduire à son mystère, nous sommes, pour reprendre la belle expression de Nancy Huston, une espèce affabulatrice.
Ne craignons pas d'affirmer que le poème en nous, le foisonnement de nos fictions est ce qui nous reconduit à l'essentiel dans le chaos des temps présents"
C'est par ces mots que Michel Le Bris a ouvert la conférence "L'avenir du roman".  L'intégralité de la conférence est ici.


vendredi, 24 mai 2013

Etonnants Voyageurs (3)

P1050758.jpg


Etonnants voyageurs, samedi 18 mai, après-midi,"Les écrivains contre la censure"

Censure: du lat. censura, charge du censeur à Rome, puis jugement sévère.
Il y avait foule pour cette rencontre. Ce n'était pas une table ronde mais l'expérimentation d'une nouvelle disposition: seul Boualem Sansal se tenait sur l'estrade et dans le public une vingtaine d'auteurs était prête à intervenir sur le thème de la censure.
Force est d'admettre que pour les auteurs originaires d'un pays soumis à la censure, il fut simple de témoigner. Restaient les autres qui eux-aussi voulaient avoir voix au chapitre. Sorj Chalandon s'est lancé dans un développement sur l'auto-censure journalistique, ne surtout pas laisser parler ses émotions dans ses articles même lorsqu'il se trouve sur un front de guerre. Serge Bramly a vanté les bienfaits de la censure en France qui a le mérite de montrer les barrières à transgresser.
Tout cela a fini par faire réagir Atik Rahimi, sans doute sa pierre de patience avait atteint ses limites: "chez moi, tout le monde se bat pour ce qu'il ne possède pas alors qu'ici on se plaint de cette liberté..."

Le texte d'ouverture de Boualem Sansal
L'intégralité de la rencontre

mercredi, 22 mai 2013

Etonnants Voyageurs (2)

affiche2-c6990.jpg

Etonnants voyageurs, samedi 18 mai, matinée
A peine le programme des trois jours en main et déjà cette frustration toujours recommencée, année après année: impossible d'être à la fois au Palais du Grand Large et dans une des salles intra muros. Ne pas penser à tout ce qu'on ne pourra pas voir, entendre; se décider pour un lieu.

Théâtre Chateaubriand, Regards sur la guerre
Je renonce donc à ouvrir le festival avec une table ronde et littéraire et m'engouffre dans deux documentaires.
Cinq caméras brisées
s'ouvre sur cette constatation amère du palestinien Emad Burnat: son premier fils est né en 1995 avec les accords d'Oslo, son dernier fils, en 2005 dans des temps d'incertitude -indécent euphémisme. Alors il filme. Il filme son fils qui grandit, son village, Bil'in, qui rapetisse, le mur qui s'élève pour protéger la colonie juive voisine, ses oliviers qui brûlent, la révolte des uns et la vie qui se fraye malgré tout un chemin. Il filme pour transformer sa colère en quelque chose d'utile. Cinq caméras plus loin -toutes ont été brisées par des soldats israéliens- cette certitude: il filme pour guérir de ses blessures.

Irak, l'ombre de la guerre d'Anne Nivat : je retiens de ce documentaire un plan sur l'Euphrate dans la douceur poussiéreuse d'une fin de journée. Au milieu, un homme nage à contre-courant. Pour le reste -qu'est devenu l'Irak, dix-huit mois après le départ des Américains, grands importateurs de démocratie devant l'Eternel?-  l'omniprésence de la réalisatrice à l'écran et sa voix-off en continu sont autant d'ombres portées sur ceux qu'elle interroge. Une heure plus loin, cette pensée d'un Irakien: l'Inde a eu Gandhi, l'Afrique du Sud, Mandela et l'Amérique, Martin Luther King. Lui attend un Gandhi-Mandela-King pour le Proche-Orient... 

mardi, 21 mai 2013

Etonnants Voyageurs

artoff11179-ce96a.png

Quitter la Bretagne cette nuit à 3h , arriver en Normandie à 6h, se pointer au collège à 8h. Ne plus être tout à fait sûre d'avoir passé trois jours à St Malo pour le festival Etonnants Voyageurs. Profiter d'une heure de trou pour venir au moins l'écrire ici. A suivre...

dimanche, 12 mai 2013

Incertitude

P1080743.jpg

Contraint de voir la vie en rose, le réverbère, à l'heure du crépuscule, réussira-t-il à broyer du noir en quelque rêve amer?

dimanche, 05 mai 2013

Les mauvaises gens

les-mauvaises-gens-copie-1.jpg

Hier après-midi, j'ai sorti le hamac, ai enfilé deux pulls et une grosse paire de chaussettes; sous un ciel gris, je m'y suis installée: l'espace était parfait pour lire un Davodeau en noir et blanc.

Ca se passe dans les Mauges, région traditionnaliste coinçée entre église et usine -certains historiens mal intentionnés prétendent que ce nom serait la contraction de "mauvaises gens".
Ca s'ouvre avec une scène de liesse au moment de la libération et se referme sur la joie de mai 81: entre les deux, Davodeau retrace le parcours d'un homme et une femme, syndicalistes et militants ouvriers, ses parents; il n'hésite pas à se mettre en scène, les mains et le crayon dans cette matière familiale qu'il fait remonter à la surface.

Je suis de la même génération que Davodeau. J'ai grandi, non loin de Paris, dans une ville royaliste coincée entre église et église. J'y ai poussé comme une mauvaise herbe qui cherche la tangente au milieu d'allées rectilignes. Je me souviens de la consternation paternelle quand Mitterand est devenu président.

Autant dire qu'en refermant Les mauvaises gens, je me suis sentie plus proche de cette enfance-là que de la mienne.

Parcours davaudien sur les îles indigo

 

samedi, 04 mai 2013

Transformons nos territoires en immense potager!

P1080726.jpg

Ce jour-là, la cinémathèque de Paris et son expo Jacques Demy n'ouvraient qu'à midi. Du temps à improviser qui m'a conduit tout droit dans un espace improbable et renversant: le parc de Bercy et sa maison du jardinage. Y glaner une heure et laisser là-bas la file d'attente s'allonger.
Aujourd'hui, les Colibris appellent à multiplier ces espaces improbables dans les rues de nos villes.

mardi, 30 avril 2013

Petite poucette

petite-poucette-Michel-Serres.jpg

Ce dernier essai de Michel Serres, Francesco m'en avait conseillé la lecture alors que je lui avouais mon désarroi face à une éducation nationale qui ne perçoit pas l'enjeu de ce qui est en train de se jouer. Alors que tout est en accès libre sur la toile, il devient urgent de revoir notre position face au savoir. Nous rendre compte qu'il serait bien plus vital d'apprendre à apprendre à ces jeunes qui nous sont confiés. Les aider à exercer un regard critique. Michel Serres les appelle Petite Poucette, baptisés ainsi pour leur capacité à envoyer des SMS avec leur pouce. Il les évoque avec confiance, persuadé qu'ils réinventeront une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître.
Il faut lire de toute urgence ces quelques pages, ne serait-ce que pour suspendre nos jugements hâtifs sur petit poucet et petite poucette.
Boni:l'article de Libé "Petite poucette, génération mutante" et l'émission 3D journal consacré à l'université du XXIème siècle.

mardi, 23 avril 2013

Mémoires

P1080661.jpg

Mémoire: n.f. du latin memor, oris "qui se souvient"

Ai vu hier un film splendide que j'avais trouvé sous L'Arbre à Palabres: Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman. Dans le coin le plus aride de notre planète bleue, le désert d'Atacama, des astronomes scrutent un ciel transparent pour retrouver l'histoire intacte de nos origines. Le calcium présent dans les étoiles est identique à celui qui structure notre squelette, apparu après le bing-bang.
Au pied des observatoires, des Chiliennes, inlassablement, cassent la croûte de sable, à la recherche de leurs proches disparus sous la dictature de Pinochet: la sécheresse du désert a momifié les restes humains. La quête de ces femmes n'a jamais croisé celle des astronomes.
Le film se referme sur ces mots: "Je suis convaincu que la mémoire a une force de gravité. Elle nous attire toujours. Ceux qui ont une mémoire peuvent vivre dans le fragile temps présent. Ceux qui n'en ont pas ne vivent nulle part."

Ai lu hier que le C.A.P.E.S. de Lettres Classiques venait d'être rayé des concours de l'Education Nationale. Enterré, envoyé ad patres. Allez donc lire ou relire la juste colère d'une douzaine de membres du jury sur le site du Monde: Langues anciennes, cibles émouvantes. Qu'ils ne s'inquiètent pas trop cependant: les fossoyeurs du ministère ont oublié que la mémoire a une force de gravité. Elle nous attire toujours...

lundi, 22 avril 2013

Métaphore pour tous.

pour tous.jpg

Lundi, veille du mardi 23 avril.
Leur enclave est bien cadrée, bien gardée, disent-ils. Mais tout bas, on riT. Il suffit de prendre un peu de recul.

pour tous 2.jpg

samedi, 20 avril 2013

Alea jacta est ou quand rien ne se passe comme prévu.

P1080686.jpg

Hier la biquetterie était vide ou presque. Les unes étaient parties pour le Sud et les autres n'étaient pas encore rentrés de Touraine. Ne restaient plus que la tenancière de ces lieux et Zic avec son gros ventre qui ballotait de droite à gauche au moindre déplacement.
Je me réjouissais d'avance de cette journée dans laquelle j'allais pouvoir me lover comme bon me semblait. En l'occurrence, j'avais décidé de prendre à bras le corps la préparation d'un stage au titre tout aussi effrayant que vaste: "Articuler les différentes composantes du cours des Langues et Cultures de l'Antiquité". Commencer par remplir l'espace du bureau pour désagréger cette sensation désagréable de terra incognita: poser une tasse de café, ouvrir des classeurs et des onglets sur la toile, garder le paquet de tabac à une distance raisonnable. Rapprocher une feuille blanche et un stylo.
Mais quand les dés sont jetés rien ne saurait les abolir.
Zic s'est soudain agitée, accompagnant ses déplacements de miaulements nouveaux. J'ai eu beau lui expliquer qu'elle ne pouvait pas me faire un coup pareil, que je n'y connaissais rien en matière d'accouchement félin, que ma morveuse qui veut devenir sage-femme ne rentrait que le lendemain, qu'elle devait au moins aller dans l'établi où nous lui avions disposé un coin douillet, elle a résolument filé à l'étage et a installé ses flancs contractés dans un tas de tissus, non loin de la machine à coudre.
Ce que j'ai fait le reste de la journée ressemble à ça: déplacements désordonnés de mon bureau à l'étage -déjà deux de sortis- de l'étage à mon bureau -mettre en lien les langues anciennes avec la langue française- retourner à l'étage -le 3ème est apparu mais reste inerte dans sa poche, le placer sous le museau maternel- rejoindre mon bureau -mettre en lien les langues anciennes avec les cultures de la Méditerranée. Oui, reconstruire Carthage- remonter et textoter fébrilement à une copine qui s'y connait: comment sait-on que c'est fini? Redescendre et m'étonner d'avoir oublié ma tête là-haut. Aller la récupérer et admirer l'expulsion du 4ème.
J'ai su alors qu'elle en avait fini. Je me suis assise à même le sol et ai longuement regardé le quatuor se déhancher maladroitement vers les mamelles. Me suis dit que Zic avait agi avec une grande confiance face à cette terra incognita. Le soir venu, j'ai retrouvé ma table de travail et ai tranquillement agencé ce qui le matin me semblait un paquet de noeuds inextricables.

vendredi, 19 avril 2013

De bruit et de silence

P1080630.jpg

Ce matin, la caresse solaire a salué un symposium de la canopée. Les narcissi pseudonarcissi, eux, somnolaient encore dans la torpeur de leur parfum.

P1080613.jpg

jeudi, 18 avril 2013

Se mouiller

1.jpg

Durcet, 13 avril
Ce jour-là, un panneau n'a pas suffi à faire le printemps. Le bitume imbibé continuait sa folle histoire avec les nuages, rivalité de teinte.

2.jpg

Encapuchonnés, godassés, nous avons été quelques courageux à affronter le chemin des poètes de stèle en stèle. Les poètes auraient dû lire leur texte, étape après étape. Ils ont préféré ne pas se mouiller ou alors juste du bout du pied...

4.jpg

5.jpg

6.jpg

P.S.: Tenancier de Biloba, si tu passes par là...
1. Il me faudrait indiquer sous les deux dernières photos, le nom des poètes.
2. Aurais-tu une photo de la stèle portant le poème Mathématique?

vendredi, 12 avril 2013

Une pause, quatre soupirs.

P1080328.jpg

Les unes de nos journaux pourraient jouer unanimement de cet euphémisme: "Contraints à la pause".
Contraint à la pause le planteur capillaire qui pensait que, dans notre monde capitalisé jusqu'à la pointe du cheveu, tous les chemins menaient à Singapour. Deux soupirs.
Contraint à la pause le grand rabbin qui, après avoir usurpé un titre d'agrégé de philosophie, s'imaginait que penser consistait à placer son nom sur la pensée d'un autre pour la faire sienne. Deux soupirs.
ET vous votre pause -vous savez celle entre deux temps de travail- à quoi ressemble-t-elle? Hier, entre deux cours, au lieu d'aller courir fumer ma clope, je suis restée dans ma salle et me suis baladée sur la toile. Je vous ramène ce webdocumentaire A l'heure de la pause de Stéphane Le Gall-Viliker, entre éoliennes et écorces qui frémissent.

mercredi, 10 avril 2013

Buzz

P1080346.jpg
L'Atlas Punitions

Buzz: de l'anglais buzz "bourdonnement, brouhaha" ou "coup de fil"
Rumeur créée pour faire parler de soi.

Quelle est donc cette épidémie qui touche tous les collégiens et quelques inconscients de la salle des profs? Ces derniers jours, il suffit qu'une situation ou une parole soit jugée grotesque par les individus susnommés pour qu'ils se mettent à imposer à leur main une étrange gymnastique: ils replient l'annulaire et le majeur vers la paume, tendent le pouce, l'auriculaire et l'index puis montent le tout vers l'oreille. Dans le même temps ils infligent à leur visage une grimace d'ahurissement puis disent "non mais allô quoi". Demandez-leur d'où vient ce tic soudain et collectif. Ils vous parleront avec mépris d'une poupée siliconée et écervelée. Fabula acta est.

samedi, 06 avril 2013

Obscène

P1080509.jpg

Obscène: du latin ob scaenam, ce qui est devant la scène, par conséquent, ce qui n'est pas sur la scène offert aux regards.
Est-ce pour cela que, lorsque l'obscénité se retrouve propulsée sous les projecteurs, elle est toujours accompagnée d'un théâtralité bruyante?

vendredi, 05 avril 2013

clopin-clopant

51NqLLEdCSL._SL500_AA300_.jpg

Tiens, ça me fait tout drôle de ne plus avoir à faire de décompte...
A priori, je n'aurais pas dû lire ce roman. Avant même sa sortie en février, tous les blogs en parlaient. Celui qui fait office de libraire dans mon coin a inévitablement investi dans une belle pile de cette valeur sûre. Couverture à l'américaine assurant son auto-promotion: une plâtrée d'adjectifs et une pincée de prix littéraire. La machine était lancée. Ouvrez la caisse enregistreuse. Si d'aventure vous prenait l'envie d'en retourner un, pour jeter un coup d'oeil furtif sur la 4ème de couverture, à l'heure où ce qui porte l'appellation incontrôlée de librairie dans mon coin est vide, vous vous infligeriez une série d'exclamations admiratives de la lectrice lambda au Time magazine mais vous n'en sauriez pas plus.
Je l'ai ouvert à la fin d'une journée bancale, qui n'était pas prévue comme ça, que j'aurais voulue autre. Me suis dit qu'un roman qui marche tout seul trouverait bien la force de me porter. Me suis retrouvée en compagnie d'Hazel et sa bonbonne d'oxygène, Augustus et sa jambe en moins, Isaac qui va perdre son dernier oeil et leur groupe de paroles pour cancéreux. "Poignant", au moins la couverture ne mentait pas. Ai vite compris que le rôle du "drôle" était magistralement tenu par les dialogues. Quant au "lumineux", je l'ai trouvé là, dans la clope toujours éteinte accrochée aux lèvres d'Augustus: John Green avait sans doute prévu la censure qui allait aussi toucher la littérature!

lundi, 01 avril 2013

Aujourd'hui un pur mensonge.

P1080335.jpg

366/366
M'y voici donc. C'est aujourd'hui le dernier réel à prise rapide. En cela, je ne fais qu'évoquer une pure vérité. Je me suis glissée pendant un an dans cet espace du petit matin en un tête-à-tête avec la contrainte du jour. 366 jours commencés ainsi, cela pourrait presque s'appeler un rituel. Que faire après? Je pourrais transformer en confetti les billets écrits, un à un. Cela me prendrait une nouvelle année.

dimanche, 31 mars 2013

Aujourd'hui le monde est petit.

Durcet-2013.jpg

365/366
... ou du moins il n'est pas assez grand pour nous impressionner. Hier nous avons réservé un gîte pour aller écouter de plus près cet autre printemps des poètes à Durcet, les 13 et 14 avril.

samedi, 30 mars 2013

Aujourd'hui je pourrais écrire sur ma tête.

P1060368.jpg

366/366 364/366
Contrairement à ce qu'annonçait le billet d'hier, ce n'est pas aujourd'hui que je signe mon dernier réel à prise rapide. J'ai retrouvé une des fois où j'ai avancé de deux cases au lieu d'une, logée entre "c'est long" et "ce qui vous empêche d'écrire". Il ne me reste plus que deux petits jours et sur mon front un point d'interrogation. Gommer l'idée que le clavier pourrait rester sec après.

vendredi, 29 mars 2013

Aujourd'hui ça change tout le temps.

P1080466.jpg

365/366
Ca change chaque jour, la contrainte des 366 réels à prise rapide. C'est lassant à la fin. Oui surtout à la fin. Lorsqu'on se rend compte qu'une erreur s'est glissée quelque part. A en croire mon décompte, demain serait le dernier réel à prise rapide. A en relire mes billets, j'ai commencé un 2 avril. Vous serez bons pour un 367/366 le 31 mars, suivi d'un 368/366 le 1er avril!
Le bureau des réclamations est ouvert dans les commentaires. Vous pouvez aussi vous amuser à chercher où s'est glissée l'erreur!

jeudi, 28 mars 2013

Aujourd'hui action éclair.

P1080414.jpg

364/366
Prendre mon café-clope, assise sur le petit muret dehors*. Voir un duo de tourterelles équilibristes sur le fil électrique. Se dire qu'on utiliserait bien le verbe "se chevaucher" pour tenter de les décrire mais que cela ne conviendrait pas à leurs ébats volages.

*Même si le printemps ne veut pas se montrer, je reprends mes bonnes vieilles habitudes.

mercredi, 27 mars 2013

Aujourd'hui personne nerveuse.

P1080416.jpg
Canalisations retrouvées à Herculanum

363/366
La tenancière de ces lieux après lecture de cet article.

mardi, 26 mars 2013

Aujourd'hui j'éviterai de dire.

6130577_orig.jpg
Carré de curiosité

362/366
Aujourd'hui j'éviterai de dire ce que je vois sur cette palissade. Taire l'évidence.

lundi, 25 mars 2013

Aujourd'hui un air en tête.

P1080413.jpg
Echo à l'écorce d'hier

361/366
Le p'tit air que j'ai en tête, vous le trouverez ici, en écoute directe. Si votre journée vous octroie un espace entre deux îlots chargés, vous pouvez l'entendre et profiter de la présence de Pierre Rabhi sur CO2 mon amour. Belle journée à tous.

dimanche, 24 mars 2013

Aujourd'hui super héros.

P1080446.jpg

360/366
Sans hésitation aucune, c'est moi.
Hier, j'ai accompagné mon morveux dans son futur lycée. Journée portes ouvertes. Des lycéens en arts du spectacle et leurs masques blancs au long nez assuraient l'accueil. Moi, je serais bien restée dans la cour pour les voir chorégraphier. Mais mon morveux en a décidé autrement: direction bâtiment A et sa cohorte d'enseignements d'exploration scientifiques. MPS, CIT, SI. J'y ai vu beaucoup de chiffres pour tout langage, j'ai entendu des mots barbares que mon cerveau était incapable d'associer à une quelconque racine grecque ou latine. J'ai tout écouté avec une grande patience maternelle.
En sortant de là, lui avait l'air ravi, moi j'aurais aimé avoir un papier et un crayon pour m'assurer que je pouvais encore écrire ne serait-ce qu'un petit texte sur l'écorce de l'abre qui se tenait à côté de la grille.

samedi, 23 mars 2013

Aujourd'hui toucher.

366 réels à prise rapide,persée tenant la tête de méduse,piazza della signora
Persée tenant la tête de la Méduse
Benvenuto Cellini

Piazza della Signora, Florence

359/366
Toucher: du latin populaire toccare, "heurter, frapper, faire toc", issu de l’onomatopée tok évoquant le bruit sec produit par le choc de deux objets durs qui a remplacé le latin classique tangere.

Quand Méduse l'a vu arriver, prêt à en découdre découper, ailé jusqu'aux pieds, tenant d'une main l'épée, de l'autre le bouclier -il s'apprêtait à inventer le rétroviseur- a-t-elle dit à Persée "noli me tangere"? Et lui, gentleman avant l'heure, a accepté du coup de faire toc.

persée 2.jpg