18 septembre 2008

TOUT UN MONDE

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Des bourses crevées et des milliards réinjectés, une Edvige franco-hétéro, un ministre de l'éducation nationale et des maternelles, succursales de Pampers, c'est vrai qu'il faut de tout pour faire un monde mais gloire soit rendue à Queneau qui avait revu et corrigé cette phrase fossilisée ."C'est dégueulasse, mais il faut de tout pour faire un monde."

Ce matin, ils étaient une bonne trentaine à venir pointer à mes cours pour préparer le concours de professeurs des écoles. Alors j'ai présenté les nouveaux programmes, décharnés -leur chair chaude est ailleurs-, j'ai parlé de l'autodafé des documents d'accompagnement. Et puis j'ai sorti de mon sac l'imagier Tout un monde parce que souvent les mots, trop caressés dans le sens du poil, ne savent plus dire. Je leur ai proposé cette carte comme une invitation au voyage, une invitation à écrire.

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Arnaud fut le premier à dérouler des pieds agiles pour dire son insouciance. Avec sa façon de mâchonner ses mots, j'aurais bien aimé qu'il le déclame tel un slam son texte.

L'idée d'un voyage m'a traversé
En voiture, à vélo ou à pied
Venant du nord, j'irai vers le sud
Ou bien vers l'est pour changer mes habitudes

Ca y est je pars à l'aventure
Pour la sécurité j'attache ma ceinture
Et peu importe l'endroit où j'irai
J'ai tant de choses à explorer

Je regarde à gauche puis à droite
Sur la route je m'embarque
Pour parcourir le monde de mille façons
Toujours plus loin vers l'horizon.

31 août 2007

ESPACE DES CRIS

 

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Je pensais vous parler d'histoires racontées au fond d'un canapé au milieu d'un jeune quintet -nous étions tout sloumpy-sloumpy- ou du clin d'oeil de Moby Dick ce matin qui m'a laissée là aussi toute sloumpy-sloumpy, tout cela attendra un autre jour, un jour où l'on pourra aussi reparler des arbres à feuilles ou à plumes...

Mais aujourd'hui si vous avez une chose lire c'est ce papier sur le blog de A l'école des sans papiers

Et si vous avez un renseignement ou une question à soulever, c'est par

Ne vous gênez surtout pas en soulevant votre prose à bout de bras pour crier.

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14 août 2007

JE NE PARLERAI PLUS DES ARBRES

 
Je ne parlerai pas des arbres
 
Je ne parlerai pas des arbres
ni de la nuit bruissant
dans la paume du ciel
ni des rivages ourlés de lumière
 
tant qu'un homme
avouera sa douleur
de n'avoir faim
que de pain et d'eau
 
tant qu'une femme
triera des ruines
pour chercher son enfant 
 
tant qu'un jour se lèvera
sur le front noir
d'un fusillé
 
je ne parlerai pas
des arbres 
 
Jean-Pierre Simeon in Sans frontières fixes, Cheyne, poèmes pour grandir
 
Je ne parlerai plus des arbres tant que dans mon pays des enfants sauteront par la fenêtre... 
 

14 juillet 2007

JE DÉCHIRERAI LES RIRES BANANIA SUR TOUS LES MURS DE FRANCE

 

 

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Poème liminaire

 

Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort

Qui pourra vous chanter si ce n'est votre frère d'armes, votre frère de sang?

 

Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux

Je ne laisserai pas -non!- les louanges de mépris vous enterrer furtivement.

Vous n'êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur

Mais je déchirerai les rires  banania sur  tous les murs de France.

 

Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits de Montparnasse

Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les canaux de moire et de simarre

Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuberculeux

Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous l'élégance des ponts blancs

Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n'était pas sérieux, votre peau noire pas classique.

(...) 

Léopold Sédar Senghor, Hosties noires

03 juillet 2007

PAS DE PAPIERS, AU PANIER! (2)

Passant,

Prends juste le temps de regarder cette illustration.


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Observe-la, médite-la, cogite-la, regarde-la à nouveau, à l'envers s'il le faut et utilise l'espace des commentaires pour laisser tes pensées.

Puis tu reprendras ta route et peut-être iras-tu sur le site de l'auteur de cette image, par là 

 La tenancière des Iles Indigo, toujours en vadrouille dans sa subversothèque, vous souhaite malgré tout la journée bonne.

16 juin 2007

À CRIER DANS LA RUE

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Jean-Marie Henry

Illustrations Laurent Corvaisier

Rue du monde - 15,40 €




Que croyez-vous que soit un artiste ? Un imbécile qui n’a que des yeux s’il est peintre, des oreilles s’il est musicien ou une lyre à tous les étages du cœur s’il est poète ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux événements du monde, se façonnant de toute pièce à leur image.

Picasso, in Les Lettres françaises, 1951

Alors, ça commencera par un cri. C'est un recueil de poèmes qui m'y invite. 

D’ordinaire, une anthologie recueille des poèmes pour leur taille, Il pleut des poèmes, selon un genre, Le fabuleux fablier, ou bien un thème, Cour couleur, ou encore pour jouer avec l’alphabet ou quelques contraintes d’écriture, L’alphabet des poètes et Le tireur de langue…

En ces temps qui sortent sans doute de l’ordinaire, pour sa nouvelle anthologie, Rue du monde a regroupé des poèmes pour un même mode d’emploi Poèmes à crier dans la rue.

Se retrouvent à battre les pavés de leurs mots Jean-Pierre Siméon, Rimbaud, Alexandre Romanès, Aragon, Valérie Rouzeau, Abdelamir Chawki, Pablo Néruda, David Diop, Madeleine Riffaud, René Char… long est le cortège ici rassemblé.

 

Mais je suis étranger
plus étranger que l’étranger
à mon pays quand il est
dur et froid comme la pierre
et fermé comme une porte
au ciel changeant des visages.

J-P Siméon

 

Vers, d’ici ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’hier, tous disent un autre monde, un monde qui pourrait être autre et l’urgence de le créer.

 

Et tu te hâteras d’admirer.
Crains la nuit. Elle vient vite.
N’aime pas. Adore
Au moins, tu vivras au sommet du bond.
Cherche l’amplitude.
Exige. Délire.
Ne rêve plus. Invente-toi.
Prends parti.
Crie.

Jean Malrieu

 

Qu’attendons-nous pour nous en emparer et les crier haut et fort ?