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lundi, 13 novembre 2017

La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

jean-michel fauquet.jpg

Jean-Michel Fauquet
Musée de la photographie
Nice, octobre 2017

Il est des livres pour lesquels on sait bien que ce ne sera pas possible. Choisir une page, la biffer, en garder quelques mots et être satisfaite -plus ou moins- du palimpseste obtenu. Il est des livres pour lesquels ce geste de rature semble indécent.
La disparition de Josef Mengele fait partie de ces livres-là. Le médecin tortionnaire d'Auschwitz est dans toutes les phrases, tous les silences entre les lignes. Il y a quelque chose d'effroyable de se retrouver ainsi dans son intimité, dans ses pensées au fil de sa fuite en Amérique du Sud. Et autour de lui, le cercle de ses complicités.
On préfèrerait presque rayer les nuits qui suivent cette lecture, entrecoupées de réveils en sursaut, de ces nuits où le sommeil vous surprend les lunettes encore sur le nez, la lumière allumée et vous ballottent encore et toujours dans le roman. 
Au petit matin, on décide alors de laisser en guise de trace les deux dernières phrases.
"Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
Puissent-ils rester loin de nous, les songes et les chimères de la nuit ."

 

11:21 Publié dans ROMAN | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je ne suis pas sûre de pouvoir lire ce texte, très fort sans aucun doute. Pourtant j'avais lu Robert Merle et il me semble que ça se passait aussi dans la tête d'un haut gradé nazi (Goebbels?). Je découvre Robert Antelme en ce moment, je crois qu'à tout prendre, même avec ce qu'il vit, je préfère être dans sa tête à lui, avec ses mots à lui.

Écrit par : Valérie | mercredi, 15 novembre 2017

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