dimanche, 16 décembre 2012
Aujourd'hui tissus.

Ernest Pignon-Ernest, Naples
260/366
Au carrefour, la béance du papier,
Porte cochère vers les Enfers.
Un homme décharné,
le corps rendu à la ramification de ses os
le pagne posé en ultime pudeur,
traîné plus que porté
par l'acharnement d'un autre
qui un jour sera lui aussi
les bras ballants.
... et sur ma table, le chant VI de L'Enéide de Virgile, La porte des Enfers de Laurent Gaudé et le parcours napolitain d'Ernest Pignon-Ernest.
08:20 Publié dans 366 réels à prise rapide, PICTURA | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 366 réels à prise rapide, naples, ernest pignon-ernest, énéide, virgile, la porte des enfers, laurent gaudé |
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samedi, 15 décembre 2012
Aujourd'hui il faudrait crier.
259/366
Aujourd'hui semble vouloir s'inscrire dans la continuité d'hier.
Je ne sais si la pétition à cette capacité de donner de la voix à nos cris. Si c'était le cas, elle se serait sans doute appelée une conclamation, la pétition. Pour l'instant, elle est juste une demande formulée dans un langage châtié, enrobée de toutes les formules d'usage. Au cas où elle aurait un pouvoir sur les atteintes faites aux droits de l'homme de part le monde, je relaie ici le marathon des signatures d'Amnesty International.
07:20 Publié dans 366 réels à prise rapide, ESPACES DES CRIS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 366 réels à prise rapide, pétition, amnesty international |
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vendredi, 14 décembre 2012
Aujourd'hui gens sans importance.

Ernest Pignon-Ernest
Un clic et la photo s'agrandit.
258/366
A ces gens sans importance, Ernest Pignon-Ernest a offert, en 1995, la solitude d'un théâtre de poche pas plus grand qu'un cercueil de verre: la cabine téléphonique. Affiche sous la défense d'afficher. Et ces mots de Jean Rouaud, d'eux à nous.
"Regardez-les, prostrés, vidés, étonnés
Que ce soit si dur à vivre une fois qu'on est né
Lançant un cri qui ne sait plus briser les verres
Ni même se faire entendre dans ces micro-déserts,
Cherchant désespérément la formule magique
Dix numéros gagnants dans cette foutue carte magnétique,
Regardez-les (...)
Sonnés, écroulés, sur le sol de la cabine, sans pleurs,
Ayant renoncé à vouloir le bonheur avec l'argent du beurre,
(...)
Et tellement reconnaissables, tellement des nôtres
Buvant la tasse comme parfois nous autres,
Qu'on se demande ce qui parfois nous retient d'appeler Rosa, la rose
D'apporter une épaule à celle qui ne tient debout que par son front appuyé
Comme une attache au tableau, un clou dans une tête décérébrée
Et voyez quand on les décroche, comme ils rompent ce garde-à-vous,
Cette station droite qu'on exige de nous
Pour qu'on mérite l'appellation d'homme et de femme
Pour qu'on sorte du singe et qu'on nous accorde une âme,
Voyez comme ce n'est pas si naturel ce pari vertical
Voyez comme notre vie parfois ne tient qu'à un fil
Comme celui auquel se suspendit Nerval
Un soir, en pleine lumière, dans la multitude de la ville."
07:54 Publié dans 366 réels à prise rapide, PICTURA | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 366 réels à prise rapide, ernest pignon-ernest, les cabines, jean rouaud |
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jeudi, 13 décembre 2012
Aujourd'hui irréel.

257/366
Hier il a gelé à pierre fendre. Les flaques d'eau en ont profité pour dessiner les contours d'une terra incognita fantômatique.


05:03 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 366 réels à prise rapide |
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mercredi, 12 décembre 2012
Aujourd'hui est un conte de fée.

256/366
Puisque nous sommes le 12.12.12, ne rechignons pas devant quelques alexandrins fort mal enjambés...
Est-ce là une des femmes de Barbe Bleue
ou dans sa vitrine dormante une Belle ?
06:48 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (8) |
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mardi, 11 décembre 2012
Aujourd'hui reproches.

255/366
1. Prenez quatre personnes. Pour que la démonstration soit plus convaincante, intégrez-vous dans le groupe. Faites naître en elles l'envie d'aller voir une expo parisienne. Hooper par exemple. Inévitablement, vous allez vous retrouver dans la file d'attente à former un cercle dont le diamètre ne dépassera pas le mètre.
2. Laissez la proximité précédente se déliter. Vous vous retrouverez peut-être seul à attendre tandis que les autres iront se dégourdir les jambes ou se rafraîchir l'arrière-train sur un banc de pierre.
3. Laissez les portes du musée s'ouvrir. Vous verrez inévitablement vos quatre congénères vous rejoindre. Le diamètre du cercle se sera encore rétréci. Laissez monter en vous cette pensée: en 1, ils étaient proches, en 3, ils sont re-proches et ne tarissent pas de remerciements à votre égard.
CQFD
06:30 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 366 réels à prise rapide, hooper |
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lundi, 10 décembre 2012
Aujourd'hui de l'eau.

Photo de Moucheron
254/366
Hier matin, à l'heure où le regard ne voit pas encore clairement ce que le pied fait, je suis partie courir. J'aime par dessus tout cette heure où le monde et les colères somnolent encore. Parvenue en haut des côteaux, j'ai contemplé la lune qui renâclait à laisser sa place. Elle voulait encore un matin se mesurer à celui qui déjà embrasait la vallée avec une douce insolence. Quelques mésanges, sur leur branche gelée, se marraient de cette lutte toujours recommencée. La Seine s'est immobilisée, comme tous les matins, pour accueillir le dernier reflet de l'une et le premier rayon de l'autre. Dans mon I-machin, c'était un air marin qui se jouait de mes écoutilles: François Busnel, dans Le grand entretien, recevait Michel Butor pour Le long de la plage, recueil à quatre mains avec le pianiste Marc Copland.
Je n'ai pas trouvé trace du poème sur la toile. Je le retranscris ici, en espérant ne pas avoir trop malmené le vers. Vous pouvez aussi l'écouter ici, il se niche entre la 16ème et la 17ème minute.
Air marin
La vague dit à la vague
Recouvre-moi
Je m’assèche
Je ne trouve plus mes algues
Je ne racle que gravier
Encore une autre après toi
Je retrouve ma vigueur
Et m’enfonce en l’océan
L’épave dit à l’épave
Unissons nos abandons
Dans tes bols de porcelaine
Je verserai mon porto
Et l’ivresse des poissons
Communiquera nos plaintes
Aux ermites des récifs
04:47 Publié dans 366 réels à prise rapide, BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : 366 réels à prise rapide, michel butor, le long de la plage, marc copland |
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