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dimanche, 26 août 2007

ESPÈCES D'ÉCRITS MERSIENS(4)

Grâce au vol vigilant d'un moucheron averti, la bannière a été retrouvée près de Terre-Neuve. Le coup de vent a encore laissé le long des côtes deux grandes traînées bleuâtres qui ne sauraient tarder à se dissiper.

 
Quand de jeunes plumes de mouettes se posent sur des photos mersiennes...

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Un jour, il y a eu une tempête. La mer s’est jetée sur les galets, elle les a poussés. Les galets ont cassé les escaliers, les toits, les maisons, les immeubles, les restaurants.
La tempête s’est arrêtée, une pluie fine s’est mise à tomber. Un bel arc en ciel s’est dessiné dans le ciel. C’était un arc en ciel magique. Il a remis tout en ordre afin que la ville retrouve ses couleurs, ses maisons, ses immeubles, ses restaurants et son escalier bleu.

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  Fanny  

 
 
  
Minuit vingt, l'heure du crime


Dans cette maison vivait  une petite fille et un petit garçon qui s'appelaient Clarisse et Tom. Joé était leur père et Marie-Lou leur mère. Joé rentrait du travail, très tard le soir, il quittait enfin son pire ennemi. Dans la rue sombre Joé semblait pourtant avoir peur. Il commença à grimper les marches l'amenant chez lui.

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A ce moment là, Marie-Lou entendit un coup de feu. Elle courut vite dehors pour appeler Joé, mais il ne répondait pas. Elle alluma une lumière et vit un homme portant une cagoule noire. Elle aperçut son mari, au pied de l'escalier, avachi au sol, le sang dégoulinait sur le trottoir, Marie-Lou hurla.
L'homme en s'échappant laissa tomber son pistolet, percuta un poteau bleu en fer et tomba au sol.

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Il s'était assommé. Marie Lou prit une corde, l'attacha, et lui mit un bout de Scotch sur ses lèvres.
Elle l'enferma dans un placard et appela la police.

f8f3327d91fcee2e3396248e1f348f86.jpgSplatch fit la crotte en tombant et crac fit le clap.

 

 

 

 

 

 

 

 - Troisième prise ratée !
- On en refait une !
- C'est pas possible, maudit oiseau qui vient de faire sur mon acteur. Ok, on est  à la mer mais quand même!, dit le producteur

Manon 

 

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samedi, 25 août 2007

ESPÈCES D'ÉCRITS MERSIENS(3)

Un vent de force 7, soufflant nord / nord-est, s'est abattu sur LES ÎLES INDIGO emportant avec lui la bannière. Les photos, heureusement, ont su mettre en place un processus de rétractilité.

 

Quand les écrits mersiens deviennent des écrits marsiens...

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J’étais là, cachée derrière la balustrade bleue de ma maison. La petite Provence, c’est ainsi que je l’avais nommée, non qu’elle soit bercée par la chaleur du climat, ici il pleut trop, beaucoup trop pour se croire en Provence, mais la baptiser par ce nom c’était une manière de l’emplir de soleil, de permettre à chacun de mes visiteurs de s’y sentir bien.
J’étais donc là, cachée derrière la balustrade bleue de ma maison

Tout avait commencé la veille au soir, j’avais lu un article sur la planète Bluestong, nouvelle planète qu’un astronaute avait découverte un soir de printemps.

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Les photos nous montraient une de ses particularités, l’eau y était grise, il y avait  de nombreux lacs et ravines, mais elle m’étonnait, chacun pouvait en effet y voir des choses bien différentes, pour les uns il pouvait s’agir d’un mur, pour les autres cela  ressemblait à une souche d’arbre. L’article m’apprenait que la planète bluestong  était habitée par de surprenants personnages qui possédaient des véhicules bien particuliers.

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Ils étaient en fer, percé de deux  trous et d’un bleu à en faire pâlir les bretons. Lorsque le désir de s’évader les prenaient, ils entraient à l’intérieur d’un strong, c’est ainsi qu’ils appelaient leur véhicule, et ils partaient là où leur coeur les entraînaient. Ils  posaient leur véhicule sur le bord de nos routes, et nous, pauvres terriens,  qui avions toujours cru qu’il s’agissait d’un simple piquet ! Nenni, c’était un repère de bluestongiens ,cet engin bleu qui courait le long des trottoirs.

J’étais là, cachée derrière la balustrade bleue de ma maison, je rêvais de voir apparaître un bluestongien. Alors armée de mon APN, je patientais. C’est à la tombée de la nuit qu’enfin j’en vis apparaître un. Quel bonheur ! Je saisis mon APN et je me mis en devoir de le prendre sur toutes les coutures, quel formidable article j’allais pouvoir écrire, pour sûr, il ferait la une des journaux, j’imaginais déjà le titre: "Nouveaux envahisseurs : Les bluestongiens arrivent" De retour dans mon âtre, je transférais promptement mes photos sur l’ordinateur. Rien, c’est bien cela, il n’y avait rien sur mes photos. Juste une pâle lumière qui provenait de je ne sais où.

Moucheron 

vendredi, 24 août 2007

ESPÈCES D'ÉCRITS MERSIENS(2)

Ecrits mersiens au pied de la lettre de Micheline...

Chère Eléonore,

Tu ne devineras jamais d’où je t’écris !
Eh oui, je suis à M…-les-Bains, mais pour la journée seulement .
Tu te souviens des L*** qui occupaient la villa tout au bout de l’Esplanade ? Je suis toujours resté en contact avec Henri et sa femme Martine. Ils séjournent en ce moment au Tréport et m’ont invité à passer quelques jours avec eux. Tu sais bien que dès qu’on me propose d’aller respirer l’air marin, je ne peux résister…
Il fait un temps superbe aujourd’hui, ils m’ont emmené à M…C’est incroyable comme cette petit ville a changé ! Elle a embelli, s’est parée de couleurs vives qui font ressortir cette architecture un peu désuète que j’aime tant.
Les bow-windows (je sais, c’est un mot anglais, mais je ne trouve pas l’équivalent en français), les balcons de bois ouvragés ont retrouvé leur fraîcheur. La maison où tu venais passer le mois d’août avec tes parents a été repeinte en vert d’eau. (Je t’entends ricaner, vert d’eau, c’est normal à la mer).
J’ai retrouvé la maison aux escaliers sous lesquels je me réfugiais quand il faisait trop chaud sur la plage ou trop de vent. Elle est peinte en bleu, bleu ciel ? bleu azur ?. Comme je ne sais pas te décrire ce bleu, j’ai demandé à Thomas (c’est le petit-fils d’Henri, il passe ses vacances avec ses grands-parents, il traîne toute la journée avec des écouteurs dans les oreilles, mais il possède un petit appareil photo), je lui ai demandé donc de photographier l’escalier. Il m’a regardé d’un air bizarre, surtout quand je lui ai demandé d’en faire une seconde un peu plus loin!

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Tu te rappelles, j’allais me cacher là avec un livre, et puis un après-midi, tu es venue t’asseoir près de moi. Ah ! ce goût de sel sur tes lèvres…
La deuxième photo, elle, ne te dira rien. C’est le creux de mur où je me suis caché pour pleurer quand, à la fin de cet été-là, tu m’as annoncé que tes parents loueraient une villa à la Costa Brava l’année suivante.
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Je te laisse, je reprendrai ma lettre ce soir. On m’appelle pour faire une promenade , c’est marée basse….
Chaque fois que je me promène sur une plage je pense toujours à ce refrain :
Et la mer efface sur le sable les pas des amants désunis…

Pierre

jeudi, 23 août 2007

ESPÈCES D'ÉCRITS MERSIENS (1)

 

Il y avait mes photos, elles attendaient vos textes. Les rencontres eurent lieu, jamais les mêmes, effleurement prolongé ou fracas tonitruant. Vous ne saviez si c'était du minéral ou du végétal, la caresse de votre imagination aura choisi. Je vous ai laissé faire, je vous ai regardés.

Recette

Prenez un toit de vieilles tuiles
Un peu avant midi.

Placez tout à côté
Un tilleul déjà grand
Remué par le vent.

Mettez au-dessus d'eux
Un ciel bleu, lavé
Par des nuages blancs.

Laissez-les faire.
Regardez-les.

Guillevic, Avec

Je veux prolonger la rencontre aussi longtemps que met le loukoum à la rose pour fondre dans la bouche. Aussi chaque jour, je posterai un toit de vieilles tuiles frôlé par un tilleul.

Voici donc le premier:

Rouille
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Dans sa tête, y avait comme des échafaudages. Une sorte de labyrinthe ascendant. On aurait dit des escaliers. Sa nuit, c'était une course de fond. Un véritable contre-la-montre pour y trouver l'issue. Et de l'air, surtout.
Pas étonnant qu'au matin, ses forces semblaient l'avoir abandonné. Déjà. Avant même qu'il n'ait ouvert les yeux.
...
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Dans sa tête, la rouille avait pris le relais, à présent. A chaque respir', elle accroissait son avance sur le vieil homme. Depuis un moment, il la sentait. Là, tout près. Au début, il avait senti son souffle, froid, dans son dos. Juste cela. Ensuite il avait perçu le tap-tap-tap de ses pas qui foulaient le sol en un sprint effrené, chaudement dépensé. Ainsi, avant même qu'il n'ait pu jeter un oeil derrière son épaule, il la vit qui franchissait son champ de vision, le doublait. Sans qu'il n'y puisse plus rien. Plus que quelques foulées seulement, et ça y était. La victoire était inéluctable. SA victoire. A ELLE.
...
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Dans sa tête, y avait comme des échafaudages. Une sorte de charpente effondrée. On aurait dit des ruines. Sa nuit c'était une détente. Un véritable délassement que plus rien ne pourrait troubler. Un soulagement, surtout.
Pas étonnant qu'au matin, ses douleurs semblaient l'avoir abandonné. Enfin. Avant même qu'il n'ait pu refermer les yeux.

sophiegda