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dimanche, 24 février 2013

Aujourd'hui parce que je le vaux bien.

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Aujourd'hui je ne vaux plus grand chose. Nous avons employé hier toute notre énergie pour que les combles reçoivent enfin l'appellation officielle de chambre! Il nous reste aujourd'hui à ranger tous les outils utilisés, dépoussièrer la biquetterie de fond en comble chambre et remercier par ordre d'apparition sur le chantier:
Matthieu qui croyait venir se reposer en Normandie et qui connaît désormais parfaitement la déchèterie de Vironvay,

Manvel et mon Morveux qui ont enlevé l'ancienne laine de verre et posé la nouvelle,
Fabrice qui a posé le velux au-dessus des courbes de la Seine,
Olivier qui a pratiqué avec une grande patience la sculpture de lambris,
Nathalie qui trouvait que c'était vraiment le bazar sur ce chantier et nous redonnait un peu d'espace vital à chaque passage,
Alexis qui a dévoilé la face cachée de la poutre aux cables électriques,
Yvon qui a détourné la tuyauterie,
l'Ours et sa fiancée qui ont menuisé les marches, enlevé l'ancien parquet, posé la ouate de cellulose entre les poutres comme on y cache la manne en prévision des jours où l'Eternel serait moins généreux puis ont recouvert le tout d'OSB,
Moucheron qui, pas une seule fois, ne s'est laissée impressionner par la pièce biscornue,
Les passants sur ces îles qui par leurs commentaires m'ont permis de ne pas trépasser lorsque je ne voyais pas la fin de ces travaux,
A vous tous, merci.

samedi, 23 février 2013

Aujourd'hui musique.


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D'habitude quand les quatre morveux de la biquetterie se mettent à écouter en boucle la même chanson qui sévit sur toutes les ondes et à l'entonner en choeur à tout bout de champ de la cuisine, de la salle de bain et d'une conversation, je finis par sortir le drapeau blanc ou mes albums de Ferré, Brassens et Barbara. One day fait exception.
Hier, en regardant Camille redouble de Noémie Lvovsky, j'ai fredonné Une petite cantate au-dessus d'un juke box -le bistrot qui nous servait de Q.G. après le lycée en possédait un à l'identique- et l'improbable One day au bord d'une piscine dans les années 80.

vendredi, 22 février 2013

Aujourd'hui quelque chose écrit sur un objet.

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Hier je me suis extraite de mes combles, direction l'hypersuperméga temple du bricolage. Haut lieu d'errance et de temps perdu: le rail pour la porte coulissante est là, le panneau de bois, quatre rayons plus loin et les vis à l'autre bout. J'allais oublier l'enduit pour siporex: ma p'tite dame, ce n'est pas là, il vous faut sortir du magasin, traverser le parking, prendre deux ronds-points, vous verrez c'est très bien indiqué. Avant de m'engager dans le parcours fléché, je suis retournée dans le rayon abattants de toilettes. Je vous ramène ces deux specimens: à lire plusieurs fois par jour le premier, on finit sans aucun doute par se suicider la tête enfoncée dans les chiottes, à parcourir l'imbroglio de mots pseudozens du second, on se dit que finalement l'abattant on ne l'abattra plus.

jeudi, 21 février 2013

Aujourd'hui hygiène.

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La Médecine*, Klimt, 1901

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Hygiène: n.f. du grec Hygeia, fille du dieu de la médecine, Asclépios. Elle invitait les mortels à respecter l'ordre des choses et la terre pour rester en bonne santé. Elle suggérait à tout être vivant le choix des aliments nécessaires à son existence. Soeur de Panacée, du grec pan "tout" et akos "remède".

* Le 8 mai 1945, devant le château d'Immendorf en flammes, il ne s'est pas trouvé un seul homme en possession d'un tant soit peu d'hygiène mentale pour se dire: "ce n'est pas la panacée" et s'emparer d'un seau d'eau.

mercredi, 20 février 2013

Aujourd'hui ce qui pourrait me faire passer pour folle.

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Hier, à l'heure de fermer le chantier pour une courte nuit, cette pensée m'a traversée: troquer ma biquetterie biscornue vieille d'un siècle et demi contre un pavillon bien propre et sans âme, tout juste sorti de terre.
Ce matin, en ouvrant le velux aux odeurs d'enduit et aux idées noires, j'ai renoué avec la vieille batisse: ensemble, nous avons attendu que la Seine dévoile ses courbes au creux du brouillard.

mardi, 19 février 2013

Fragment d'aujourd'hui raconté en fait divers.

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Je pourrais laisser courir votre imagination en vous demandant d'écrire le scénario d'un fait divers qui se déroulerait dans cette pièce en chantier depuis décembre. L'exercice serait fort simple étant donné le nombre de scies au sol ajouté à la dose de fatigue de M. et de la tenancière de ces lieux. Cela pourrait être tarantinesque, version hémoglobine à outrance. Quel gachis, cependant, pour le lambris qui a fait appel à la patience de tant d'amis pour s'adapter à tous les coins et recoins biscornus! En plus vous auriez du mal à ne pas faire gicler le sang sur le nouveau velux qui, cela dit en passant, offre une vue sur la plaine telle que vos instincts meurtriers s'en retrouveraient anéantis si vous preniez le temps d'y jeter un coup d'oeil.


Laissez-moi plutôt vous raconter comment hier, au contraire, la probabilité d'un fait divers a soudain disparu. Pour cela, je vais à nouveau avoir besoin de votre imagination. La première photo vous permet d'entrer dans la pièce, la seconde d'en sortir. Faites maintenant abstraction des marches situées au premier plan. A chaque sortie de chantier, pour peu que la fatigue pesât lourd sur nos épaules, nous risquions de dégringoler la tête la première puis le cul par dessus la tête dans l'escalier. Le fait divers nous attendait avec de plus en plus d'assurance un étage plus bas si l'Ours -cet homme-là trace du trait de charpente comme d'autres s'adonnent aux mots croisés- et sa fiancée n'avaient débarqué, hier, avec un établi, des scies japonaises, un maillet en bois de houx, un vilebrequin, un rabot et des planches de framiré. De ce qui s'est passé dans la rapidité de cet après-midi-là, je ne garde plus que des fragments: le lieu transformé en fabrique à copeaux, la poussière de bois qui se joue des rayons de soleil, les marches qui apparaissent avec une évidence insolente, le rire de l'Ours au-dessus du vide.
En écho au billet d'hier, je pourrais ce matin installer une pancarte:"ça marche".

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lundi, 18 février 2013

Aujourd'hui sonnerie.

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La pancarte déclenche plusieurs interrogations. Pourquoi ne pas avoir réparé la sonnette plutôt que de graver son dysfonctionnement? Admettons que cela convenait aux habitants de cet appartement et qu'ils n'avaient nulle intention de la réparer, pourquoi l'avoir indiqué, alors? Enfin, est-ce parce que le mot sonnette contient déjà un "ne" que le graveur n'a pas jugé utile d'inscrire "sonnette ne marche pas"?

Hier, le soleil donnait à la journée un air de printemps. Nous avons pris les vélos pour rejoindre Louviers par la voie verte déserte. Le grand forum projetait une dernière fois Alceste à bicyclette. Le scénario brinquebale quelque peu mais qu'importe, Luchini lisant Le Misanthrope, tantôt Alceste, tantôt Philinte au fin fond de l'île de Ré met en sourdine tous les autres bémols.
Retour en fin d'après-midi par la même voie verte soudain surpeuplée de familles à pieds ou à patins, de couples tirés par un chien ou poussant la poussette. Au milieu de toute cette humanité s'adonnant à la balade dominicale, il a fallu slalomer et nos ombres envoyées loin sur l'asphalte précédaient le son grippé de ma sonnette.
Une fois retrouvé le silence de la Biquetterie, nous avons lancé Dans ma maison: Luchini dans le rôle de Germain Germain, professeur de français qui façonne la plume d'un de ses élèves.
Dans la dernière demi-heure, on a frappé au carreau: les amis qui avaient décidé de faire un crochet par chez nous savent bien que c'est ainsi qu'on manifeste son arrivée. Seul le livreur occasionnel laisse son étonnement sur l'avis de passage dans la boîte aux lettres: "pas de sonnette?".