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samedi, 02 septembre 2017

Biffure 26

l'aube sera grandiose.jpg

Juste avant la brèche de Rolland
Monts du Cantal, août 2017

blêmir
sur sa selle
en haut de la côte
35 degrés
il a grimacé
sans moufter
vélo à la main
côte à côte
ligne imaginaire
le temps passe
quelque part

Mots rescapés des biffures de la page 129 de L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux (sortie le 21 septembre)
Merci au tenancier du Quai des mômes qui sait mon impatience quand un nouveau Bondoux est annoncé...

08:29 Publié dans BIFFURES, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bondoux, aurillac |  Facebook |

vendredi, 29 août 2014

Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux

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Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ?

Hier, je suis passée voir le tenancier de Quai des Mômes. Je pensais que ce serait juste en coup de vent pour récupérer Oeuvres vives de Linda Lê que j'avais commandé quelques jours auparavant.
Je te mets ton livre dans un sac en plastique maïs bio qui pue? Est-ce que tu prends ta remise tout de suite? Il connaît la réponse aux deux questions. Jamais de sac en plastique même bio qui pue et je ne touche à ma remise qu'une fois qu'elle correspond au prix d'un livre. D'autres placent leur argent en bourse, moi je le place -modestement, soit- dans cette librairie.
Au fait -de faussement interrogatif, le ton du tenancier était devenu satisfait tout comme un pêcheur qui sait pertinemment qu'il va être d'une grande facilité d'attraper le poisson en lançant son hameçon à cet endroit-là de la rivière- j'ai reçu le dernier Bondoux! Je venais de franchir le seuil de la boutique, demi-tour instantané. Anne-Laure Bondoux, c'est Les larmes de l'assassin, c'est Pépites, c'est Le temps des miracles, c'est l'un des quatre romanciers de littérature jeunesse, avec Cécile Roumiguière, Jean-Claude Mourlevat et Xavier-Laurent Petit que je suis sans failles. Et le bougre, sans decorum aucun, m'annonce ça comme ça: j'ai reçu le dernier Bondoux, Tant que nous sommes vivants. Mais pour l'instant je ne peux pas te le vendre, précise-t-il, il ne sort qu'à la fin du mois. Vivant, il ne va pas le rester longtemps s'il continue à jouer ainsi avec mes nerfs. Mon ombre pourrait bien prendre l'apparence d'une louve aux babines retroussées. Lui, nullement impressionné, a plongé sa main sous son comptoir, avec nonchalance, comme pour accomplir quelque geste sans importance et en a sorti son specimen de Tant que nous sommes vivants: tiens je te le prête! Si j'avais eu l'agilité d'une gymnaste russe, j'aurais pris appui sur son comptoir comme sur une poutre et lui aurait flanqué deux bises, une sur chaque joue.
Des vingt-quatre heures qui ont suivi, je ne sais qu'une chose: j'ai lu. J'ai lu jusque tard dans la nuit, m'y suis remise bien avant le lever du jour. Je me suis interrompue toute la matinée -accueil des stagiaires à l'ESPE oblige- j'avais même mis mon livre dans mon sac au cas où. A peine rentrée, je m'y suis replongée. J'ai lu jusqu'à la dernière page l'histoire de Bo et Hama, celle de Vigg et Tsell, leur longue errance qui devient quête, l'aller des uns, le retour des autres, entre visible et invisible, en ce monde où les contraires sont indissociables.
Quel roman!, ai-je écrit au tenancier du Quai des Mômes.

 

mercredi, 04 mars 2009

LE TEMPS DES MIRACLES

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Photo de l'autre bout de l'Europe, de Matthieu


Son histoire, Koumaïl, dit Blaise Fortune, pourrait la raconter comme s'il l'avait vécue mais Gloria Bohème sait si bien trouver les mots qu'il préfère la laisser dire, dans les méandres de sa mémoire et de son imagination. Alors, il se blottit dans les douceurs de son embonpoint et écoute les temps oubliés. Comment Gloria a quitté les vergers de son père Vassili, comment elle l'a sauvé d'un Caucase en guerre où les trains déraillent et offrent des passeports français. Lorsqu'ils reprennent la route de l'exil, les histoires de Gloria ont ça de bon qu'elles rendent la vérité supportable. Dans leur sac, un samovar, une radio sans piles, un violon sans cordes et un atlas vert avec des pages. Du Caucase jusqu'au pays des droits de l'homme et de Baudelaire, en passant par la Russie, l'Ukraine, la Moldavie, la Roumanie, Koumaïl y suit leur avancée cahotique, page après page, et à ces lèvres ces mots ou plutôt ce mot: "jemapèlblèzfortunéjesuicitoyendelarépubliquedefrancecélapurevérité."
Dans ce roman, "la pure vérité" ne se laisse pas saisir au premier détour: sans cesse rocambolisée, on la pressent mais on ne veut pas l'approcher trop vite, que l'histoire dure encore quelques pages...
Le temps des Miracles d'Anne-Laure Bondoux a ce quelque chose, ce presque rien qui éloigne l'espace d'une lecture le risque "d'attraper un désespoir".

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Anne-Laure Bondoux dévoile les méandres de son écriture par , sous l'égide de la plus pure vérité, bien sûr!

vendredi, 10 août 2007

LES LARMES DE L'ASSASSIN

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Ici, personne n'arrivait jamais par hasard. Car, ici, c'était le bout du monde, ce sud extrême du Chili qui fait de la dentelle dans les eaux froides du Pacifique.

Sur cette terre, tout était si dur, si désolé, si malmené par le vent que même les pierres semblaient souffrir. Pourtant, juste avant le désert et la mer, une étroite bâtisse aux murs gris avait surgi du sol: la ferme des Poloverdo.

Anne-Laure Bondoux, Les larmes de l'assassin, Chapitre 1, Bayard jeunesse