dimanche, 06 mai 2012
Aujourd'hui carré parfait.

35/366
Contrainte mathématique? Soit! Prenons le chiffre VI, mettons Henry devant, Shakespeare après et confions le tout à la Piccola Familia et à Thomas Jolly. Vous obtenez en une équation parfaite un spectacle de 8h30 -et ce n'est là que le 1er épisode- grandiose, somptueux, hilarant, tragique, en un mot shakespearien.
Photo de Nicolas Joubard
Je suis allée jusqu'au petit théâtre à l'italienne de Cherbourg pour le voir, puis lorsqu'il est venu s'installer à ma porte lovérienne, j'y suis retournée. Une addiction dont on ne cherche même pas à se remettre.

Je pensais l'aventure terminée. Plus d'espoir de me doper avant le 36 du mois. Notez au passage le carré parfait: 6x6=36...
Mais c'était sans compter sur le Festival du Printemps de Rouen. Henry VI en 8H30 est devenu H6M2. Traduisez par 6m2 (non ce n'est pas un carré parfait!) pour jouer la pièce en 45 mn. La troupe -quatre acteurs au lieu de vingt-sept- distribue à l'entrée du PQ pour pleurer avec perte et fracas la mort d'Henry V.

Ce fut une succulente bouffonnerie qui trouva même l'espace et le temps d'épingler l'actualité de l'entre deux tours.

Puis, hier, Henry VI a abandonné la scène pour l'Abbatiale St Ouen: concentration de la pièce à quelques vers et lumières projetés sur la voûte, en boucle. On laisse dehors la pluie qui recouvre tout et l'entre deux tours qui n'en finit pas.

Le lieu est plongé dans le noir, on s'y blottit. Les prie-dieu ont été relégués, on peut s'étendre à même la nef ou préférer les transats lorsque le froid devient trop prégnant. On aurait presque envie d'y passer la nuit, entrecoupée par une clope sur le parvis de temps en temps.

Comètes qui dites que temps et états vont changer,
Brandissez dans l'espace vos tresses de cristal
Pour en fouetter les astres rebelles et maléfiques...
Henry VI, I,1
P.S.1: n'oublions pas d'aller voter...
P.S.2: pour écourter le temps qui nous sépare de 20h, vous pouvez écouter ou réécouter Thomas Jolly dans l'émission Studio Théâtre du 24.02.2012.
09:49 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : henry vi, piccola familia, thomas jolly, 366 réels à prise rapide |
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samedi, 05 mai 2012
Aujourd'hui je pourrais tout aussi bien.

34/366
Aujourd'hui, je pourrais tout aussi bien vous dire que je n'ai plus d'encre sous mes touches de clavier et ne rien écrire.
08:11 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : 366 réels à prise rapide |
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vendredi, 04 mai 2012
Aujourd'hui insecte.

33/366
Exupérique
Ca, c'est la terre. L'insecte que tu veux est dedans.

Etymologique
Insecte: du latin insectum, "coupé". Petit animal qui vit, croyait-on, après avoir été coupé.

Tragique
Le temps de vie de l'insecte dans la terre vient soudain de s'écourter.
09:08 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 366 réels à prise rapide, insecte |
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jeudi, 03 mai 2012
Aujourd'hui ce qu'il y a dedans.

Figuier de la biquetterie
32/366
L'envie de croire aux lendemains qui chantent, sans doute. Mais accompagnée de cette certitude qu'il faut mettre la main à la pâte. Aujourd'hui sera donc carrefour. Carrefour de désirs qui ont pris le temps pour se dire que l'heure était venue d'éclore. Avec Moucheron, nous avons en contrebas de la biquetterie, un jardin. Nous l'avons d'abord rendu potager. Insatisfaites, nous avons prêté l'oreille à l'université populaire du goût et à Michel Onfray. Nous mûrissions le désir de le rendre collectif. Justement les Indignés de Rouen cherchent un terrain. La semaine dernière, Domdom m'appelle: vous seriez partantes pour un S.E.L.? Je lui réponds: pourquoi pas un J.E.U.?
Ce soir, on se retrouve tous à la maison et il y aura sans doute dans ce jour, de l'utopie, au sens premier du terme: un lieu où il fait bon vivre.
10:23 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : 366 réels à prise rapide, utopie, onfray, université populaire du goût, s.e.l., j.e.u., jardin des possibles |
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mercredi, 02 mai 2012
Aujourd'hui sucré.

31/366
Tout le sucré d'aujourd'hui vient de ce temps enfin laissé vide pour repenser à hier. Manifestation du 1er mai. Itinéraire de Denfert-Rochereau à la Bastille.
Avant de plonger dans la foule, j'ai voulu le crochet par le mur des Fédérés, direction donc le cimetière du Père Lachaise. A l'entrée, les badauds et les touristes se pressent, plan à la main, en quête d'une tombe d'un célèbre qu'ils pourront enfin approcher: c'est si simple en ce lieu, ils sont tous à portée de pied. Le mur des Fédérés est tout là-haut. On s'élève peu à peu au-dessus de la ville, quiétude et puissance, on comprend soudain que Balzac ait placé son Rastignac justement là pour lancer son "à nous deux Paris". Mais hier, ce n'est pas le silence que j'ai trouvé là-haut: une foule -F.O. et son syndrome bande à part- dissidente de ce qui se passerait dans l'après-midi empêchait la pensée aux communards.

Retour à la ville, s'engouffrer dans un métro, le haut-parleur qui annonce que ça dé-bloque à la station Trocadéro, descendre à Vavin parce que ça embouteille à Denfert.
Parcours en images, à vous d'imaginer la bande-son -des rires, des sloggans, ici et là "Y a du monde, pourvu qu'il y en ait assez"- et la bande-odeur -merguez-frites, fumigènes et humanité compressée-...


Le regard s'accroche à tout ce qui s'élève...



En chemin, c'est l'impossible qui peut surgir aussi...


Juste après Bastille...

On aspire à une bière, tourne à gauche, on prend la première ruelle qui ignore la foule...

P.S.: Hier, il m'est arrivé de croire que le jour où on chanterait à nouveau "le temps des cerises", le coeur plus léger, se tenait à portée de main.
09:38 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : 366 réels à prise rapide, le mur des fédérés, 1er mai 2012 |
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mardi, 01 mai 2012
Aujourd'hui comment je pense à demain.

30/366
Je vais déjà aller voir à quoi ressemble aujourd'hui...
P.S.:n'oublions pas d'aller battre le pavé.
P.S.2:pour traverser l'espace-instant jusqu'à demain, il est possible de se rendre là.
05:50 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pavé, 1er mai |
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lundi, 30 avril 2012
Aujourd'hui ce qui craque.

Les gisants de la commune, Ernest Pignon-Ernest, 1971
29/366
Aujourd'hui ça craque de partout. Ca craque sur le blog de la pêche à la baleine au simple mot orange...Pas de vaines craquelures ou d'inutiles craquèlements qui n'effleureraient que la surface. Non, des cassures, des failles, des béances qui ont l'ampleur de ces géants de papier posés par Ernest Pignon Ernest sur les marches du sacré damné coeur, tours à la crème édifiées pour expier le crime courage des Communards.
La Commune, justement, Philippe Torreton la pleure dans sa lettre à Jean Ferrat. La tenancière de ces îles avait le choix entre plusieurs sites pour vous renvoyer à cette lettre, elle a choisi une officine vilipendée par un gouvernement dont les jours sont comptés.
La Commune, toujours, avec la compagnie des Lioralets accueillie à la Cartoucherie par Arianne Mnouchkine.
Mnouchkine, sera-t-elle là demain, dans les rues de Paris, avec ses Naufragés du fol espoir et ses banderoles peu communes? Demain, 1er mai, j'irai à la capitale et foulerai le pavé. Puis je pousserai sans doute mon pas jusqu'au cimetière du Père Lachaise et devant le mur des Fédérés, j'écouterai le silence qui n'en finit plus de craquer de ceux abandonnés à la fosse commune.
P.S. Quand chanterons-nous enfin Le temps des cerises, le coeur plus léger?

