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dimanche, 14 octobre 2012

Aujourd'hui sujet brûlant

P1070749.jpg« Qui se soucie de regarder
La fleur de la carotte sauvage
Au temps des cerisiers ? »
Sode Yamaguchi

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Je ne saurai dire ce qui est en train de brûler dans la casserole du monde ce matin. Sans doute, continue-t-on de trépigner, sans doute, le mot "crise" continue-t-il de se décliner à tous les cas. On en vient à espérer qu'il finisse par accrocher au fond du faitout, ablation inéluctable, ainsi nous serait donnée la possibilité de nous remettre en marche.
Sans doute. Mais, ce matin, je ne m'en soucie pas. J'aspire uniquement à partir en forêt de Bord, de l'autre coté du brouhaha du monde. Nous suivrons d'abord le sentier que nous quitterons à la première occasion. Le pas s'enfouira dans les fougères et leur brun sénois aura l'odeur de l'humus qui frémit du retour des chanterelles.

samedi, 13 octobre 2012

Aujourd'hui une couleur qui sent.

366 réels à prise rapide


"Tout ce qui n'est ni une couleur, ni un parfum, ni une musique, c'est de l'enfantillage."
Boris Vian

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Etonnement en lisant la contrainte du jour. Et soudain cette question: me manquerait-il un sens? J'ai beau regarder les couleurs qui m'entourent, les laisser monter jusqu'à mon nez: elles ne sentent rien. Pour qu'un soupçon d'effluve surgisse, il me faut faire un travail mental laborieux. Ainsi rien n'émanera du vert pâle de la pochette en papier qui traîne sur la table basse, tant que je ne l'aurais pas associé à l'absinthe qui prend ses aises dans le jardin des simples. Il en est de même avec la coloration automnale de ces arbres: c'est le souvenir de la rando sur la roche d'Oëtre qui me proposera d'associer cette gamme d'orangés à la senteur du sentier perdu entre fougères et châtaignes qui l'instant d'avant se pavanaient encore sur l'arbre.

vendredi, 12 octobre 2012

Aujourd'hui pas bien rangé.

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195/366 et 500ème billet des îles indigo

"Chacun appelle “idées claires” celles qui sont au même degré de confusion que les siennes propres."
Koan zen

Aux pieds de mon bureau, c'est un bric à brac qui mérite largement le terme de Capharnaüm. Les lettres officielles -renouvellement de carte d'identité, factures et feuille d'imposition- s'empilent avec les cours faits qui n'ont pas encore rejoints leur pochette d'origine, les derniers numéros de Causette gardés parce qu'il faut que je lise encore un dernier article avec des manuels que j'exploiterai peut-être un jour, Feng avec Ogre, Cacaotès et chocolat -trouver le temps de parler de ces deux albums mais la contrainte ne vient pas qui s'y prêterait.  Par contre sur mon bureau, c'est nickel propre: un espace libre de tout le reste.

jeudi, 11 octobre 2012

Aujourd'hui cherche toujours.

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Aujourd'hui je cherche toujours dans l'actualité quelque signe. Pour me convaincre que mon vote en mai et la joie qui l'a accompagné ne se sont pas fourvoyés en une unique nuit d'utopie. Ces derniers jours, je cherche une certaine radicalité dans les choix politiques de mon pays. Et qu'on ne me dise pas qu'on est contre le mur de la crise ou celui de la désespérance.

A l'impossible on est tenu

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison


Jean-Pierre Siméon, ICI,
Cheynes éditeur - Février 2009

mercredi, 10 octobre 2012

Aujourd'hui comme tous les jours.

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Aujourd'hui comme tous les jours, je me lève dans le silence d'une biquetterie plongée dans la nuit. Au loin, régulière et obstinée, une chouette hulule un rythme traînant à cinq temps. Le fracas d'un train de marchandises, en contre-bas, n'assourdit pas la pluie. Elle tombe patiente et résignée. Je ne sais rien encore des couleurs que l'automne aura décidé de revêtir.  Monde en noir. Formes indistinctes. Je m'installe dans cet interstice pour écrire. Oubli du jour encore en gestation. Suspension du vol, une toute petite heure.
Puis viendra le moment où. Simulateur d'aube, gazouillis printanier incongru,
"bonjour" maugréé du bout des lèvres ou du fond du coeur, café qui coule, entrechoquement de tasses, succession de douches, escaliers descendus puis remontés. Soudain tout cela s'accélèrera. Il manquera forcément du temps pour. Aujourd'hui comme tous les jours.

mardi, 09 octobre 2012

Aujourd'hui ça amasse.

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En grève!
De ce que je vais disperser aujourd'hui à tout vent vous ne saurez rien. Quant aux raisons de mon mécontentement, elles sont ici.

lundi, 08 octobre 2012

Aujourd'hui ça ramasse.

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Cela fait trois jours que ça dure. Et chaque matin, je remets ça: me contraindre à un verbe en -asse. Ca passe, ça casse et aujourd'hui ça ramasse. Cela peut durer plusieurs jours encore parce que notre langue a, en réserve, ça fracasse, ça fricasse, ça traînasse, ça traquasse, ça se décarquasse, ça pougnasse, ça escridasse. On pourrait aussi ramasser quelque subjonctif imparfait qui aurait l'amabilité de se prêter à l'exercice: que je caillasse, que je me fiasse, que je hélasse. Oh oui mille fois hélas, que cet inventaire est stoufiasse! Bricolons pour pousser le jeu hors de ses tranchées et inventons: ça cocasse, ça godasse, ça vinasse, ça Gigondas, ça maracas, ça Horaces et ça Curiaces donc ça trépasse...