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dimanche, 28 octobre 2012

Aujourd'hui rondeurs.

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Ce matin, mon corps a oublié que le monde a rejoué cette nuit une heure deux fois. Levée encore plus tôt que d'habitude donc, j'entre dans cette période toujours recommencée; de l'heure d'hiver au solstice d'hiver.

Aujourd'hui aura les rondeurs d'un jour qu'on peut consacrer à la lecture. Pleinement, longuement.
Je vais suivre Lakhdar dans sa dernière ligne droite, de Tanger à Barcelone. Rue des voleurs, Mathias Enard.
"Chaque jour de nouveaux cadavres fleurissaient quelque part, une banque s'effondrait, un cataclysme emportait un lambeau de plus de ce monde en ruine. (...) Le monde réclamait quelque chose, un mouvement, un changement, un pas de plus vers le Destin."
Plus tard dans la journée -l'obscurité sera peut-être déjà revenue, une heure plus tôt qu'hier- j'ouvrirai Le sermon sur la chute de Rome de Jerôme Ferrari.
"Mais nous savons ceci: pour qu'un monde nouveau surgisse, il faut d'abord que meure un monde ancien. (...) Peut-être pouvons-nous même reconnaître les signes presque imperceptibles qui annoncent qu'un monde vient de disparaître, non pas le sifflement des obus par-dessus les plaines éventrées du Nord mais le déclenchement d'un obturateur, qui trouble à peine la lumière vibrante de l'été."

 

samedi, 27 octobre 2012

Aujourd'hui un moment de vacances.

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Vacances, n.f., du lat. vacare "être vide"

Remplir ses valises, fermer le lieu quotidien, atteindre au plus vite un ailleurs, cohorte d'embouteillages, vider ses valises et remplir ses journées, se dire qu'on n'a pas vu le temps passer, remplir à nouveau ses valises, revenir au point de départ.
En vacances, depuis hier, je ressens le besoin d'un entre deux. Après le trop plein de ces dernières semaines de cours, j'aspire à descendre en moi-même. Faire le vide. Ensuite, nous partirons randonner, ensuite j'accepterai de faire la queue devant le Grand Palais pour déambuler devant les toiles d'Hooper.

vendredi, 26 octobre 2012

Aujourd'hui première fois que.

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Il n'y a rien d'inutile en nature, non pas d'inutilité même.
Essais, III, 1, Montaigne

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La première fois que j'ai vu cette carotte, je me suis dis que le coeur pouvait connaître de semblables entrelacements. Compacts, denses, à ne surtout pas agacer du couteau.
Hier soir, j'ai quitté ma colline et suis descendue jusqu'au silence de la Seine. Envie de le remonter à contre-courant, lui aussi. Au moment de passer sous la voie ferrée, le fracas d'un train. Bruits et lumières des compartiments projetés sur l'asphalte. Il y avait dans tout cela une fluidité inutile.

jeudi, 25 octobre 2012

Aujourd'hui parti.

366 réels à prise rapide

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Ce matin, prendre le parti de quitter le rond point d'hier. Emprunter un des sens interdits sans intention de le rendre et filer à contre-courant.
 

mercredi, 24 octobre 2012

aujourd'hui sens interdit.

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Et moi qui espérais en la contrainte du jour pour m'extirper de mon halarucitude. A mes sens en attente alertée, j'avais même promis que demain serait un autre jour, qu'ils seraient à nouveau emportés par le mouvement. Mais devant la contrainte du jour, je dois me dédire. Le grand contraigneur des 366 réels à prise rapide a posé son panneau et je me sens comme Raymond Devos sur son rond-point, contrainte de tourner en rond encore et encore parce qu'aucune sortie n'est possible. Sens interdits.

mardi, 23 octobre 2012

Aujourd'hui à la poubelle.

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J'ai l'embarras du choix sous mon bureau, si vous tenez absolument à ce que je mette quelque chose à la poubelle. Mais ce matin, je me sens d'humeur à mettre la contrainte devant un miroir et à attraper son reflet. Ce qui donnerait: aujourd'hui ce que vous mettriez en valeur sur votre blog. Sans hésiter et sans doute parce qu'il est passé inaperçu dans les commentaires d'hier, je réponds: le mot inventé par môôôssieur K.
Résumé de l'épisode précédent: hier je me sentais comme cette tête sur la photo qui porte la colonne qui elle-même porte la charpente qui elle-même porte la toiture - l'Ours, spécialiste en architecture, pardonnera mes approximations précédentes. Et je vous promets qu'avec tout ça sur la tête, je n'affichais pas la sérénité contrite de la dite tête. J'étais surtout contrainte à trouver un mot pour nommer la situation. Rien dans le dictionnaire pour définir cela. C'était sans compter sur le passage inventif de K sur mes rivages: "halarucitude". Ce mot aujourd'hui, je le garde et l'inscris dans mes tags. J'en rappelle même la définition pour que celui qui un jour en cherchera le sens sur la toile ne se retrouve pas dépourvu.
Halarucitude n.f. 2012, formé de Ha (qui vient de « ha mince ! » ) de Laru (qui vient de l’expression « ce matin, je suis à la rue », par extension « dans la mouise ») et de citude qui vient de là , mais aussi d’ailleurs et d’ici et s’en repart vers là.
On prendra garde à ne pas confondre « halarucitude »  et « halarucité » (définition pas encore prête!).

lundi, 22 octobre 2012

Aujourd'hui il faudrait un mot pour désigner.

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Aujourd'hui il me faudrait un mot pour désigner ceci: le fait de ne pas avoir entendu le réveil alors que j'ai à caser ce matin ce que je n'ai pas pu faire ce ouiquende. Deux cours à préparer, un reliquat de trois copies à corriger. Ce n'est plus une zone de rencontre mais une de perturbations, vous savez quand dans l'avion on vous demande avec une fausse sérénité de raccrocher vos ceintures alors que la piste d'atterrissage est encore loin. Quel mot dira tout cela?