dimanche, 10 juin 2012
D'aujourd'hui j'oublierai certainement demain que.

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Demain j'oublierai sans doute ma douleur au côté gauche. Le manche de la grelinette a frappé entre la 4ème et 5ème côte.
Demain, j'oublierai combien ma carcasse et moi cohabitons mal, à cause du point précédent, depuis huit jours. Au moins l'obligation de repos m'a offert le temps de finir le roman de Reif Larsen. Il rejoint ceux de ma sentimenthèque dont je me souviendrai longtemps après.
Demain, j'oublierai ma frustration de n'avoir pu monter sur mon vélo direction les Hauts Prés pour voir où le champ de lin en était de ses promesses.
Mais demain la terre pensera à ensemencer les graines de l'épinard sauvage recueillies en ses plis.
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samedi, 09 juin 2012
Aujourd'hui une petite lumière.

1er pavot de l'année
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Petite ou grande la lumière vient du latin lumen, luminis. Il existe un autre mot latin, identique en sens: lux, lucis. De là, nos lucioles et lucifer.
Quant aux lumifer, luminioles et lucières, ils ont le poids de la poussière, faute de n' avoir jamais existé.
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vendredi, 08 juin 2012
Aujourd'hui je n'ai rien dit quand.

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Je n'ai rien dit quand mon morveux a aligné sa paire de baskets sur le muret de la cuisine. Je venais de lui demander de ne pas les laisser traîner par terre...
08:10 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : 366 réels à prise rapide |
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jeudi, 07 juin 2012
Aujourd'hui orgueil.

Patrick Chamoiseau, Etonnants voyageurs, 2012
67/366
Je trouverai d'ici peu les lignes pour vous parler de cet oiseau de Cham, de son empreinte à Crusoé. Dans le blanc qui me sépare de ce désir, sa réflexion sur l'orgueil de la langue...
Qu'est-ce que l'orgueil de la langue?
C'est quand on est pris dans un lexique admis, imposé ou précieux. La langue perd son orgueil quand elle est récapitulée, c'est-à-dire quand on peut y mettre librement des termes de toute époque, de toute origine, et quand elle est habitée par d'autres langues. De ce point de vue, le choc pour moi, petit créole, est aussi venu d'écrivains comme Rabelais... ou San Antonio. Ils secouaient, inventoriaient et mettaient le français à l'oral.
Libération, 21 mars 2007
05:36 Publié dans 366 réels à prise rapide, ETONNANTS VOYAGEURS, ROMAN | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 366 réels à prise rapide, étonnants voyageurs, chamoiseau |
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mercredi, 06 juin 2012
Aujourd'hui un jeu.

66/366
Jeu, jeu, je ne sais par quel coup de hasard lancer la contrainte du jour.
S+7
Jingle, jingle, je ne sais par quel coupe-circuit de hast lancer le contravis de la joute.
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mardi, 05 juin 2012
Aujourd'hui un parfum.

65/366
Parfum, parfum, je ne savais par quelle effluve attraper la contrainte du jour. J'aurais pu vous dire qu'un parfum croisé dans une rue peut avoir pour moi la violence d'une madeleine de Proust, c'est la mémoire imposée qui fait fi de tous les oublis, protections, carapaces et du coeur cousu. Fissa, fissa, j'ai opté pour l'émanation étymologique.
Le mot parfum, donc, viendrait de l’expression per fume, qui signifie « par la fumée », probablement suite aux usages traditionnels et anciens de fumigations sacrées, médicinales ou rituelles.
Depuis que nous avons lancé le jardin des possibles et la chasse aux acacias -tronçonnage puis embrasement-, je suis per fume. J'envisage même de me recycler. La bacchante deviendrait la pythique et après un stage accéléré de capnomancie se mettrait à lire dans les volutes de fumées.
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lundi, 04 juin 2012
Aujourd'hui une action soignée.

64/366
Chaque année, j'attends son apparition avec impatience. Suis toujours aussi étonnée que Dame Nature place autant de soin en une fleur aussi éphémère, au sens premier du mot, qui ne dure qu'un jour. Elle sort toute fripée de sa coque végétale et je ne sais où elle trouve l'énergie de se redresser, de se repasser.
L'année dernière, à cette même époque, j'avais partagé cet étonnement avec une ado qui portait trop lourd, qui doutait de pouvoir à nouveau reprendre la route. Toutes deux se ressemblaient tellement: l'une a parlé à l'autre...
Aujourd'hui, comme la nécessité d'être passeuse de métaphore n'est plus, j'ai eu envie de savoir ce que cachait son nom. D'abord écrit par coquelicoq (1545), son nom est une variante de l'ancien français coquerico, désignant le coq par onomatopée. Il s'agit d'une métaphore entre la couleur de la fleur et celle de la crête du coq.
Le coq, justement, j'en ai un en réserve depuis une semaine, envoyé par l'Ours. J'attendais qu'une idée surgisse sous mes cheveux...

06:19 Publié dans 366 réels à prise rapide | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : 366 réels à prise rapide, ours gris, coquelicot |
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