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samedi, 26 juin 2010

ça

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Miro, Bleu II, 1961

Retour à la terre
Le convoi se fait à la lueur
d’une lune rousse et pleine

Le regard s’embourbe devant un sens interdit
Dépourvu de séance, son rouge dépareille...

mercredi, 19 mai 2010

ET LA LUMIERE FUT

 

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Willy Ronis, Place Vendôme, 1947
Le trottoir humide,
Ondée méridienne,
Au creux du pavé poli
Nonchalance de la flaque
-A quoi sert-elle la flaque si elle ne reflète pas?-
Et comme un fil du hasard,
L'éclaircie
L'ombre dressée
Dans le pas d'une passante.
Exposition Willy Ronis, Une poétique de l'engagement à la Monnaie de Paris

samedi, 27 février 2010

CARNAVALESQUE

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Carnaval de Nice

Monsieur La Fontaine s'est trompé.
Ai croisé une grenouille qui pour égaler le boeuf en grosseur s'est enflée, enflée si bien qu'elle est montée.

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lundi, 21 décembre 2009

DÉBÂCLE

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Matin du premier jour -
dans le poêle
quelques braises de l'an passé
Hino Sôjô

Nous y voilà donc, de l'autre côté, date miroir que ce 21.12. Le soleil s'est arrêté pourtant sa chute semblait irréversible. La dame de la météo peut encore nous annoncer avec jubilation tous les cataclysmes de la terre sur une carte tourmentée par la neige et les pluies givrantes. Elle sera bien obligée de le reconnaître juste après avoir salué le saint du jour (nous faudra-t-il un jour ajouter Pie XII au calendrier?, je referme la parenthèse) et juste avant de rendre l'antenne que nous gagnerons quelques minutes de clarté. Il ne souffrait plus de dégringoler, le soleil. Qu'est-ce à dire? Etonnant comme un même verbe peut dire une chose et son contraire. Souffrir vient du latin sufferre, supporter. Aussi lorsqu'on ne souffre plus quelque chose -"d'être mendiant" par exemple et par le plus pur des hasards- cela signifie qu'on ne le supporte plus ou qu'on n'en éprouve pas de souffrance. Pour ce qui est du soleil, le doute n'est pas permis.
 
Neige qui tombais sur nous deux -
es-tu la même
cette année?
Matsuo Bashô

jeudi, 10 décembre 2009

PLEURIRE

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Au fond de la brume
Le bruit de l'eau
Je pars à sa rencontre-
Ozaki Hôsai

vendredi, 25 septembre 2009

Pffffff!

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Ca tombe bien, ce week-end j'avais prévu d'aller ramasser des châtaignes!

 

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dimanche, 13 septembre 2009

CARREFOUR

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photo de moucheron

Les carreaux du cahier sur les noeuds du bois de la table,et pourtant la ligne d'horizon.

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mercredi, 26 août 2009

INSPIRATION

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Per aspera ad astra,
Vers les étoiles par l'aspirateur...

Que dire alors de "per angusta ad augusta"?

Toujours est-il que pour un peu de gloire ou d'étincelles, faut qu'ça bave... (sur un air des Joyeux bouchers de Boris Vian)

mardi, 04 août 2009

OUVERT LES JOURS DE PLUIE...

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La tenancière baisse le rideau de ses îles indigo pour quelques temps...
Portez-vous bien!
Pendant mon absence, vous pouvez résoudre l'énigme suivante: où cette photo a-t-elle été prise? Certains jours sont avantagés!

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vendredi, 31 juillet 2009

ÉCLIPSE

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Les nuits de pleins nuages -367 exactement- lorsque la lune se détache par intermittence de sa burqa, les femmes font-elles de même ?
Post-scriptum: Etait-ce 367 ou 357 nuages, très précisément?

jeudi, 25 juin 2009

QUINTESSENCE DE POUSSIÈRE

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Le jeudi soir, lorsque débutent les roulements de tambours, je ne sais jamais si ce sont les poubelles voisines qui font leur sortie hebdomadaire ou l'orage qui approche.

 

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jeudi, 18 juin 2009

A L'IMPOSSIBLE ON EST TENU

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acrobates de Vendôme

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison


Jean-Pierre Siméon, ICI, Poèmes pour grandir
Cheynes éditeur - Février 2009

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Martine Melinette

 

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lundi, 11 mai 2009

DÉCADE (2)

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Photo de Moucheron

Ce matin, la Biquetterie s'est vidée. La seule à venir s'inscrire dans ce silence est l'hirondelle qui, après deux jours d'absence, a repris ses voyages dans l'entrée de la dépendance. Dans le jardin, des vêtements herbent depuis samedi. L'humidité de la rando en canoé a séché, remplacée par celle des ondées et des rosées de deux nuits. Tout à l'heure, je  mettrai une machine à laver en route.
Près du muret, oubliés ou laissés là comme ultimes traces de la fête, un pot de plastique noir cisaillé, une bêche, des algues séchées: à la place des deux plants d'arbres à papillons qui mettaient gravement en péril l'écosystème de mon biotope -dixerunt Christine, une amie cent pour cent bio et Christophe, un botaniste averti- plastronne désormais une spirée. Tout à l'heure, je songerai à choisir un emplacement pour la wistaria sinensis et le virbunum.
Pour l'instant, le couvercle du ciel bas et lourd me garde un peu coupée de ce début de semaine. Lorsque le soleil percera, des fragments d'images s'échapperont sans doute par la brèche. Il me faut tenter de les fixer avant.
Samedi soir, ils étaient presque tous là, famille et amis, de ceux qui me connaissent depuis quatre décades jusqu'à ceux qui m'ont aidée à fermer la trentaine avec sérénité. Et avec eux, la génération suivante qui a valsé autour de la table de ping-pong jusque tard dans la nuit sous l'oeil impassible du fidèle réverbère, tiré un feu d'artifice lorsque l'éclairage public  a laissé place à l'obscurité et entonné un "joyeux anniversaire" à la guitare, au trombonne à coulisse et à la flûte traversière à plus d'heure.
Ils avaient pensé à la tarte au citron, au Bonnezeaux et à la Kriek à la cerise comme son nom l'indique. Sous le papier crépon du premier cadeau sont même apparus deux tablettes de Galak et trois carambars au carambar, les vrais quoi. Je ne passerai pas sous silence le regard ahuri de Christine. Eh oui, cela fait partie de mon pourcentage non-bio auquel se rajoute la clope roulée à la fleur de pays.
Aujourd'hui, j'ai une certitude: à l'impossible je continuerai de les tenir tous. J'en rêvais, ils l'ont fait. J'en suis encore toute estopatée, époustourdie, émerluée.

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Dessins d'ours gris

Il est un lieu où souvent mes roues de vélo me transbahutent. A Poses, au brouhaha du barrage succède le monde ralenti de l'écluse. Le pont vibre au passage des péniches et des pousseurs. Combien de fois me suis-je dit qu'un jour j'aurai l'audace de sauter sur l'une d'entre elles, chargée de sable pour rejoindre la capitale? Plus besoin de m'inscrire à un stage pour le saut de l'ange et un grand merci à môôssieur Erik, batelier sur la Seine qui, un jour prochain, me prendra à son bord.
Le ferai-je avant ou après l'autre truc impossible qu'ils ont mis en place? Que vaut-il mieux? De la volupté avant et de l'hédonisme après ou le contraire? A Saint-Malo, pour le festival Etonnants Voyageurs ils m'ont conviée et à un petit déjeuner avec Michel Onfray, ils m'ont inscrite!

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Autant d'occasions de mettre un peu plus de centimètres carrés du monde sous mes semelles...

dimanche, 26 avril 2009

DÉCADE

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Les hasards de l'étymologie provoquent des rencontres inattendues. Ainsi, décade se retrouve à cohabiter avec décadence. Dix ans -d'aucuns, minimalistes sans nul doute, veulent n'y voir que dix jours- sont ainsi suivis de près par un débagoulis d' affaissement, déclin, dépérissement et chute dans mon vieux Bob.
A la veille d'entamer ma cinquième décade, j'aime les plis qui se sont inscrits à la pointe du regard, replis des jours passés. La vie a marqué ça et là, c'est autant de souvenirs empilés.
Pour clôre cette journée, il me plaît de relire ces mots de Béatrice Fontanel qui provoque des rencontres plus heureuses que celles de mon vieux Bob.


Comme j’aimerai toujours
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
Cresson grésille sur les papilles
comme l’eau dans la poêle brûlante.

Le plancton qui s’infiltre
entre les fanons de la baleine
lui donne-t-il la même sensation ?

in Tentacules et manivelles
(recueil orphelin d'éditeur à ce jour)

samedi, 04 avril 2009

PARADOXE (2)

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La parole donnée
D'une date de péremption
Est estampillée

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vendredi, 03 avril 2009

EMPAROUILLAGE

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Ce poème a écorcobalissé ma route cette semaine ripe à ra et rape à ri. Sans me défaisser, je le libuque sur les terres  de mes îles...

LE GRAND COMBAT

Il l'emparouille te l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;
Il le pratèle et le libuque et lui baruffle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerceau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille
Dans la marmite de son ventre est un grand secret
Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ;
On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
Et vous regarde,
On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.


Henri MICHAUX ; Qui je fus Gallimard, 1927


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mercredi, 11 mars 2009

EN RIRE

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Hier, nous rîmes des rimes.

dimanche, 08 mars 2009

L'AFFICHE AU MUR

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Il n'y a pas de saisons pour la poésie, voici un temps pour s'en souvenir: Le printemps des poètes
En rires, je vous passe ce poème de Jean l'Anselme, L'amour fou.
Et pour vous, L'amour fou c'est quoi?

L'amour fou
Je suis à toi comme la sardine est à l’huile,
le maquereau au vin blanc, le loup au
fenouil, le brochet au beurre blanc.
Je suis à toi comme la glace est à la pistache,
le poulet aux hormones, la soupe à la
grimace, mon père avec la bonne.
Je suis à toi comme le vinaigre est à l’estragon,
la pêche à l’espadon, la salade aux lardons,
les gaîtés à l’escadron.
Je suis à toi comme le moutard à sa nourrice,
le motard à la police, les aristos à la lanterne,
les peupliers à la poterne.
Je suis à toi comme le yaourt est à la vanille, ton
sexe au parfum de glaïeul, le petit salé
aux lentilles, la mémère à son épagneul.
Je suis à toi comme tu es à moi, comme le ver
est à soie, comme l’avenir est à nous,
comme le garde est à vous, comme le train
est à l’heure.
Je suis à toi
comme les tiques aux bœufs.
On dit n’importe quoi
quand on est amoureux.

N.B. – Soyons honnête quand je dis « ton sexe au parfum de
glaïeul », ce n’est pas de moi mais d’André Breton.

Jean L’Anselme
in « La chasse d’eau » (Rougerie Ed., 2004)

 

mardi, 04 novembre 2008

ITINÉRAIRE

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Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens.
Proverbe africain

Ce mercredi 5 novembre d'ambre et de gingembre
Aujourd'hui un homme noir entre à la maison blanche
...
Entre hier et demain, de nouveaux chemins où aller...

vendredi, 31 octobre 2008

LES MÈRES ANODINES

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J'ai dévoré aujourd'hui des poèmes iconoclastes, défoulatoires dits domestiques de la même qui est venue déranger, titiller L'histoire de France. La langue s'y dénoue, jubile. Les incisives incisent et les crocs croquent.
En voici un, choisi peut-être au hasard.

Le regard de chèvre
des mères autour du bac à sable.
Ces mères automates,
près des toboggans,
qui balancent ou qui poussent
et qui recueillent leur coeur et leur ennui
au bas des glissades.
Tellement aimantes et dévouées...
Rêvent-elles à la grande dévastation des squares?
Au joueur de flûte qui emmènera les enfants?
Ensuite, pauvres folles, décérébrées,
elles sillonneront la ville à leur recherche.
Elles les appelleront, comme si personne
n'avait jamais crié auparavant
le nom d'un fils ou d'une fille.
In La ménagère cannibale, Béatrice Fontanel, Seuil

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jeudi, 18 septembre 2008

TOUT UN MONDE

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Des bourses crevées et des milliards réinjectés, une Edvige franco-hétéro, un ministre de l'éducation nationale et des maternelles, succursales de Pampers, c'est vrai qu'il faut de tout pour faire un monde mais gloire soit rendue à Queneau qui avait revu et corrigé cette phrase fossilisée ."C'est dégueulasse, mais il faut de tout pour faire un monde."

Ce matin, ils étaient une bonne trentaine à venir pointer à mes cours pour préparer le concours de professeurs des écoles. Alors j'ai présenté les nouveaux programmes, décharnés -leur chair chaude est ailleurs-, j'ai parlé de l'autodafé des documents d'accompagnement. Et puis j'ai sorti de mon sac l'imagier Tout un monde parce que souvent les mots, trop caressés dans le sens du poil, ne savent plus dire. Je leur ai proposé cette carte comme une invitation au voyage, une invitation à écrire.

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Arnaud fut le premier à dérouler des pieds agiles pour dire son insouciance. Avec sa façon de mâchonner ses mots, j'aurais bien aimé qu'il le déclame tel un slam son texte.

L'idée d'un voyage m'a traversé
En voiture, à vélo ou à pied
Venant du nord, j'irai vers le sud
Ou bien vers l'est pour changer mes habitudes

Ca y est je pars à l'aventure
Pour la sécurité j'attache ma ceinture
Et peu importe l'endroit où j'irai
J'ai tant de choses à explorer

Je regarde à gauche puis à droite
Sur la route je m'embarque
Pour parcourir le monde de mille façons
Toujours plus loin vers l'horizon.

dimanche, 10 août 2008

LAISSE DE CHAISE

chaise.jpg

Les volutes du temps
Quand surgit le mascaret
Le passé délaissent

 

Haïku écrit après un petit tour par ici puis un autre par là.

jeudi, 07 août 2008

SOLITUDES

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Photo de Moucheron
Photoshopée par la tenancière de ces lieux
-j'en appelle à votre indulgence, c'est ma première expérience-

Les travaux de salles d'eau ont fini par sécher, peintures et fuites. J'ai enfin pu passer à l'essentiel: mettre une étagère dans les toilettes, y placer un galet ramassé l'année dernière chez les bigoudens et laisser les uns et les autres y déposer les livres indispensables aux moments de solitude à venir... Cette année, j'entreprends donc d'y relire l'Atlas des géographes d'Orbae. La première fois, je l'avais lu de A à Z, lettre après lettre. Ma mémoire sélective avait alors marqué une préférence pour le I. Cette fois-ci, la lecture sera fragmentaire, donc autre. J'avais oublié qu'Au pays des Amazones s'ouvrait avec Euphonos, le musicien muet, lui aussi, dont le nom dépasse le silence: "à la belle voix"
Sur mon étagère, une main a laissé Sans frontière fixe de Jean-Pierre Siméon (Cheyne). Les miennes l'ont ouvert au hasard -ou peut-être bien à la suite de mon précédent billet- et ont parcouru L'étranger...

Je suis né à Paris
de parents français:
mon état civil est net
comme une chemise du dimanche

Mais je suis étranger
plus étranger que l'étranger
à mon pays quand il est
dur et froid comme la pierre
et fermé comme une porte
au ciel changeant des visages
je suis étranger à la beauté
qui ne s'offre qu'à son miroir
étranger à celui
qui sonne le tocsin
pour un courant d'air
étranger vraiment
plus étranger que l'étranger lui-même
au pays qui met
son blé et sa lumière
à la cave du coeur

 

 

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jeudi, 03 juillet 2008

TIRE L'IRE

 

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En rire
Des sires et des sbires
Des spires et des saphirs
Des kirs et des fakirs

Et Le Roi Lear

En rires
Les hetaïres et les tire-lire
Tyr et l’Epire
Les menhirs et les zéphirs

Et Shakespeare

En rires écrire des ires

 

lundi, 30 juin 2008

EN RIRES

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Les sbires du sire devraient se concerter. Côté éducation nationale, exit la littérature jeunesse des nouveaux programmes. Je ne saurai faire route sans notre bonne vieille littérature classique mais je ne laisserai pas manquer à l'appel, la rentrée prochaine, Place, Pommier, Mourlevat, Hassan et tous les autres. Côté culture, le prochain Lire en fête est justement consacré à la littérature jeunesse! Il y a dans tout cela une logique qui m'échappe.

Quant au Printemps des poètes, la prochaine version sera sur le thème de En rires... C'est peut-être bien ce qui nous reste à faire.

 

 

dimanche, 20 avril 2008

PARTIR

 

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(Photo d'Anita)

Il est des départs qui nous rendent orphelins de toute une partie de l'Histoire de ce monde. Hier ce fut Senghor, aujourd'hui c'est Césaire.
Soleil cou coupé...

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?


Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je
dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies,
humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots
en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir
et toi terre tendue terre saoule
terre grand sexe levé vers le soleil
terre grand délire de la mentule de Dieu
terre sauvage montée des resserres de la mer avec
dans la bouche une touffe de cécropies
terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à
la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en
guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des
hommes


Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.

Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »

In Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire

mardi, 15 avril 2008

(CENT NOMS)

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Photo de Matthieu

(L'internaute perspicace aura remarqué l'ombre que seul un soleil ensoleillé pour de bon peut projeter!)

Le Rhône ne ronronne pas. Bien trop occupé à charrier troncs et branches qu'il est. Comment pourrait-il aussi aspirer à être un fleuve paisible lorsque ses rives se gaussent de noms de lieux rivalisant avec Les Îles Indigo. Le long de la balustrade -serait-ce un établi?- ils sont tous vissés mais pas indévissables.  De quel atlas ont-ils tous dérivé? D'Homère à Artaud, quels imaginaires ont-ils balayé?

Loin

Samaitapa Soie d’eau Utopia Calypso Ouessant
Migravent Nuages d’eau
Des airs Désert Pays de Gaia
Abecca
Chapeaux vides Girafawaland
Thaïs Ptyx Légumophone
Sur quel air les fenouils et navets fredonnent-ils?
Pays des vieux papiers
Les troncs et les branchent venaient-ils de là?

Rien Nutopia
Et sur le même principe, nubuesque nuluberlu

Jardin du géant égoïste
Youchou UFFA Hooloomooloo
UFFA se prononce Oufa
Xiros Paflagonie
Petaouchnok Vemish
Oracle de la bouteille
Oog
Ombilic des limbes

Sans nom

Anonyme aussi celui qui a vissé incognito sa plaquette We are all haunted houses. Quels sont donc les esprits qui hantent nos esprits?

dimanche, 17 février 2008

ATHANOR

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Tant de tresses au vent
Eparpillent la graine avide
D’une tendresse vaine

mercredi, 13 février 2008

VOULOIR VIVRE

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S'il arrive au peuple, un jour, de vouloir vivre,
Il faudra bien que le destin réponde,
Il faudra bien que s'ouvre la nuit,
Il faudra bien que cèdent les chaînes.
Celui que le désir de vivre n'a pas étreint à bras le corps,
S'évapore et disparaît au grand ciel de la vie.
Ainsi m'ont dit les êtres, tous les êtres.
Ainsi m'a parlé leur esprit caché.

Au sommet d'une montagne, au plus secret des arbres,
Dans la mer déchaînée, écoute murmurer le vent :
Que je me tourne vers un lieu du monde,
Et je m'habille d'espoir, et me dépouille de prudence.
Je ne crains la rigueur des sentiers,
Ni le feu le plus altier.
Refuser la montagne haute,
N'est-ce point vivre, à jamais, au fossé ?

 

Aboulkâssem al-Châbbî
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Photos de Béné

mardi, 22 janvier 2008

FACES

La lune est pleine

De creux de vides

De l'autre côté

En douce

Elle bombe le torse.

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