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samedi, 20 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (6)

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Entre la pointe du Raz et pont l'Abbé

Les fils ne m'intéressent pas pour leurs couleurs mais pour leur capacité à transpercer les ampoules et à larguer les amarres.

vendredi, 19 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (5)

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Entre la Pointe du Raz et Pont l'Abbé

2,7 mm cette nuit-là sont tombés!!! L'Océan ne s'en est pas rendu compte.



jeudi, 18 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (4)

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Du GR ou du phare, qui s'est décidé en premier à signer le chemin en rouge et blanc?

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Photos de moucheron
Entre la pointe du Raz et pont l'Abbé

mercredi, 17 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (3)

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Entre la pointe du Raz...
Allain Leprest a décidé de partir... Hier, je faisais route vers mes pointes en écoutant en boucle Donne-moi de mes nouvelles. Restent ses mots qui continueront de porter mes pas autrement sur ce monde.

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... et Pont l'Abbé.

07:00 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allain leprest |  Facebook |

mardi, 16 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (2)

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Photo de moucheron
Entre la pointe du Raz et Pont l'Abbé

Tords-tu les années-lumière et aussi celles d'obscurité pour rejoindre au plus vite l'Océan?
Et l'Enfant, l'espace d'un remplissage de seau, t'imite, en un axe de symétrie connu de lui seul.

 

 

lundi, 15 août 2011

BAL(L)ADE DE POINTES (1)

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En cet espèce d'espace est numéroté, rangé, classé,  un monde de papier au grand complet, du pôle nord au pôle sud, de la naissance du soleil à sa mort. Nous voulions des pointes, pas celle de Pitre encore moins celle de Coeur ou de Côté. A nous celles dites du ou de -choississez la préposition à l'allure de particule qui convient- Castelmeur, Van, Raz, Feunteun Aod, Plogoff,  Castel, Penn an Enez, Lervily, Karreg Léon, Souc'h, la Torche, Penmarc'h. Et entre deux, des paluds et des plages et deux ponts, de croix et d'abbé. Mur de gauche, 3ème rangée en partant du haut, cartes 0419 ET et 0519 OT...

samedi, 26 février 2011

BASTE!

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Elle s'était fait tout un univers du Musée du Quai Branly. Elle espérait trouver des invitations au voyage dans chaque recoin. Je m'étais engagée à l'y emmener, en ce musée des colonisateurs. Elle marchait lentement, s'arrêtait pour allumer une cigarette dont elle ne connaîtrait jamais le mégot, et son pas faussement contenu cachait mal son impatience.
La façade de verdure faisait mine triste, hésitant entre feuilles desséchées et pourriture. Deux jardiniers tentaient de redonner au lieu un semblant d'apparat, le bambou rivalisait avec le bambou en cette morne saison sans fin.
Le seuil fut vite passé, peu de monde aux guichets. La rampe d'accès aux salles d'expositions dégoulinait de mots de peuples, de contrées, de rites et rituels, sur une idée sans doute hautement réfléchie et artistique de Sandison. Le saccage commençait là: nous piétinions cela même que nous allions admirer, clouté, cloué, suspendu en des vitrines sans âme. Des scolaires sages et ébahis écoutaient une guide leur dévoiler les mystères d'un masque à doubles porteurs, normalement brûlé après la cérémonie.  Un doigt se lève: que faisait-il là le masque alors?
Au fil des galeries, cette certitude: les Européens se sont damnés pour des siècles pour avoir ainsi enfermé et exposé ce qui ne se montrait que dans le secret de rituels au creux du monde.

quai branly,queequeg,moby dick,sandison
Queequeg, Rockwell Kent

J'en étais là de mes sombres pensées quand a surgi le rejeton du Queequeg de Moby Dick: le corps tatoué de la tête aux pieds et vêtu d'un kilt, berçant une poussette tout en s'adressant à un gardien en un anglais qui trahissait que ce n'était pas là sa langue maternelle. Qu'avait-il donc écrit dans les plis et les replis de sa peau que nulle guide ne serait à même de commenter sur un ton pédago-sentencieux? Magnifique apparition qui à elle seule apaisait tout le reste...

quai branly,queequeg,moby dick,sandison
Queequeg,Maurice Pommier

 



lundi, 20 décembre 2010

J-1

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Montée, ce matin, vers le panorama des côteaux de Seine, comme d'autres montent au septième ciel.
Entrelacs de branches entrecoupés d'entrevous glacés. La jambe s'enfonce jusqu'à hauteur de la cuisse, étonnée de ne plus rencontrer le chemin foulé tant et tant de fois. En haut, les repères ne sont plus, l'espace s'est calfeutré. Le  panorama n'a d'autre existence que sa désignation.

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Il ne reste plus qu'à rejoindre les lacis en contrebas avec leurs bonhommes de neige, stéréotypés, poireautés et carottés. On se prend à espérer d'autres formes échappées d'une imagination moins commune.
Et puis, dans la dernière ondulation du sentier, ceci, une certaine origine du monde...

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J-1: Plus que quelques heures, vingt-quatre peut-être...


mardi, 07 décembre 2010

OuLiPo!!!!!!!!

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Fragment de La dive bacbuc, Garouste

 

Disparition ? Ah non alors!
L’OuLiPo a son anniv’, quinqua donc !
Contraints, soufflons d’un pffuit un flambô par an puis ouvrons la radio .

vendredi, 22 octobre 2010

JE DÉCHIRERAI LES RIRES BANANIA SUR TOUS LES MURS DE FRANCE

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Tant que des emparfumeurs débagouleront sur des plateaux de télévision dans le silence général ou presque, je mettrai au seuil de mes îles, ce poème...

Poème liminaire

Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n'est votre frère d'armes, votre frère de sang?

Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux
Je ne laisserai pas -non!- les louanges de mépris vous enterrer furtivement.
Vous n'êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur
Mais je déchirerai les rires banania sur  tous les murs de France.

Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits de Montparnasse
Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les canaux de moire et de simarre
Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuberculeux
Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous l'élégance des ponts blancs
Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n'était pas sérieux, votre peau noire pas classique.

(...)

Léopold Sédar Senghor, Hosties noires

dimanche, 03 octobre 2010

PENSEES ITINERANTES BRUTES

 

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Si vos pieds ampoulés aujourd'hui vous font regretter les marches piétinantes dans les rues d'hier
Si les sondages étatiques vous convaincraient presque d'aller travailler pour combler le gouffre des retraites plutôt que de perdre des journées de travail,
Voici un petit cours d'arythmétique à regarder de toute urgence:cliquer ici

 

jeudi, 19 août 2010

SILENCIEUX

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Quand s'éteignent les feux de l'artifice,
le fil des étoiles biffe les cieux en silence.

samedi, 26 juin 2010

ça

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Miro, Bleu II, 1961

Retour à la terre
Le convoi se fait à la lueur
d’une lune rousse et pleine

Le regard s’embourbe devant un sens interdit
Dépourvu de séance, son rouge dépareille...

mercredi, 19 mai 2010

ET LA LUMIERE FUT

 

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Willy Ronis, Place Vendôme, 1947
Le trottoir humide,
Ondée méridienne,
Au creux du pavé poli
Nonchalance de la flaque
-A quoi sert-elle la flaque si elle ne reflète pas?-
Et comme un fil du hasard,
L'éclaircie
L'ombre dressée
Dans le pas d'une passante.
Exposition Willy Ronis, Une poétique de l'engagement à la Monnaie de Paris

samedi, 27 février 2010

CARNAVALESQUE

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Carnaval de Nice

Monsieur La Fontaine s'est trompé.
Ai croisé une grenouille qui pour égaler le boeuf en grosseur s'est enflée, enflée si bien qu'elle est montée.

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lundi, 21 décembre 2009

DÉBÂCLE

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Matin du premier jour -
dans le poêle
quelques braises de l'an passé
Hino Sôjô

Nous y voilà donc, de l'autre côté, date miroir que ce 21.12. Le soleil s'est arrêté pourtant sa chute semblait irréversible. La dame de la météo peut encore nous annoncer avec jubilation tous les cataclysmes de la terre sur une carte tourmentée par la neige et les pluies givrantes. Elle sera bien obligée de le reconnaître juste après avoir salué le saint du jour (nous faudra-t-il un jour ajouter Pie XII au calendrier?, je referme la parenthèse) et juste avant de rendre l'antenne que nous gagnerons quelques minutes de clarté. Il ne souffrait plus de dégringoler, le soleil. Qu'est-ce à dire? Etonnant comme un même verbe peut dire une chose et son contraire. Souffrir vient du latin sufferre, supporter. Aussi lorsqu'on ne souffre plus quelque chose -"d'être mendiant" par exemple et par le plus pur des hasards- cela signifie qu'on ne le supporte plus ou qu'on n'en éprouve pas de souffrance. Pour ce qui est du soleil, le doute n'est pas permis.
 
Neige qui tombais sur nous deux -
es-tu la même
cette année?
Matsuo Bashô

jeudi, 10 décembre 2009

PLEURIRE

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Au fond de la brume
Le bruit de l'eau
Je pars à sa rencontre-
Ozaki Hôsai

vendredi, 25 septembre 2009

Pffffff!

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Ca tombe bien, ce week-end j'avais prévu d'aller ramasser des châtaignes!

 

16:36 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : etretat |  Facebook |

dimanche, 13 septembre 2009

CARREFOUR

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photo de moucheron

Les carreaux du cahier sur les noeuds du bois de la table,et pourtant la ligne d'horizon.

22:38 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : horizon |  Facebook |

mercredi, 26 août 2009

INSPIRATION

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Per aspera ad astra,
Vers les étoiles par l'aspirateur...

Que dire alors de "per angusta ad augusta"?

Toujours est-il que pour un peu de gloire ou d'étincelles, faut qu'ça bave... (sur un air des Joyeux bouchers de Boris Vian)

mardi, 04 août 2009

OUVERT LES JOURS DE PLUIE...

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La tenancière baisse le rideau de ses îles indigo pour quelques temps...
Portez-vous bien!
Pendant mon absence, vous pouvez résoudre l'énigme suivante: où cette photo a-t-elle été prise? Certains jours sont avantagés!

05:53 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : lune |  Facebook |

vendredi, 31 juillet 2009

ÉCLIPSE

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Les nuits de pleins nuages -367 exactement- lorsque la lune se détache par intermittence de sa burqa, les femmes font-elles de même ?
Post-scriptum: Etait-ce 367 ou 357 nuages, très précisément?

jeudi, 25 juin 2009

QUINTESSENCE DE POUSSIÈRE

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Le jeudi soir, lorsque débutent les roulements de tambours, je ne sais jamais si ce sont les poubelles voisines qui font leur sortie hebdomadaire ou l'orage qui approche.

 

22:15 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tambours |  Facebook |

jeudi, 18 juin 2009

A L'IMPOSSIBLE ON EST TENU

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acrobates de Vendôme

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison


Jean-Pierre Siméon, ICI, Poèmes pour grandir
Cheynes éditeur - Février 2009

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Martine Melinette

 

09:30 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : siméon, ici |  Facebook |

lundi, 11 mai 2009

DÉCADE (2)

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Photo de Moucheron

Ce matin, la Biquetterie s'est vidée. La seule à venir s'inscrire dans ce silence est l'hirondelle qui, après deux jours d'absence, a repris ses voyages dans l'entrée de la dépendance. Dans le jardin, des vêtements herbent depuis samedi. L'humidité de la rando en canoé a séché, remplacée par celle des ondées et des rosées de deux nuits. Tout à l'heure, je  mettrai une machine à laver en route.
Près du muret, oubliés ou laissés là comme ultimes traces de la fête, un pot de plastique noir cisaillé, une bêche, des algues séchées: à la place des deux plants d'arbres à papillons qui mettaient gravement en péril l'écosystème de mon biotope -dixerunt Christine, une amie cent pour cent bio et Christophe, un botaniste averti- plastronne désormais une spirée. Tout à l'heure, je songerai à choisir un emplacement pour la wistaria sinensis et le virbunum.
Pour l'instant, le couvercle du ciel bas et lourd me garde un peu coupée de ce début de semaine. Lorsque le soleil percera, des fragments d'images s'échapperont sans doute par la brèche. Il me faut tenter de les fixer avant.
Samedi soir, ils étaient presque tous là, famille et amis, de ceux qui me connaissent depuis quatre décades jusqu'à ceux qui m'ont aidée à fermer la trentaine avec sérénité. Et avec eux, la génération suivante qui a valsé autour de la table de ping-pong jusque tard dans la nuit sous l'oeil impassible du fidèle réverbère, tiré un feu d'artifice lorsque l'éclairage public  a laissé place à l'obscurité et entonné un "joyeux anniversaire" à la guitare, au trombonne à coulisse et à la flûte traversière à plus d'heure.
Ils avaient pensé à la tarte au citron, au Bonnezeaux et à la Kriek à la cerise comme son nom l'indique. Sous le papier crépon du premier cadeau sont même apparus deux tablettes de Galak et trois carambars au carambar, les vrais quoi. Je ne passerai pas sous silence le regard ahuri de Christine. Eh oui, cela fait partie de mon pourcentage non-bio auquel se rajoute la clope roulée à la fleur de pays.
Aujourd'hui, j'ai une certitude: à l'impossible je continuerai de les tenir tous. J'en rêvais, ils l'ont fait. J'en suis encore toute estopatée, époustourdie, émerluée.

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Dessins d'ours gris

Il est un lieu où souvent mes roues de vélo me transbahutent. A Poses, au brouhaha du barrage succède le monde ralenti de l'écluse. Le pont vibre au passage des péniches et des pousseurs. Combien de fois me suis-je dit qu'un jour j'aurai l'audace de sauter sur l'une d'entre elles, chargée de sable pour rejoindre la capitale? Plus besoin de m'inscrire à un stage pour le saut de l'ange et un grand merci à môôssieur Erik, batelier sur la Seine qui, un jour prochain, me prendra à son bord.
Le ferai-je avant ou après l'autre truc impossible qu'ils ont mis en place? Que vaut-il mieux? De la volupté avant et de l'hédonisme après ou le contraire? A Saint-Malo, pour le festival Etonnants Voyageurs ils m'ont conviée et à un petit déjeuner avec Michel Onfray, ils m'ont inscrite!

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Autant d'occasions de mettre un peu plus de centimètres carrés du monde sous mes semelles...

dimanche, 26 avril 2009

DÉCADE

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Les hasards de l'étymologie provoquent des rencontres inattendues. Ainsi, décade se retrouve à cohabiter avec décadence. Dix ans -d'aucuns, minimalistes sans nul doute, veulent n'y voir que dix jours- sont ainsi suivis de près par un débagoulis d' affaissement, déclin, dépérissement et chute dans mon vieux Bob.
A la veille d'entamer ma cinquième décade, j'aime les plis qui se sont inscrits à la pointe du regard, replis des jours passés. La vie a marqué ça et là, c'est autant de souvenirs empilés.
Pour clôre cette journée, il me plaît de relire ces mots de Béatrice Fontanel qui provoque des rencontres plus heureuses que celles de mon vieux Bob.


Comme j’aimerai toujours
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
Cresson grésille sur les papilles
comme l’eau dans la poêle brûlante.

Le plancton qui s’infiltre
entre les fanons de la baleine
lui donne-t-il la même sensation ?

in Tentacules et manivelles
(recueil orphelin d'éditeur à ce jour)

samedi, 04 avril 2009

PARADOXE (2)

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La parole donnée
D'une date de péremption
Est estampillée

15:53 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : haïkus |  Facebook |

vendredi, 03 avril 2009

EMPAROUILLAGE

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Ce poème a écorcobalissé ma route cette semaine ripe à ra et rape à ri. Sans me défaisser, je le libuque sur les terres  de mes îles...

LE GRAND COMBAT

Il l'emparouille te l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;
Il le pratèle et le libuque et lui baruffle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerceau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille
Dans la marmite de son ventre est un grand secret
Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ;
On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
Et vous regarde,
On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.


Henri MICHAUX ; Qui je fus Gallimard, 1927


08:44 Publié dans BAL(L)ADE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : michaux |  Facebook |

mercredi, 11 mars 2009

EN RIRE

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Hier, nous rîmes des rimes.

dimanche, 08 mars 2009

L'AFFICHE AU MUR

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Il n'y a pas de saisons pour la poésie, voici un temps pour s'en souvenir: Le printemps des poètes
En rires, je vous passe ce poème de Jean l'Anselme, L'amour fou.
Et pour vous, L'amour fou c'est quoi?

L'amour fou
Je suis à toi comme la sardine est à l’huile,
le maquereau au vin blanc, le loup au
fenouil, le brochet au beurre blanc.
Je suis à toi comme la glace est à la pistache,
le poulet aux hormones, la soupe à la
grimace, mon père avec la bonne.
Je suis à toi comme le vinaigre est à l’estragon,
la pêche à l’espadon, la salade aux lardons,
les gaîtés à l’escadron.
Je suis à toi comme le moutard à sa nourrice,
le motard à la police, les aristos à la lanterne,
les peupliers à la poterne.
Je suis à toi comme le yaourt est à la vanille, ton
sexe au parfum de glaïeul, le petit salé
aux lentilles, la mémère à son épagneul.
Je suis à toi comme tu es à moi, comme le ver
est à soie, comme l’avenir est à nous,
comme le garde est à vous, comme le train
est à l’heure.
Je suis à toi
comme les tiques aux bœufs.
On dit n’importe quoi
quand on est amoureux.

N.B. – Soyons honnête quand je dis « ton sexe au parfum de
glaïeul », ce n’est pas de moi mais d’André Breton.

Jean L’Anselme
in « La chasse d’eau » (Rougerie Ed., 2004)