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mardi, 27 novembre 2012

Aujourd'hui armé comme le béton.

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Hier sur les Hauts Prés, aucune armature n'aurait pu me protéger de la beauté du monde. Aucune armure non plus. Rafales de pluie et ciel chargé de nuages noirs. Et le soleil en intermittent du spectacle. A chaque apparition, il a illuminé la nudité grisâtre du peuplier. Je suis restée là, comme on regarde un feu d'artifice au coeur d'une nuit d'été. Me demandant à quelle flamboyance j'allais assister la fois d'après.

lundi, 26 novembre 2012

Aujourd'hui une bonne chose de faite.

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Hier, je suis allée me bal(l)ader sur le blog d'Yves. Il avait photographié son abricotier avant que les rafales de la nuit ne le transforment tout en bois.
Cela faisait quelques jours qu'à chaque fois que je passais devant la vigne toute en lumière je me promettais de la mettre en boîte avant que le vent ne la transforme toute en sarment. C'est une bonne chose de faite.

dimanche, 25 novembre 2012

Aujourd'hui tête pleine de.

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C'est là un principe physique ou une pensée philosophique: toute tête pleine de finira tôt ou tard par se vider.

samedi, 24 novembre 2012

Aujourd'hui j'étais un animal quand.

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Si j'étais un île, je serais Indigo
Si j'étais un gratte-ciel, je me courberais un peu pour laisser les nuages passer
Si j'étais un des cinq éléments, je regretterais les quatre autres
Si j'étais un barrage, j'ouvrirais grand mes vannes
Si j'étais un écrivain, trouverais-je le temps de me bal(l)ader encore ici?
Si j'étais une forêt, je demanderais au premier arbre de ne pas cacher tous les autres
Si j'étais un arbre, je porterais la trace du G.R. sur mon tronc
Si j'étais un fruit de mer, je trouverais incongru mon nom
Si j'étais un animal,je ne voudrais surtout pas être une rate testeuse d'OGM.

Suis allée voir hier le documentaire Tous cobayes. On ne pourra pas dire à nos enfants que nous ne savions pas quand ils nous poseront la question.


vendredi, 23 novembre 2012

Aujourd'hui séduction de.

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Calme de la Gorgone
avant l'engloutissement,
passant médusé.

jeudi, 22 novembre 2012

Aujourd'hui suffirait de trois fois rien pour que.

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Aujourd'hui suffirait de trois fois rien pour que cette photo reçoive le titre d'Origine du monde.

mercredi, 21 novembre 2012

Aujourd'hui une chance.

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Aujourd'hui c'est une chance que la contrainte ne soit pas entortillée comme celle d'hier. Elle me laisse la liberté d'écrire dans la marge et d'y déposer une colère.
Que s'est-il passé dans la tête de certains de mes élèves vendredi soir? Dans la matinée, T., un petit gars du voyage scolarisé chez nous leur avait dit, comme on partage un bonheur, que ses cousins allaient venir le chercher à la fin des cours. Toute la journée, la rumeur a pris forme, s'est nourrie d'elle-même, s'est mise à enfler, à gonfler, s'est réjouie de prendre de telles proportions. A 17h, elle avait la grande satisfaction de dire cela, la rumeur: les gitans, armés jusqu'aux dents allaient venir les égorger. Certains sont sortis avec leur compas dans leur poche, d'autres leurs ciseaux, prêts à en découdre.
Lundi matin, nous avons effectivement décousu tout cela: la peur de l'autre qui peut faire battre le coeur avec une certaine jubilation, les préjugés. J'ai demandé si leur mémoire avait fait des confettis de l'album lu en début d'année, Ogre, cacatoès et chocolat de Cécile Roumiguière et Barroux. Pourtant, ils m'ont raconté l'ogre tapi dans son ennui et dans la forêt. Il a une sale réputation, l'ogre. Dans la bouche des mères, c'est le monstre avec toute sa cohorte de on dit. D'ailleurs, sur la page, il est énorme, noir et difforme. Ils se sont souvenus de Manon, la collectionneuse de bouts de papiers et de mots improbables. De leur rencontre. De la parole qui a ce pouvoir de percer la baudruche des peurs collectives d'un coup d'aiguille. De Barnabé -c'est l'ogre épouvantable de la première page mais maintenant il a un nom- qui sur la dernière page a une taille humaine.

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Je crois désespérément au pouvoir des mots. Rien ne m'est plus insupportable que ces situations qui s'enlisent parce que la parole n'est plus possible. Dans mon sac, ce matin, je rajouterai une pile de Dans les yeux d'Angel de Cécile Roumiguière. Je le prêterai à qui voudra le lire. Angel ou T. Que ce roman puisse les faire avancer.

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mardi, 20 novembre 2012

Aujourd'hui manger, boire, fumer, respirer, consommer.

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Une contrainte comme celle-là, ça me donne juste envie d'entreprendre un jeûn jusqu'à demain, de continuer de boycotter les grandes surfaces sans date limite de rebellion, de retenir mon souffle jusqu'à la dernière ligne.
Cela étant dit, je remercie Colo pour les graines de tomates espagnoles envoyées: au printemps, j'en ferai des semis qui rejoindront le jardin des possibles. Le prochain automne, j'accrocherai des torsades, dans la cuisine, de cette fameuse variété. Quand nous les cuisinerons, il y aura un peu de cette terre indignée sur notre table.
Le lecteur attentif aura remarqué que je me suis bien gardée d'évoquer deux des verbes de la consigne. Je lève donc mon café clope à cette journée.

lundi, 19 novembre 2012

Aujourd'hui une lumière.

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A Dom-Dom
Les nuits sont longues à cette époque de l'année. Elles s'étalent de plus en plus sur le jour. J'attends le solstice d'hiver, avec moins d'impatience cependant que les années précédentes. J'accepte ce passage par l'obscurité. Je me lève très tôt le matin parce que le jour est encore à venir. La nuit en devient plus acceptable.

dimanche, 18 novembre 2012

Aujourd'hui c'est parfois si simple de.

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Je dédie le billet du jour au patron du grain de café et à Béné. Quand ils ont appris que j'avais prédit le Goncourt des lycéens, ils m'ont demandé de faire de même avec leur vie...
Ce qui se passera: c'est parfois si simple de s'en faire une montagne ou une forêt dense et drue, qu'il peut être tout aussi simple de se mettre en route avec la certitude que le chemin se dégagera, jour après jour.

samedi, 17 novembre 2012

Aujourd'hui des bas des hauts.

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en bas

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en haut

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Et au milieu ma journée.

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vendredi, 16 novembre 2012

Aujourd'hui comme un fil d'Ariane.

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J'accrocherai au tranchant du barbelé le fil d'Ariane et de mes pensées. Le sentier recevra mon pas et ma tête vide. Oui, je ferai cela, à la pointe du jour.
En attendant, dans le dernier repli de la nuit, je m'adonne une fois encore à La vérité sur l'affaire Harry Quebert.

jeudi, 15 novembre 2012

Aujourd'hui dans le rôle principal il y a.

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6h00
Aujourd'hui, il se pourrait bien que ce roman-là détienne le rôle principal, en se voyant décerner le Goncourt des lycéens. Je mettrais bien ma tête à couper si je n'en avais pas besoin pour en finir la lecture.
Il a tout d'un polar: 2008, quelques mois avant l'élection d'Obama. Markus Goldman, après le succès retentissant d'un premier roman, est confronté à la page blanche qui le reste. Il accepte l'invitation de son maître et ancien professeur, Harry Québert, à venir le rejoindre à Aurora pour trouver l'inspiration. Elle lui est donnée lorsque dans le jardin est découvert le corps d'une jeune fille disparue trente ans auparavant. Ainsi débute l'affaire Québert. Vous n'avez plus qu'à espérer avoir assez de temps où l'on vous fiche la paix pour arriver prestement à la dernière page de ce thriller à la Capote.  
En cours de route vous remarquerez peut-être que les chapitres sont numérotés de 31 à 1, en une longue remontée de la mémoire. Trente et un conseils donnés par le maître au disciple comme autant de clés pour essayer de circonscrire ce que c'est que cet étrange acte qu'est l'écriture.
A suivre...

15h00
Cet après-midi, entre deux cours, je regarde s'il y a du nouveau sur la toile. Rien n'apparaît encore. Puis le message de Lora* tombe: la vérité sur l'affaire Harry Québert vient de recevoir le Goncourt des lycéens!!!  

mercredi, 14 novembre 2012

Aujourd'hui un engagement.

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Hopper, portrait of Orleans

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Je m'engage demain matin à vous donner le titre du roman qui se verra décerner le Goncourt des lycéens dans la journée.

mardi, 13 novembre 2012

Aujourd'hui pas de place pour.

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Ce matin, j'envie la solitude de cet arbre.
J'ai repris mes cours et soudain la place pour randonner, lire et écrire s'est amoindrie comme peau de chagrin.
Entre deux préparations de cours, suis allée voir ce qu'on disait sur. J'avais envie de lire une tribune qui démonte tout cet argumentaire de pacotille bien-pensant bien-pansant. Justement Virginie Despentes prend l'espace de répondre à Lionel Jospin.
Et puis, s'il vous reste un peu de temps,avant de retourner au charbon, vous pouvez jouer au grand bingo du mariage.

lundi, 12 novembre 2012

Aujourd'hui derrière une porte.

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Ce n'est pas parce qu'on dit "fermez la porte, il fait froid dehors" qu'il fera plus chaud dehors quand la porte sera fermée.
Pierre Dac, encore.

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De l'autre côté de la porte, tout est-il aussi uniformément violet, le bouquet sur la table, les tasses dans le buffet et les cadres accrochés aux murs?

dimanche, 11 novembre 2012

Aujourd'hui pierre à pierre.

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Il n'y a rien de plus difficile à consoler qu'un paysage désolé.
Pierre Dac

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On avait construit le bassin, pierre à pierre. Suffisamment large pour déposer autour un nombre conséquent de sièges verts. Suffisamment étroit pour y ressentir quand même une certaine intimité. On avait ajouté des allées d'arbres. Rectilignes comme si souvent les allées d'arbres dans le jardin public. Alors, pour contrer la droiture de leur reflet dans l'eau, on avait ouvert les jets. On avait aussi cédé à la tentation de poser sur l'autre rive, une statue. Vénus ou Aphrodite, elle serait ce jour-là, pudique. Le regard tourné vers une congénère, là-bas.
Tout avait une place. Il suffisait d'attendre qu'un couple de passants rejoignît la nonchalance des deux fauteuils.

La chance, c'est une question de veine.
Pierre Dac, toujours.

samedi, 10 novembre 2012

Aujourd'hui une personne insignifiante. Vraiment?

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Alabama blues
. Je pressens en ouvrant le dernier roman de Maryvonne Rippert que le chemin depuis Métal Mélodie n'a pas été de toute quiétude. Faut dire que sa Mélodie avait raflé tous les prix de littérature jeunesse, avec une évidente impertinence. Laissant son auteure étonnée. J'imagine que certains soirs, on doute de trouver la blue note pour le suivant.

Alabama blues, ce sont Les Chics Types qui lui ont apporté l'idée de départ -créer un roman avec sa B.O., à huit mains- sur lequel elle a tissé sa trame.
Alabama blues
. Aux premières pages, je ressens le même désappointement qu'avec Métal Mélodie. Les personnages sortent très vite des coulisses. Une fois encore, elle prend le risque qu'on ne s'y attache pas. Ceux-là trouveront-ils le tempo pour former The Band? Lou, le gamin désorienté qui oscille entre ses familles recomposées, Lou la gamine qui menace de réduire en poussière le dentier du premier qui l'importunera, Les Chics Types qui répètent à la MJC et Dexter. Dexter, le joueur de jazz de la place de Paris. Dexter, le survivant d'une Louisiane engloutie par l'ouragan. On sent bien que sa présence a un sens. Qu'à ses côtés, il n'est pas possible de s'obstiner dans ses certitudes et ses désespérances. Il faut aller de l'avant, trouver sa note. A ce moment-là, les réticences des premières pages se sont évanouies et on aimerait que la lecture dure un peu plus qu'une matinée passée sous la couette alors que des trombes d'eau s'abattent sur les carreaux.

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vendredi, 09 novembre 2012

Aujourd'hui hommes et femmes.

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Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari, goncourtisé.
Dans les jours qui viennent, vous allez en lire tant et plus des critiques littéraires qui vont essayer de parler du bistrot corse, des hommes et des femmes qui s'y arrêtent pour projeter, de leur chute inévitable.
Vous aurez l'embarras du choix. Les qui auront trouvé un chemin et s'y promèneront comme sur une avenue. Les qui heurteront les parois de leur propre labyrinthe et qui clameront que cette oeuvre-là résiste. Les qui la presseront comme un citron et brandiront la pauvre écorce, victorieux.  Les qui l'empaquetteront avant de passer à la suivante.
Je ne me prêterai pas à ce jeu. J'aurai bien trop peur de ne pas réussir à rendre au roman les frémissements tremblés qui m'ont traversée à sa lecture. Je déposerai seulement ici un lien: l'auteur y parle de son roman, avant tout ce chambardement.
Quant à moi, je retourne à la lecture de Où j'ai laissé mon âme.

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jeudi, 08 novembre 2012

Aujourd'hui ça a l'air vieux mais.

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Oui, ça a l'air vieux comme le monde -sans mais aucun- ce qui vient de se passer sur les ondes internationales ces derniers jours: jouer à se faire peur. Toutes le donnaient perdant ou tout du moins, pour qu'un suspense subsiste, le mettaient au coude à coude avec l'effrayant Mormon. Elles ont même réussi à effrayer Zoé sous son arbre à palabres. Pourtant elles n'avaient pas pu ne pas entendre parler des prédictions de Nate Silver: Obama serait réélu, fingers in the noise. Elles ont préféré se laisser séduire par les attraits du "et si on se faisait peur pour de vrai". Ah blandices, quand vous blandissez!

mercredi, 07 novembre 2012

Aujourd'hui j'ai l'habitude de.

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Edward Hopper, Room in Brooklyn, 1932
Museum of Fine Arts, Boston

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C'est la première fois que, ayant affirmé quelque chose la veille, je viens ici me dédire.
Hier soir, pour m'ôter l'ombre d'un doute, j'ai envoyé un message à K. Ce gars-là, après avoir tenu sa boîte à images pendant des années, officie désormais avec sa chronique hebdomadaire sur Arrêt sur images. En m'adressant à lui, je savais bien que, s'il y avait une malheureuse fleur perdue dans toute l'oeuvre hopperesque, il la dénicherait. Room in Brooklyn donc. La fleur n'y est même pas malheureuse: sur son guéridon, elle s'adonne au soleil en toute volupté.

mardi, 06 novembre 2012

Aujourd'hui une fleur.

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Il serait trop simple d'ouvrir la porte de la biquetterie et de choisir une fleur. Une de celles qui résistent aux premières présences du froid. Si vous m'y autorisez, je vais rendre un peu plus complexe la contrainte en vous parlant encore un peu d'hier. Ce qui donne: hier une fleur.

C'est d'ailleurs avec cette idée en tête -vous ramener une fleur- que je suis arrivée hier devant le Grand Palais. A 8h30, le labyrinthe des barrières était quasiment vide. Seule une poignée de ceux qui n'avaient pas réservé leur billet mais qui voulaient avoir la certitude d'entrer était déjà là. Nous n'avions plus qu'à attendre une heure trente. J'aurais pu en profiter pour photographier un des chrisanthèmes qui meublent le jardin du musée tout aussi uniformément que nos cimetières. Mais ça aurait été simple, trop simple de ramener la première fleur entrevue.
Dans la file d'attente qui peu à peu se compactait, j'ai porté mon regard vers le haut et n'ai croisé qu'une nudité indifférente à tous ces hominidés soudain épris d'art américain.

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Puis est venue l'heure -la dixième- où, nous aussi, nous avons vu les choses d'en haut...

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J'allais enfin pouvoir déambuler dans des salles presque vides à la recherche d'une fleur hopperesque.
Dans ma quête,
j'ai observé les talus d'une station essence...

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Gas

J'ai scruté une prairie haute jusqu'au mollet juste devant le seuil d'une maison...

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Cape cod evening

Ne trouvant rien dehors, je suis entré. Chez Phillies.

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Nighthawks

Puis dans le Chop Suey.

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J'ai frappé à quelques portes de particuliers. Suis toujours tombée sur la même femme que j'interrompais en pleine luminothérapie.

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A woman in the sun

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Morning sun

J'ai tout examiné, j'ai même vérifié sur internet de retour chez moi. Je suis formelle: Hopper n'a jamais consacré un poil de son pinceau à une fleur.
Bonus bien malgré moi.

lundi, 05 novembre 2012

Aujourd'hui dans l'actualité.

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Early sunday morning, Edward Hopper

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Tôt, ce lundi matin. Nous avons décidé de tenter le coup. Remplir un thermos de café brûlant. Monter dans la voiture. Faire la route jusqu'à Paris. Arriver devant le Grand Palais longtemps avant son ouverture. Espérer être les premiers de ceux qui n'auront pas pris de réservations en ligne. Faute de places, faute d'envie de programmer jusqu'au moment où l'on pousse la porte d'une expo. Se poser sur les marches -dans le pire des cas, sur le trottoir- puis attendre. Attendre. Pour tromper l'attente, parcourir quelques reproductions dans un bouquin oublié par un ancien amant, amoureux d'Hopper. Voir les organisés arriver, leur billet déjà à la main, lâchant sur l'asphalte un regard dédaigneux pour la plèbe. Qui espère entrer. Avancer pas à pas jusqu'au guichet. Payer son billet puis entrer. Se dire dès le seuil de la première salle que ça ne s'accorde pas. Toutes ces vides solitudes hopperesques et cette cohue. Faire abstraction du monde et tenter quelques tête à tête pour de vrai avec des toiles. Eleven A.M. Compartiment C, car 293. Night window. Gas. Automat. House at dusk.
Ressortir en se disant qu'on aimerait y revenir par effraction, à une heure de la nuit où les réservations n'ont pas été encore inventées.

dimanche, 04 novembre 2012

Aujourd'hui ça ne se passera pas comme ça.

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Je ne sais pas ce qui doit se passer aujourd'hui contre lequel je devrais lutter. Au point de lancer outrée la contrainte à la face du jour. Quand la première lueur percera l'obscurité, je partirai courir avec mon morveux. Il donnera la cadence et je le suivrai jusqu'à la zone de maraîchage des Hauts Prés. En suivant le chemin détrempé, nous accumulerons la boue sous la semelle. Je repenserai alors aux jours de marche en Suisse Normande. A la clémence du ciel qui inondait la terre toute la nuit et qui le matin venu saluait nos premiers pas par des bourrasques de vent et des nuages insensés. Du noir à l'orange. Sur ces chemins-là, j'ai vidé ma tête. Quelques pensées ont choisi les sillons de mes semelles. Soumises au rythme du pas, elles sont devenues fluides.
Je repenserai sans doute à cela tout à l'heure. Et aussi à ceci: l'abandon dans un champ au bord de l'Orne. Le corps rincé par la marche. S'endormir sous un soleil d'automne. Laisser la rivière emporter ses flots limoneux. Se réveiller parce qu'un bourdonnement est monté de la terre comme une caresse.
Oui, ce matin, ça se passera comme ça.

samedi, 03 novembre 2012

Aujourd'hui en bois.

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"Pour les vagabonds de l'écriture, voyager, c'est retrouver par déracinement, disponibilité, risques, dénuement, l'accès à ces lieux privilégiés où les choses les plus humbles retrouvent leur existence plénière et souveraine."
Nicolas Bouvier

vendredi, 02 novembre 2012

Aujourd'hui pourquoi c'est compliqué.

 

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"Si l'on comprenait tout, il est évident que l'on n'écrirait rien. On n'écrit pas sur : deux + deux = quatre. On écrit sur le malaise, sur les sentiments complexes qui naissent de : deux + deux = trois ou cinq. Ainsi le voyageur écrit pour mesurer une distance qu'il ne connait pas et n'a pas encore franchie."
Choniques japonaises
, Nicolas Bouvier

jeudi, 01 novembre 2012

Aujourd'hui la terre.

 

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"Sans cet apprentissage de l'état nomade, je n'aurais peut-être rien écrit. Si je l'ai fait, c'était pour sauver de l'oubli ce nuage laineux que j'avais vu haler son ombre sur un flanc de montagne, le chant ébouriffé d'un coq, un rai de soleil sur un samovar, une strophe égrenée par un derviche à l'ombre d'un camion en panne ou ce panache de fumée au dessus d'un volcan javanais."

L'usage du monde
, Nicolas Bouvier

mercredi, 31 octobre 2012

Aujourd'hui métallique.

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Aujourd'hui, je pars pour quelques jours m'enivrer de couleurs automnales en Suisse Normande. Sac au dos, chaussures de rando aux pieds. Le corps se donnera à nouveau aux chemins. J'abandonnerai ici la pile de romans en cours. Les lisières d'Olivier Adam. Les désarçonnés de Pascal Quignard. Les désorientés d'Amin Maalouf. Aucune fiction ne saurait s'accorder à ces espaces. Elles ne produiraient qu'un bruit métallique sur la roche. La seule écriture qui rende mon pas semblable à une caresse sur la terre est celle de Nicolas Bouvier. Je prends avec moi L'usage du monde et Route et déroute. J'attrape aussi sa correspondance avec Thierry Vernet.
Je laisse ici des fragments. Echos incertains aux contraintes à venir.

mardi, 30 octobre 2012

Aujourd'hui le roi.

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Si j'étais roi, je ne dormirais sur aucune de mes deux oreilles. A cause des As.

lundi, 29 octobre 2012

Aujourd'hui douleur.

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La châtaigne se retrouve-t-elle moins endolorie si elle tombe au sol avec sa bogue?