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lundi, 30 novembre 2009

IMMARCESCIBLE

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Hier, lettres reçues
D’un hanneton coruscant
Et immarcescible.

J'en reste sans voix... Drôles de mots défouloirs pour répondre par retour du courrier aux Impromptus littéraires mais aussi pour le plaisir d'utiliser deux mots dégottés par les papous, la semaine dernière au Havre.
Emission à écouter par ici...

lundi, 09 novembre 2009

MUR MUR (2)

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Montage de Ma2thieu à partir de photos trouvées ici, ici et .

En ce 9 novembre, je suis à son pied, il faut se le faire, tâcher néanmoins de ne pas foncer dedans, éviter trois de ses confrères, lorsqu'ils sont quatre, l'horizon disparaît.
9 novembre 1989: Berlin, burins contre le mur déjà transpercé de graffitis et l'archet de Slava, Check Point Charlie.
Reste un espace traumatisé. Ailleurs d'autres murs, parfois inachevés et toujours ces mêmes pans de béton et déjà ces images en faux-semblant.
9 novembre 2009: je relis Quand les murs tombent d'Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, comme une entamure.
"La tentation du mur n'est pas nouvelle. Chaque fois qu'une culture ou qu'une civilisation n'a pas réussi à penser l'autre, à se penser avec l'autre, à penser l'autre en soi, ces raides préservations de pierres, de barbelés, de grillages électrifiés ou d'idéologies closes se sont élevées, effondrées et nous reviennent avec de nouvelles stridences. Ces refus apeurés de l'autre, ces tentatives de neutraliser son existence, même de la nier, peuvent prendre la forme d'un corset de textes législatifs, l'allure d'un indéfinissable ministère. (...) Ainsi le mur peut-il être subreptice ou officialisé, discret ou spectaculaire.
La notion même d'identité a longtemps servi de muraille: faire le compte de ce qui est à soi, le distinguer de ce qui tient de l'autre qu'on érige alors en menace illisible, empreinte de barbarie.(...)
Le monde a quand même fait Tout-Monde. Les langues et les cultures, les civilisations, les peuples se sont quand même recontrés, fracassés, mutuellement embellis et fécondés, souvent sans le savoir ou le manifester."

Post-scriptum

A écouter sur France Culture
Vivre sa ville: Des murs à abattre
Les pieds sur terre: La vie quotidienne à Berlin

A écouter sur France Inter
La nuit comme si: Le mur de Berlin
Interception: Allemagne, 20 ans après la chute du mur: le prix à payer


samedi, 07 novembre 2009

MUR MUR

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Photo de moucheron

On dit que quand un mur s'élève, les murmures grondent, mûrement. Et quand un mur, d'une brêche s'effondre, la rumeur l'a-t-elle longuement ruminé?

08:19 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : mur |  Facebook |

samedi, 31 octobre 2009

SAMAIN *

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11h54 TGV rdc iDzen pour Lyon
A ma gauche, un jeune homme hésite à ouvrir un volume de Barthes, le range finalement entre un parapluie et des filtres, déplie une feuille et annote un poème en anglais. C'est un taiseux, je ne saurai pas quelle est sa langue maternelle. Sa présence est agréable et s'accorde en plus au concept tégévien: iDzen, on ne cause pas, iDzap, on salue son voisin (sic).
Par la fenêtre, variant du jaune terne au jaune flamboyant, le paysage ne cesse de défiler, le ciel lui fait honneur par intermittence. Le regard cherche un point où se fixer.
De l'autre côté de l'allée, le tailleur prune overdosé de bijoux somnole comme on peut le faire dans un train, sans élégance. La mâchoire inférieure cède à l'attraction terrestre. Derrière la bouche, git une béance que jusque-là les couches de fond de teint prétendaient dissimuler si hasardeusement. Mis à nu, à mort pour quelques minutes d'inattention. Seul le choc d'un Tégévézenzap en sens inverse remet un peu d'ordre dans ce laissez-aller.
*Le 1er octobre novembre correspondait chez les Celtes à la fête de Samain, temps en suspension, passage de la lumière  à l'obscurité.

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lundi, 12 octobre 2009

RÉFECTOIRE

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Réfectoire: bas lat. refectorius "qui refait"

Pourtant mon pas était programmé sur la fonction cerveau reptilien. Le réfectoire à traverser, puis la cour. Choisir le rayon de soleil le moins froid. Le tout machinalement, inconsciemment. Enfin pouvoir fumer ma clope que j'aurais dissimulée jusque-là dans ma paume, un café dans l'autre, bien visible celui-là. Il est encore permis de carburer au breuvage noir au grand jour.
C'était sans compter sur le réfectoire à traverser, vide pourtant à cette heure, ou presque. Aux quatre coins de la salle, une danse silencieuse de femmes fantomatiques sous leurs bonnets et blouses blanches.  Elles lavent le sol d'un geste maintes fois reproduit, en une chorégraphie sans faille.
Mon pas ne se veut plus mécanique, il ne veut plus rien d'ailleurs, il s'arrête.
"Quel ballet!" que j'ai dit. On ne se refait pas...

 

samedi, 03 octobre 2009

GNOMON

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Lever matinal avant que toute la maison ne s'éveille. Le silence rompu par intermittence, une machine tourne déjà: Oculus, l'oeil du lieu, a manifesté sa joie de voir enfin les enfants revenus, sur le sac du fils. Profiter de ce temps avant que la journée ne s'engage plus assurément. Garder comme étranger à soi le programme serré du week-end. Le café pris sur le rebord de la cheminée et les écorces de châtaignes grillées d'hier abandonnées sur une page de quotidien. "Au coeur d'Edimbourg, l'horloge de l'hôtel Balmoral avance volontairement de trois minutes" Est-ce à dire qu'elle a trois minutes d'avance ou qu'elle progresse de trois minutes en trois minutes? Faudra que j'en touche un mot à Frasby qui laisse irrémédiablement l'heure lui échapper. Du coup, ele a un décalage horaire de plusieurs jours! Le cadran solaire croisé chaque jour, à ce petit jeu, sait se distinguer. Par matinée brumeuse avec apparition solaire le midi, il avance volontairement de quatre heures.
Et si aujourd'hui je lui coupais le gnomon comme d'autres coupent la chique, sa volonté s'en trouverait-elle immobilisée?

 

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samedi, 19 septembre 2009

SINECURE

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Chose désolante: ne manger plus que du raisin parce qu'on fait une cure du dit fruit.
Chose qui égaie le coeur: avoir soudain l'idée de faire revenir quelques grains dans une poële et se dire tout en les mangeant avec des baguettes "ça change, ça fait du bien"...

 

jeudi, 20 août 2009

ÉVÉNEMENTS

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ÉVÉNEMENT n.m. du latin e-venio "sortir" "avoir un résultat" "se produire", construit sur le modèle d'avènement du latin ad-venio "se produire, arriver"

Pourquoi le français en épuisant le verbe latin "venio" a-t-il oublié de construire un substantif pour indiquer qu'il ne se passe rien, que rien ne vient, quelque invénement ou nonvénement? Quant au mot événement, il m'a toujours semblé engoncé dans son double accent aigü que j'avais longtemps ignoré -évènement- jusqu'à ce qu'un prof à l'université -engoncé lui dans son costume de défenseur de la langue française- m'ait fait remarqué mon crime. Lu dans mon Bob ce matin que depuis 1979 la double graphie a été admise par l'Académie...

Évènements donc cette semaine dans les salles obscures de l'Eure avec la programmation de onze avant-premières en présence des réalisateurs. Pour Un prophète de Jacques Audiard, j'ai abandonné mes îles et mes pois chiches à la canicule et j'ai plongé dans le milieu carcéral, cette autre petite chienne. Le film s'ouvre sur l'enfermement du jeune Malik el-djebena. Six ans de peine et jamais nous n'en saurons plus sur le délit commis. Tout est à venir: pour survivre, il devient à coup de meurtre et de serpillère l'esclave d'un parain d'un clan de détenus corses, César Luciani. Et l'on cherche en quoi celui que la caméra dès le premier plan avait désigné comme un prophète en est un. Pas de Dieu, juste un fantôme à la veine jugulaire tranchée qui expire par cet orifice improvisé sa fumée de cigarette. Pas de prophétie, juste une vision prémonitoire de cerfs. Pourtant, on assiste de permission en retour en taule à son avènement. Le film se ferme sur sa sortie modeste et triomphale de prison, sur un air de l'opéra de quat'sous de Kurt Weill, l'opéra des gueux.
Un film-évènement...

 

 

mardi, 18 août 2009

S'IL NE SE PASSE RIEN, ÉCRIS POUR LE DIRE

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"S'il ne se passe rien, écris pour le dire"... Beau conseil de Cicéron à son ami Atticus mais aussi véritable paradoxe pour un blog que je relève ici. La vie va, la préparation des cours suit son cours et dans le potager, ça potage allègrement, voilà c'est dit.
D'ailleurs de mon potager, j'ai ramené cette photo. Saurez-vous dire de quelle plante il s'agit?
Indice 1: son nom est emprunté au latin cicer qui lui-même vient du latin ciccum "membrane fine" d'où "chose de rien"
Indice 2: c'est à cause de cette même plante que Marcus Tullius a reçu le surnom de Cicéron. Le nez de l'orateur était agrémenté, dit-on, d'une excroissance. Il en est d'autres pour dire que c'est un de ses ancêtres qui portait cette excroissance sur son front. Qui croire?
Le gagnant recevra une invitation sur mes îles. Nous métamorphoserons ces gousses en purée et galettes!

dimanche, 16 août 2009

DIES IRAE

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COLÈRE n.f.du latin cholera "maladie bilieuse"
Est-ce parce que le mot choléra existait déjà que la colère en latin se disait ira au lieu de colera? Et le virus de la grippe A est-il colérique ou irascible?

Autrement, tout va bien, retour serein...

 

 

17:13 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ira |  Facebook |

dimanche, 02 août 2009

NO MADE

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Photo de Moucheron

Est-il parti un jour de chez lui avec cette volonté de suivre autres directions à chaque rond-point, le nomade ?

11:43 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nomade |  Facebook |

mardi, 28 juillet 2009

CORRESPONDANCES

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Je regagne à l'instant mes pénates. Pas eu le temps de vous l'écrire pour vous prévenir. L'absence fut trop courte. Urs Haarinen a accepté de faire un détour ce matin avec son bateau qui assure la liaison entre Petite et Grande Terre pour me déposer sur mes rives. Je reviens le coeur lourd et triste d'avoir fini si vite Le chagrin du roi mort. Quel roman! Il me faudra le ranger à côté de Combat d'hiver, mais pas tout de suite. Le garder à portée de main encore un instant. Pouvoir dire dans les jours à venir, comment tu ne l'as pas encore lu, quelle chance tu as. Le glisser dans la valise de mes morveux avant qu'ils ne partent tout un mois.
Pour l'instant, il faut que je vous raconte quelque chose. Je vous entends déjà. Vous souriez, vous en appelez à une manipulation ou tout du moins une chronologie des faits remaniée par mes soins et pourtant...
Petit analepse: il y a quelques jours je vous ramenais l'inscription qui s'étalait sur les falaises d'Etretat. Je m'amusais alors du presque-même-nom Léa et Alex.
Hier, dès les premières lignes du chagrin du roi mort a surgi Aleks. Mon esprit, les deux pieds sur terre, s'en est d'abord amusé. Alex et Aleks. File la lune, cela n'est rien. Quand à ce même Aleks est prédit un très grand, très long et très bel amour, on se surprend à imaginer que la belle pourrait s'appeler Léa, mais déjà on oublie. Des chapitres plus loin, la belle entre en scène, on attend que soit dit son prénom, on espère un peu qu'une simple coïncidence prennent les atours d'une mystérieuse correspondance...

"Il ne pouvait se résoudre à l'idée de s'en aller comme ça. Mais que faire? Sans doute ne parlait-elle pas la même langue que lui. Dans un instant elle baisserait les yeux et ce serait fini. Alors il fit ce qui lui semblait le plus simple et le plus juste: il se désigna du doigt et dit son prénom:
- Aleks.
Elle hésita une seconde, étonnée, puis elle se désigna de la même façon et dit son prénom:
- Lia.
Ce fut le premier mot qu'il entendait de sa bouche. Derrière on poussait.
- Tu avances, oui ou non?"

Ne poussez pas, j'avance, même si mon pas est soudain moins assuré...

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Le chagrin du roi mort, Mourlevat
Gallimard jeunesse

 

 

samedi, 25 juillet 2009

XÉRANTHÈME

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XÉRANTHÈME n.m. du grec xêros "sec" et anthemon "fleur", plante herbacée communément appelée immortelle annuelle

Combien de temps cette inscription au bas des falaises d'Étretat l'emportera-t-elle sur les marées à fort coefficient et les algues gluantes? Finira-t-il par se diluer, ce presque anagramme LEA et ALEx? Pourquoi ses auteurs ont-ils oublié de le conclure par "=AE" et d'entourer le tout d'un coeur indélébile?
Combler ce vide en composant une nouvelle égalité...

LEA et ALEX
=
AEXL

Imaginer ce que chacune des quatre lettres pourrait dissimuler.
Proposer une composante parmi d'autres: Ah éternel xéranthème limbique!

jeudi, 23 juillet 2009

PILLOTER

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photo de moucheron

"Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n'est plus thym ni marjolaine." Montaigne, Essais, I, 26

A sauts et à gambades, je quitte donc les traboules réputées pour leurs holothuries grattonées et me risque à vous parler de l'oulichi. Toujours chez Bob, ce mot se retrouve coincé entre l'ouléma -ar. oulamâ, un savant- et l'oullière -lat. ouliare, creuser, espace laissé entre les ceps.
L'oulichi est donc l'espace savant qui sépare le thym et la marjolaine du miel. L'emploi de ce terme n'est pas réservé à la seule apiculture, il est même fortement conseillé de l'employer en littérature. Bob donne deux exemples chiffrés, les 807 et la page 48.
Ouvroir, sésame-toi!
Au commencement des 807, était un aphorisme de Chevillard en ouverture de son auto-fictif:
"
J'ai compté 807 brins d'herbe, puis je me suis arrêté. La pelouse était vaste encore."
Convaincu que tout projet de comptage est vain, Franck Garot, deux fois par jour à 8h07, décline cette proposition. Le 807ème aphorisme sera-t-il l'ultime?
Au commencement de la page 48 était un "I remember" de Joe Brainard:
“Je me souviens d'avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j'emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m'en être vite lassé.”
Qu'à cela ne tienne
, Pierre Ménard s'est emparé de l'idée, de page 48 en page 48 une nouvelle oeuvre se crée à haute voix.

Et au commencement de l'oulichi, était bien sûr l'OuLiPo.

A signaler, à passer au fluo, à stabilobosser cette anthologie -tiens tiens encore une histoire de fleurs- qui vient de paraître, sous la direction de Marcel Bénabou et Paul Fournel.

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samedi, 18 juillet 2009

HOLOTHURIE

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Ce matin, avant d'aller courir sur les bords de Seine, je me suis échauffée avec une balade sur les blogs.
Première étape: chez Frasby, on y parle ce jour de bichons qui sont restés coincés dans le gosier à cause du regard insistant d'une statue désobligeante. La Lyonnaise estime peut-être que la Normande mange des bichons tous les matins au petit déjeuner. Vite, vite, un tour chez mon vieux Bob qui m'affirme que le bichon, abréviation de barbichon, est un chien d'appartement au nez court et au poil long. Effectivement très indigeste...
Deuxième étape: chez Chevillard, je suis allée goûter les aphorismes du jour. Je vous en ai même ramené un.
"Il possède tout l’équipement technologique de l’homme moderne, rien ne lui manque, mais pour le reste : une holothurie."
Cette fois-ci, j'étais bien décidée à ne pas importuner encore une fois Bob. J'ai sorti mes réflexes étymologiques pour venir à bout de ce mot gréco-grec et en arrivait donc à cette conclusion qu'il devait s'agir d'une capacité d'être tout -holo- recouvert d'encens -thurie.  "Thurie", ce mot-là, je ne l'ai jamais oublié depuis que mon grand-père m'avait confié que gamin, il était thuriféraire. Le mot avait sonné étrangement alors, appelant à lui Lucifer.
Troisième étape ludique: chercher ce que devenait l'holothurie chez les Portugais -allez savoir pourquoi je ne suis pas plutôt allée faire un tour dans les Balkans. Là-bas, cela correspond au bicho do mar.
L'heure de partir a sonné alors que j'en déduisais que ce que mangeait Frasby était de l'holothurie...

mercredi, 01 juillet 2009

DÉGOISER

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Shrine Quartet
lithographie de Grant Wood, 1939


Dans le silence du désert
Les grains de sable dégoisent à l'envi.


J'ai proposé cette phrase à môôssieur KA , à charge pour lui d'y associer l'image de son choix. Le résultat pourrait s'appeler une imotage...

08:39 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : korkos |  Facebook |

lundi, 29 juin 2009

CHIMÈRE

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La chimère étend
Aux branches de la charmille
Ses songes desséchés.

La suite du bestiaire sur le site des Impromptus littéraires ...

dimanche, 14 juin 2009

DÉSERT

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Désert: adjectif ou nom masculin, tous deux tirent leur racine du latin desertus "inculte, sauvage", participe passé adjectivé de deserere "se séparer de, abandonner, délaisser".
Le désert, donc, un lieu de non-culture? Allons voir de l'autre côté de la rive et jetons un de -prononcez dé- au passage. A deserere s'oppose serere "joindre, enchaîner, unir, attacher". De là viennent les sermons et les dissertations. Serait-ce pour leur enchaînement dans les idées?
En hébreu, qui à l'écrit est une langue uniquement consonnantique, existe un mot MDB. Prononcez-le "midbar" et il signifie "désert". Dites "médaber" et c'est "la parole" qui est là.

Pour moi, Désert c'est le roman de Le Clézio. Je garde de cette lecture un souvenir irréfragable qui a occulté celles qui ont précédé. Début des années lycée. Un espace urbain hautain, figé par le grand siècle. Des rues balayées par les sermons et les dissertations en guise de parole. Et la lecture* de Désert, les pieds dans la Cité de Lalla, la tête à hauteur des dunes et le ciel qui entre dans les yeux.
Ce Désert-là m'a ouvert un espace inculte.

* Lecture de Désert par Charles Berling lors du marathon des mots sur France Culture, le 13 juin 2009.
A été aussi retransmis lors de cette journée le discours de réception du prix Nobel de littérature Dans la forêt des paradoxes.

 

lundi, 08 juin 2009

D'UTILITÉ PUBLIQUE

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Mon paquet de tabac a fini de m'inquiéter...

20:06 Publié dans MOTS ITINÉRANTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lire |  Facebook |

mercredi, 20 mai 2009

BATTERIE

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A vos fourneaux –
Sous le rai du soir mitonnent
Maléfices et  sorts.

Pour des recettes plus ragoûtantes, rendez-vous sur le site des Impromptus littéraires

dimanche, 26 avril 2009

DÉCADE

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Les hasards de l'étymologie provoquent des rencontres inattendues. Ainsi, décade se retrouve à cohabiter avec décadence. Dix ans -d'aucuns, minimalistes sans nul doute, veulent n'y voir que dix jours- sont ainsi suivis de près par un débagoulis d' affaissement, déclin, dépérissement et chute dans mon vieux Bob.
A la veille d'entamer ma cinquième décade, j'aime les plis qui se sont inscrits à la pointe du regard, replis des jours passés. La vie a marqué ça et là, c'est autant de souvenirs empilés.
Pour clôre cette journée, il me plaît de relire ces mots de Béatrice Fontanel qui provoque des rencontres plus heureuses que celles de mon vieux Bob.


Comme j’aimerai toujours
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
« le frais cresson bleu »
Cresson grésille sur les papilles
comme l’eau dans la poêle brûlante.

Le plancton qui s’infiltre
entre les fanons de la baleine
lui donne-t-il la même sensation ?

in Tentacules et manivelles
(recueil orphelin d'éditeur à ce jour)

vendredi, 24 avril 2009

LE STAPEUR

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Quant au garde-nid* placé dans le stapeur** hier soir, est-ce sa seule présence qui a convaincu les volatiles, stériles jusqu'alors, à pondre trois oeufs ou le message*** sans appel laissé sur sa coquille par Ours Gris?

oeuf 2.jpg


Et l'hirondelle qui a décidé depuis deux jours de faire son nid dans l'entrée de la dépendance promet-elle le printemps?
Tout cela annonce bien qui vaille.

 

*: fac-similé d'oeuf mais aussi mode d'emploi injonctif du stapeur
**: néologisme du verbe "se taper". Selon Ours Gris, expert es nombreux domaines, les poules ont besoin d'un lieu étroit et couvert où se taper avant de faire don d'une masse ovoïdale.
***: les poules auraient-elles eu peur que leur appartenance à l'ordre des gallinacés soit ici remise en cause?

mercredi, 18 mars 2009

ABANDON


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Les herbes se taisent
Luxe, calme et volupté
La lune dans ma tasse

Pour le luxe, merci de vous adresser aux Impromptus littéraires...

lundi, 23 février 2009

AFFLEURER

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L’arbre à papillons
En ses racines encore -
Entremêle ses fleurs

Contrainte florale proposée par Les impromptus littéraires

mardi, 27 janvier 2009

DECALAGE

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Photo de Yannick Arnoud

Pensée emmêlées
Sur le fil d'un poteau -
Le monde attendra.

Et le décalage horaire
De l'instant suspendu-

Imbroglio de fils proposé par Les impromptus littéraires...

 

 

 

vendredi, 16 janvier 2009

PASSAGE

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Et dans les étoiles
Lassée des bas-fonds baltiques
File l'astérie

Voyage interstellaire proposé par les impromptus littéraires...

 

mercredi, 31 décembre 2008

CA SE PASSE! (2)

V?ux 2009-1.jpg

mercredi, 10 décembre 2008

IMPASSSIBLE

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Danse ta vie sans fin
Virevolte, pantin fragile
Dans l'hiver profond

Pour cette nouvelle contrainte des Impromptus littéraires, un visage rencontré sur les bords de Seine dans le rôle du maître de danse...

jeudi, 27 novembre 2008

ECTOPLASME

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in Le sac du mousse de maurice Pommier

Les injures du capitaine Haddock, on se les traîne pendant des années dans une bulle entourée de postillons sans chercher vraiment à les comprendre.
Ectoplasme tête de mort deux points d’exclamation un point d’interrogation bombe à retardement.
Mais un jour, elles reviennent à la surface et alors c’en est fait. Elles explosent et c’est tout un monde qui part en fumée avec son cortège venu des bas fonds.
Ainsi pour "Mille sabords?????!!!!" Ce fut longtemps une armada de pirates, le poignard entre les dents, le corsaire rayé rouge, style Contrebandiers de Moonfleet, prêts à tomber sur la Castafiore en criant « à l’abordage ».
Il aura fallu une fenêtre d’abécédaire pour que les sabords s’éteignent en hublot!

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in The Schooner de David Mac Gregor

Merci à Ours Gris pour ses recherches...

jeudi, 06 novembre 2008

OUBLI

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J’ai oublié d’où je viens
Et être là pourtant sur mon monticule,
J’ai oublié d’où je viens
Du Cagire, parfois, gardien décapité des Pyrénées
De Léry, le plus souvent possible, la nonchalante déridée par son écluse
De Kinshasa, la noire à la ligne de vie cisaillée
De Safed, l’orientale, brûlée par le soleil mourant sur les tombes bleues,
Je reviens de loin.

 

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